Robotique, cobotique, connectivité... Les usines agroalimentaires se digitalisent pour produire différemment

Terre-net Média

La demande des consommateurs est de plus en plus exigeante en termes de sécurité, qualité, traçabilité et d'impact sur la santé. L'offre se segmente et demande aux usines de s'adapter pour gagner en modularité et en agilité. Les nouvelles technologies, la connectivité, l'intelligence artificielle, la réalité virtuelle... autant de moyens modernes qui entrent dans les usines agroalimentaires pour les aider à s'adapter, à gagner en productivité et à améliorer la traçabilité des produits.

Industrie agroalimentaire 4.0 Les industriels de l'agroalimentaire robotisent leurs usines pour une meilleure traçabilité et pour faire face au manque de main d'œuvre. (©Pixabay (Gerd Altmann))  

Alors que les habitudes alimentaires changent et que les consommateurs sont de plus en plus exigeants en matière de sécurité, de qualité, de traçabilité, de naturalité, d'impact des aliments sur la santé… l'offre alimentaire est de plus en plus segmentée. Les usines doivent s'adapter et les outils faire preuve de plus de modularité et d’agilité.

L'enjeu des questions sociétales et environnementales est important ; il revêt un intérêt économique : amélioration des conditions de travail, gestion de la consommation d’énergie, des consommables pour le conditionnement, chasse au gaspillage alimentaire… 

Pour faire face à ces règles tout en restant performants, les industriels doivent moderniser et flexibiliser leur chaîne de production en y intégrant des solutions numériques. La technologie entre dans les usines et offre une partie des réponses.

Bretagne : première région française en termes d'emplois dans l'IAA

La région Bretagne compte 1 455 entreprises agroalimentaires dont 400 comptent plus de 20 salariés. Le chiffre d'affaires global représente 19,3 milliards d’euros et les sociétés emploient 58 286 salariés, soit 41 % de l'emploi industriel du territoire. Ce qui place la région en tête des employeurs avec 15 % des salariés de l'industrie agroalimentaire (IAA) française.

Dans ce domaine aussi, le manque de main d'œuvre se fait ressentir. Dans les résultats de l'étude commandée par le BDI (Bretagne Développement Innovation), 40 % des entreprises considèrent la gestion des compétences comme un frein à leur développement. Autre frein pointé par les industriels, le manque de flexibilité et d’optimisation de leurs outils de production.

Depuis cinq ans, 2/3 des entreprises ont investi pour moderniser les outils, étendre les bâtiments et renouveler le parc matériel. 40 % d'entres elles ont choisi d'élargir les moyens question robotique, cobotique et automatisation des procédés. Côté digitalisation, la connectivité des outils a été identifiée comme une solution pour mieux exploiter et valoriser les données de production, tracer les produits et inter connecter la ressource homme-machine.

Un marché porteur pour les équipementiers

Toujours en Bretagne, 218 équipementiers travaillent pour l'industrie alimentaire, soit 5 664 salariés et un chiffre d'affaires de 1,13 milliard d’euros. Ils interviennent notamment au niveau de la transformation, du traitement thermique, du contrôle et de la maîtrise de la production, du conditionnement, de la gestion de l’énergie et des fluides, de la manutention, de la logistique, du nettoyage, de la valorisation des déchets…

Trois quarts d'entre eux réalisent au moins la moitié de leur chiffre d’affaires dans la filière. Dans l’enquête réalisée à l’automne 2019, ils déclarent que l'alimentaire est un marché porteur. 47 % ont investi pour moderniser l'outil de production, soit en achetant ou en renouvelant les machines, soit en faisant évoluer leur système informatique.

Intelligence artificielle, réalité virtuelle, cybersécurité... des axes d'innovation dans lesquels s'engager

En outre, les axes d’innovation dans lesquels les usines doivent s’engager ont été identifiés pour les deux années à venir : robotique, cobotique, automatisation, connectivité, intelligence artificielle, réalité augmentée, cybersécurité, …

Autre aspect : le point sur les dispositifs d’accompagnement et les aides financières pour les entreprises. À noter que depuis 2015, le Conseil régional de Bretagne a soutenu 96 usines dans leur transformation et 40 projets d’innovation ont été engagés. Le BDI a également mis en place un outil dynamique qui recense et cartographie les compétences du territoire. Une sorte d'annuaire en ligne actualisé en permanence dont la vocation est de mettre les acteurs en relation.


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