Triage à façon « La part de la semence de ferme va croissant depuis plusieurs années »

Terre-net Média

Le Syndicat des trieurs à façon français (Staff) dresse un bilan positif de l'année 2020 « tant en termes de volume d'activité que de qualité ». 2020 marque également l'entrée du syndicat au Gnis, l'interprofession des semences et plants.

Triage à façonPour le président du Staff, le triage à façon apparaît aujourd'hui comme « un acteur indispensable à la transformation de l'agriculture française ». (©Staff)

« L'activité des trieurs à façon a été soutenue par l'arrivée de nombreux nouveaux clients, qui dans les secteurs affectés par les pluies 2019 sont venus compenser la réduction des besoins des agriculteurs qui disposaient de stocks de report. Le mouvement vers la semence de ferme est général et dans toute la France, les trieurs ont eu à satisfaire de nouvelles demandes », indique le Staff dans son bilan annuel 2020.

Retrouvez, à ce sujet, un sondage réalisé sur Terre-net concernant les semis de céréales d'hiver 2020 >

« Un recours en période difficile », mais pas seulement ! 

Cela « s'explique tout d'abord par des raisons conjoncturelles : faiblesse relative des cours des blés avant moisson et manque de visibilité économique dû à la crise sanitaire ». « La semence de ferme a toujours constitué un recours pour les agriculteurs en période difficile », observe Sylvain Ducroquet, président du Staff. « Mais au-delà des circonstances de l'année, le mouvement traduit aussi une évolution de fond. La part de la semence de ferme va croissant depuis plusieurs années. Mais en l'absence de données précises fournies par la filière, les observateurs en sont réduits à des estimations. »

 La semence de ferme a gagné plus de 10 points de parts de marché durant la dernière décennie.

« Les firmes de produits de protection des semences estiment que plus de 60 % des produits de protection des semences sont aujourd'hui commercialisés en dehors des circuits des stations de la semence certifiée », ajoute Sylvain Ducroquet. Selon lui, « la semence de ferme a gagné plus de 10 points de parts de marché durant la dernière décennie. [...] Les temps changent. La profession, qui avait failli disparaître en 1989 sous le coup de mesure d'interdiction gouvernementale, apparaît aujourd'hui comme un acteur indispensable à la transformation de l'agriculture française », remarque-t-il.  

Quelques chiffres sur le Staff : il regroupe, en 2020, 40 entreprises exerçant une activité de tri-préparation de traitement de semence. Représentant plus de 100 stations mobiles de tri-préparation de semence et environ 120 salariés.

« Entrer au Gnis sans se diluer »

Le Gnis, interprofession des semences et plants, leur ouvre d'ailleurs ses portes. Si le Staff est favorable à cette intégration, il met toutefois en garde : « nous ne voulons pas être dilués. Les trieurs professionnels ont des spécificités qui doivent être prises en considération, notamment leur volonté constante de tirer la semence indépendante vers le haut. Nous ne sommes pas les défenseurs d'une semence low cost mais les promoteurs d'une semence de qualité et de proximité. Nous savons répondre au plus près aux besoins des agriculteurs et répondre aux situations les plus inattendues. Nous apportons de la résilience et de l'adaptabilité aux agriculteurs français. » « Avec des systèmes de traitement à la carte », les trieurs permettent à la fois « de faire des économies et aussi de réduire les quantités de produits chimiques employés pour répondre aux différents enjeux en cours ». 

Les attentes des agriculteurs évoluent

« Sous l'effet des évolutions démographiques, le profil des clients change, observe Sylvain Ducroquet. Leurs attentes également. Le temps est révolu où ils nous demandaient uniquement un prix. Aujourd'hui, nos clients attendent des services de la part des professionnels de la semence de ferme indépendante : qualité de tri, rigueur d'application, traçabilité, information, précision, adaptabilité. »

Philippe Pioger, trieur de semence professionnelle à Chérancé (Sarthe) depuis 33 ans, témoigne : « en raison de la faiblesse des cours, les céréaliers de la Beauce notamment ont été plus nombreux à m'appeler, ils cherchaient à économiser entre 40 à 50 € par hectare sur le poste semence. Ce fut pour beaucoup l'occasion de découvrir le haut niveau de performance de la prestation du trieur professionnel. Ils ont fortement apprécié de pouvoir réaliser des traitements différenciés entre les lots pour répondre aux différents besoins de protection des parcelles », indique le trieur professionnel. « Nous apportons de la réactivité aux agriculteurs qui veulent adapter leur stratégie céréalière aux circonstances. »


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