Taxe russe sur le blé Une aubaine pour l'UE, moins pour la France

Afp

La taxe instaurée sur les exportations de blé russe, qui devrait priver Moscou d'une partie de ses ventes sur le marché mondial, profitera sans doute à l'Union européenne, mais moins à la France, a estimé mercredi FranceAgriMer.

Commerce de céréalesDu fait de leur moindre qualité, les blés français ne devraient pas profiter des débouchés offerts par la taxe sur le blé russe selon FranceAgriMer. (©Terre-net Média)

Selon les experts de l'établissement public, de 2 à 3,5 millions de tonnes de blé russe ne trouveront pas de débouchés cette année sur le marché mondial. Ce sont autant de volumes que se partageront les autres producteurs, « Union européenne en tête, grâce à un effet de change » favorable, a relevé Olivia Le Lamer, chef de l'unité grandes cultures à la direction "Marchés et prospectives" de FranceAgriMer.

Mais au sein de l'UE, a-t-elle jugé, « c'est l'Allemagne qui semble la mieux placée pour en profiter car la qualité de ses blés est la plus proche de celle des blés russes et elle a les volumes disponibles ». La Pologne produit un blé de qualité conforme mais ne dispose pas des volumes suffisants, selon elle.

Quant aux blés français, ils ne correspondent pas aux critères en protéines requis pour servir les clients traditionnels de la Russie, notamment autour de la Méditerranée. A plus forte raison cette saison, car l'excès d'humidité durant l'été a provoqué de graves inquiétudes sur la qualité des blés français.

Forte baisse des exportations de blé français

Ainsi, sur l'Algérie, normalement le premier débouché hors-UE des blés français, « on n'est qu'à la moitié » du niveau de l'an dernier, a noté l'experte, avec 1,4 million de tonnes contre 2,7 Mt fin décembre 2013. L'Algérie a peu importé jusqu'à présent, relève toutefois Rémi Haquin, président de la filière céréales.

A ce stade, le bilan prévisionnel des exportations de blé tendre français s'établirait à 8,8 millions de tonnes hors UE contre 12,2 Mt estimées en janvier 2014.

Relativement bon marché, le blé français en revanche a trouvé des débouchés en Egypte : depuis décembre, la France est devenue le premier fournisseur du Gasc, l'organisme public d'achat de blé, avec 1,3 million de tonnes expédiées, soit 38 % des achats publics (650.000 tonnes de plus que l'an dernier). Une performance portée par la baisse de l'euro et le faible coût du fret. « Mais la Russie et l'Ukraine l'emportent encore auprès des opérateurs privés » égyptiens, selon Olivia Le Lamer.

D'une manière générale, elle signale « l'émergence d'une nouvelle concurrence en Europe du Nord sur les deux dernières campagnes (depuis 2012), venue d'Allemagne et des Pays Baltes », y compris sur l'Algérie, marché traditionnel du blé français, sur l'Iran et l'Arabie saoudite.

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