Strip-till Combiner le semoir et le strip-tiller de Duro pour semer du maïs sur prairie

David Labbé Terre-net Média

Mouvement qui s’inscrit dans l’agriculture de conservation, le strip-till fait de plus en plus d’adeptes. Trois jeunes agriculteurs normands ont décidé de prendre cette voie. Leur but : produire autant mais avec moins d’intervention grâce à la recapitalisation des parcelles en humus. Rencontre.

Le Strip-Tiller Duro combiné au semoir à maïs.Le strip-tiller Duro combiné avec le semoir permet aux agriculteurs de semer leur maïs directement sur une prairie. (©David Labbé)

Précurseurs dans la Manche, Olivier Leroux et Vincent Picot, éleveurs laitiers, ont adopté depuis six ans le strip-till sur couvert végétal pour implanter leurs 60 ha de maïs ensilage chaque année. Pour eux, la technique est à mi-chemin entre le TCS et le semis direct. Elle doit permettre de recapitaliser la vie du sol en termes de matière organique grâce à une meilleure humification. Leur objectif : produire autant qu’en agriculture conventionnelle en limitant les intrants.

Pour l’instant, les résultats sont variables : les jeunes entrepreneurs sont confrontés tantôt à des réussites, tantôt à des échecs. Cependant, ils restent convaincus qu'ils sont sur la bonne voie ! « Financièrement, la casse est contenue grâce aux charges limitées ; néanmoins nous avons toujours récolté suffisamment de maïs ensilage pour alimenter les cheptels respectifs. C'est un investissement à long terme que d'enrichir le sol ! », commentent les exploitants.

Éviter la fuite du carbone

C’est donc avant tout par conviction que ces deux manchois se sont lancés dans le strip-till. C’est un moyen de travailler pour les générations futures en favorisant la vie du sol tout en répondant aux enjeux climatiques, sociétaux et économiques. La présence d'une couverture végétale permanente favorise la captation et le stockage du carbone.

En outre, travailler seulement le rang de semis évite de libérer les éléments chimiques et concentre leur utilité fertilisante dans le sol. L’inter-rang, non-déstructuré, garde l’humidité nécessaire à la bonne germination des semences. D’autant plus que le couvert joue le rôle d'un paillage. La terre n'étant pas travaillée en profondeur reste structurée et limite la fuite des agrégats au moment du ressuyage. Le test comparatif réalisé par les agriculteurs en témoigne.

Olivier Leroux et Vincent PicotVincent Picot et Olivier Leroux, deux des trois agriculteurs, se sont lancés dans le strip-till. (©David Labbé)

Pour les éleveurs, l'objectif de rendement, fixé à 14 t de matière sèche à l'hectare en ensilage de maïs, reste à pérenniser. Quant à la production d’herbe derrière culture, elle est de bien meilleure qualité qu’auparavant. « C'est encourageant ! », rétorquent les éleveurs. Ils corrigent et améliorent leurs pratiques d'année en année à la recherche d'une meilleure combinaison, en adéquation avec le climat et le sol de leurs exploitations.

Ne pas déstructurer le sol

Le mélange qui compose le couvert végétal est un point clef. À l'heure actuelle, il est composé de féverole à raison de 100 kg/ha. La légumineuse est rustique ; elle favorise la vie du sol en apportant notamment de l’azote. La dose de seigle varie de 80 à 100 kg/ha. La céréale est plus précoce que le blé et structure la terre via son système racinaire. Sans oublier le radis fourrager à la dose de 1,5 kg/ha. Le rôle de la crucifère est de créer un effet chasse d’eau et d'apporter de la biomasse.

Test de la motte de terre réalisé par les agriculteursLe test de la motte a été réalisé sur trois parcelles voisines. Il confirme que l'agriculture de conservation des sols est bénéfique pour le sol. En 1- Motte issue d’un champs labouré : le précipité marron clair indique une fuite des agrégats naturels du sol ; 2- La motte provient d’un champ cultivé depuis huit ans en TCS, dont six en strip-till : le précipité clair informe que la structure du sol se tient ; 3- La motte a pour origine une prairie : avec un sol non travaillé la structure se tient naturellement. (©David Labbé)

Avant d’implanter la culture, le couvert est mulché en surface. Pas brassé. Ainsi, il fait office de paillage naturel et limite la levée des adventices. La parcelle étant moins sale, l'agriculteur utilise moins de produits phytosanitaires. Question outil, le choix s'est porté vers le strip-tiller à quatre rangs de chez Duro. Il faut débourser environ 16 000 € pour un modèle neuf.

« L'outil est justifié par rapport à l'assolement. Il permet de préparer le terrain, semer le maïs et localiser l’engrais en un seul passage directement sur une prairie ». En le combinant avec le semoir, l’outil travaille uniquement la ligne de semis sur 15 cm de profondeur et sans déstructurer la surface. « La terre est soulevée et décollée mais pas remuée ». Excepté pour l'épandage d'effluents au printemps, plus besoin de forte puissance de traction sur la ferme !

Faire des économies substantielles

Du coup, le tracteur consomme seulement 15 l/ha de carburant. La quantité d'herbicide pulvérisé en post-semis a été diminuée par deux. Résultat : le coût de l’implantation est de 110 €/ha main d’œuvre et amortissement du matériel compris. Les producteurs se sont faits plaisir en équipant le tracteur d'un GPS. Du luxe pour le côté pratique et la précision du semis. Sans oublier la diminution du tassement de sol grâce au travail en lacet !

En travaillant peu profond, Olivier Leroux a réussi également à augmenter de 33 % sa surface de rotation. Il a transformé ses prairies en zone de culture. C'est d’ailleurs dans les mauvaises terres que les résultats évoluent le plus rapidement. Le défi désormais est de trouver la bonne combinaison pour se passer des néonicotinoïdes contenus dans le Sonido. Le jeune fermier a conduit un essai lors de la précédente récolte, en vain. Cependant, l'expérience va leur servir de base pour les prochaines campagnes pour peaufiner la technique. À suivre…


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