Horsch 3 voies de réflexion pour l'agriculture de demain

Terre-net Média

Le constructeur allemand présente sa vision de l'agriculture de demain, et notamment les contraintes avec lesquelles elle devra composer. Il présente trois voies de réflexion, pour élaborer les nouvelles façon de produire : le placement précis de la fertilisation, le semis de précision et le "Controlled traffic farming".

Le semoir Horsch Sprinter 6 ST est compatible avec le Placement Précis de la Fertilisation
L'objectif du placement précis de la fertilisation est de sécuriser le rendement en positionnant l'engrais
de façon à ce que seule la culture en bénéficie. (© Horsch)

La réduction des charges de mécanisation, par la diminution du nombre de passages d'outils et en combinant plusieurs opérations, est une des problématiques sur lesquelles travaille la société Horsch depuis sa création en 1984. Dans son raisonnement pour préparer l'agriculture de demain, le constructeur prend aujourd'hui en compte les grands facteurs d'influence sur la filière comme l'urbanisation des terres agricoles, qui implique une hausse des prix du foncier et des fermages, ou l'instabilité des marchés des céréales. Et malgré l'augmentation des cours des engrais, l'azote (lié au cours du pétrole) comme le phosphore (en voie d'épuisement), l'agriculture doit répondre à une demande croissante.

50 % des coûts de production de demain

Horsch en phase de forte croissance !

Après un chiffre d'affaires réalisé de 165 M€ en 2011 (+ 65 % par rapport à 2010), Horsch prévoit un CA de 205 M€ en 2012 (+ 24 %), dont 38 M€ pour le marché français.
A noter, après son nouveau centre logistique présenté en 2011, le constructeur annonce un investissement de 20 M€ pour un nouveau centre d'essais et de recherches.

La marque bavaroise prévoit ainsi dans les prochaines années une hausse d'environ 200 euros du coût de la fertilisation, passant de 200-300 €/ha à 400-600 €/ha, et une progression du coût du fermage pouvant dépasser les 500 euros, passant de 80-230 €/ha à 500-1.000 €/ha !

L'ensemble foncier et fumure, qui représente aujourd'hui 25 % des coûts de production, pourrait correspondre demain à 50 % des coûts de production.

Et avec l'instabilité des cours des céréales, ce sont les marges des exploitants qui risquent de reculer. Dans ce contexte, le constructeur propose trois voies de réflexion pour pérenniser l'activité agricole.

Economiser 20 à 30 % de sa consommation d'engrais

La première est le raisonnement de la fertilisation avec le placement précis de la fertilisation (Ppf). L'objectif est de déposer l'engrais au bon endroit, pour que seule la culture en bénéficie, et de sécuriser ainsi le rendement. Le Ppf permet ainsi, entre autres, de limiter la rétrogradation des éléments fertilisants et de les rendre plus disponibles en cas de sécheresse, de favoriser le développement racinaire et de les attirer vers les horizons profonds. Cette meilleure valorisation des engrais permet d'en réduire la consommation. Des économies estimées de 20 à 30 % selon Horsch.

Signalons que les Sprinter, Maestro et Pronto de l'allemand sont déjà compatibles Ppf. En 2011, 20 % des semoirs de la marque étaient vendus avec un système Ppf, mais en 2012 cette proportion a doublé avec près de 40 % des machines. Le marché français est un peu plus en retrait avec 10 % en 2011 et 20 % en 2012.

La seconde voie de réflexion est le semis de précision. Preuve en est du développement de la gamme Horsch et du lancement en 2011 des premiers semoirs monograines rapides (15 km/h).

Diviser par 5 la surface compactée

La troisième concerne la compaction des sols qui est également à voir comme un frein à la rentabilité des exploitations. Dans cette optique, Horsch met actuellement à l'épreuve sur une exploitation de 3.300 ha en République Tchèque le concept du Controlled Traffic Farming (Ctf) ou "agriculture à circulation contrôlée". Il consiste à faire travailler tous les outils dans un même passage de roue fixe, évitant ainsi toute compaction dans le reste de la parcelle. Près de 50 % de la surface est aujourd'hui impactée selon la société allemande. Mais le Ctf, avec une voie de 3 mètres et une largeur de travail de 12 mètres, permet de diviser par cinq la surface compactée et par trois celle non semée du fait du jalonnage.

Attention cependant, le choix de passer en Ctf ne se prend pas à la légère, car il implique une adaptation de tout le parc matériel de la ferme. En effet, il nécessite une voie fixe, des largeurs de travail et un inter-rang uniformes, de combiner le travail du sol et la fertilisation et un autoguidage Rtk.

Rencontre avec Robert Dorsemagen, directeur commercial de Horsch France

(cliquez sur la vidéo pour lancer la lecture)

Au micro de la Terre-net Web TV, Robert Dorsemagen présente le concept du Controlled Traffic Farming sur lequel travaille la marque bavaroise. L'objectif est clair, « avoir le moins d'impact possible sur le sol, et passer de 50 % de surface aujourd'hui impactée à 13 %, avec 97 % de surface semée ».

 

Egalement dans l'actualité de Horsch :

[Vu à Innov-Agri] Travail du sol - Horsch dévoile son déchaumeur Terrano 4 MT


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous