09 octobre
Le Gasc souffle le chaud et le froid
L'Égypte est passé aux achats par deux fois au cours de la semaine. Les prix traités ont porté les cours sur les marchés à terme, mais ces affaires ont également apporté des éléments de déception.
Cette semaine a été marquée par deux appels d’offres égyptiens. Le Gasc a en effet décidé d’acheter 60 kt de blé hexagonal mercredi dernier, une bonne nouvelle pour les exportateurs français. Cette affaire a redonné de la vigueur aux prix nationaux, et ce d’autant plus que l’affaire s’est traitée à un coût relativement élevé (199,10 $/t Fob). Le faible volume contractualisé (60 kt) a en revanche déçu les opérateurs, le Gasc a en effet décliné toutes les autres offres, jugées trop élevées.
Par conséquent, l’Égypte a dû repasser aux achats ce mardi, et a cette fois contractualisé près de 300 kt, à un prix moyen encore une fois en hausse (205 $/t Fob). Mais ce tender a cette fois déçu par son absence de bateau français, les volumes se partageant entre la Russie et l’Ukraine. Entre un coût du fret trop élevé et une remontée plus rapide des tarifs à l’export qu’en mer Noire, la France a perdu son avantage compétitif sur la semaine.
L’offre mer Noire reste d’ailleurs imposante, avec des exports ukrainiens qui ont atteint les 832 kt la semaine passée. Le total depuis le début de la campagne est désormais chiffré à 9 Mt, contre à peine 5,5 Mt un an plus tôt. Les exports russes hebdomadaires se sont quant à eux redressés à 900 kt. Dans le même temps, les exports français peinent à maintenir un rythme suffisant pour alléger le stock national. L’ouverture d’un quota d’import marocain de près de 600 kt aux blés européens devrait tout de même permettre d’accélérer les chargements français ces prochaines semaines.
Le marché du blé s’appuie par ailleurs sur des craintes climatiques grandissantes en Amérique du Nord. L’arrivée de précipitations neigeuses au Canada et au nord des États-Unis a en effet stoppé les travaux de récoltes de printemps et risque de dégrader de nombreux lots en qualité fourragère. L’Argentine est à l’inverse toujours soumise à un déficit hydrique notable. Les prix argentins à l’export subissent d’ailleurs une inflation marquée depuis quelques jours.