; Retour sur le bilan du Sima 2022, l'édition des 100 ans

Sima 2022 Retrouvailles, innovations, interrogations… : l’heure du bilan pour le Sima 2022

Terre-net Média

Quatre ans après la dernière édition et une édition 2021 manquée à cause de l’épidémie de Covid, les constructeurs, acteurs du secteur des agroéquipements et visiteurs se sont retrouvés pendant 5 jours au parc expo de Villepinte. Une édition du « renouveau » pour des retrouvailles bienvenues entre exposants et visiteurs, dans des contextes économiques et calendaires inédits.

Quel (premier) bilan dresser du Sima 2022 ? Il convient d’en retenir d’abord des aspects très positifs. Quatre ans après la dernière édition et une édition 2021 annulée pour cause de pandémie de Covid, et surtout 100 ans après la première qui s’était tenue au Grand Palais, en plein cœur de Paris, il s’agissait d’un « renouveau » pour cette édition 2022.

Des retrouvailles bienvenues

Le Sima n’est plus un «  salon du machinisme agricole » classique donnant parfois l’impression, éditions après éditions, de proposer « toujours plus grand et toujours plus gros ». Il se revendique désormais comme le « salon international des solutions et technologies pour une agriculture performante et durable ». Plus qu’une simple dénomination, ça se voit physiquement. En témoignent des espaces thématiques plus affirmés comme le « Sima Tech » regroupant les solutions de start-up et des solutions robotisées en partenariat avec le Fira (salon international de la robotique agricole) ou l’espace Tech&Bio mettant en avant les problématiques liées à la production biologique. 

Après avoir assisté dimanche 6 novembre à la remise des Sima innovation Awards, qui s’est déroulée dans la foulée de la cérémonie de remise des Farm Machine 2023, le ministre de l’agriculture Marc Fesneau a souligné l’importance du machinisme pour opérer la transition et l’adaptation au changement climatique, lors de sa visite officielle lundi 7 novembre.

La cérémonie de remise des Farm Machine 2022, sur l'agora des médias agricoles La cérémonie de remise des Farm Machine 2023, sur l'agora des médias agricoles. (©Terre-net Média) 

Marc Fesneau y a annoncé un fonds de 400 M€ dans le cadre de France 2030, pour accompagner l’investissement dans ces innovations. 

Autre illustration de ce « renouveau » : un programme riche de conférences abordant d’innombrables problématiques liées à la transition. Réduction des intrants, économies de charges de mécanisation, adaptation des itinéraires techniques, optimisation du temps de travail… : il y en avait pour tous les goûts et tous les besoins.

Toujours des innovations dévoilées

Sans oublier, évidemment, des nouveautés en matériels au rendez-vous. Case IH a ainsi présenté un Magnum autonome pourvu de la technologie Raven. Une innovation permettant, par exemple, de contrôler et piloter le tracteur, depuis la tablette dans la cabine de la moissonneuse-batteuse. Pratique quand on est limité en main-d’œuvre pour gérer la vidange de la trémie.

La veille de l’ouverture du salon, New Holland avait présenté un nouveau modèle de tracteur T7, conçu avec un empattement long afin d’optimiser le rapport puissance/poids et gagner en puissance tout court.

En fertilisation, Horsch ne pouvait pas encore le présenter à Paris, mais l’annonce est faite : un épandeur d'engrais pneumatique grande capacité entrera bien au catalogue du constructeur allemand d’ici 2024. C’est aussi en 2024 que le nouveau système de pulvérisation See & Spray de John Deere sera commercialisé. À l’aide d’une caméra par mètre de rampe et de la technologie See & Spray Select, le pulvérisateur John Deere permet de détecter et analyser les adventices en temps réel, pour une application d’herbicide la plus ciblée possible.

Côté pneumatique, BKT a dévoilé sa première chenille agricole en caoutchouc. 

Des interrogations pour l’avenir

Difficile cependant d’occulter les interrogations que se posaient les exposants, visiteurs et observateurs habitués à un salon deux fois plus grand les années précédentes. Les organisateurs ont justifié le nouveau positionnement calendaire du Sima par une « volonté de mieux répondre aux attentes des visiteurs et surtout de s’inscrire plus logiquement dans le cycle de décision des affaires ». Mais cette édition 2022 s’est retrouvée en confrontation directe avec l’Eima, autre salon d’envergure international qui s’est ouvert à Bologne, en Italie, mercredi 9 novembre.

Résultat : de nombreux constructeurs ont réduit sensiblement leur surface d’exposition et le nombre de machines présentées, quand d’autres comme JCB, Manitou, Same Deutz-Fahr ou les marques du groupe italien Argo – McCormick, Landini, ont préféré faire l’impasse sur le salon français. Les quatre halls 2022 (contre 8 en 2019) étaient aussi ponctués, par endroits, d'espaces de restauration surdimensionnés. Pour les habitués du Sima, la moins grande envergure était flagrante, si ce n'est décevante.

La grande majorité des exposants présents n'ont pas non plus caché leur recommandation : revoir la politique tarifaire pour rester en adéquation avec le positionnement du salon.

Enfin, le positionnement calendaire du salon, début novembre, n’a pas non plus convaincu tous les agriculteurs intéressés. Ils étaient nombreux à ne pas pouvoir venir parce que leurs semis, entre autres chantiers, n'étaient pas terminés.

Avec des exposants d’envergure absents, près de 153 000 visiteurs au rendez-vous, un chiffre sans doute en deçà des attentes, les organisateurs auront sans nul doute à parfaire ce retour du Sima post-Covid pour améliorer la satisfaction de tous les acteurs. Rendez-vous du 24 au 28 novembre 2024 !


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