Nouvelles technologies Alvie lève un million d'euros pour « une protection des plantes plus verte »

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Travaillant sur la protection des cultures, la start-up Alvie a annoncé, début novembre, la clôture de sa première levée de fonds pour un montant d'un million d'euros. Parmi les objectifs fixés, « renforcer la R&D de sa technologie et accélérer le déploiement en France et en Europe de Hygo, le premier produit de la start-up ».

Essais en micro-parcellesL'équipe Alvie s'est notamment appuyée sur différents essais en micro-parcelles et sur des parcelles agriculteurs.(©Terre-net Média)

La start-up est née il y a deux ans de « l'idée d'un agriculteur qui cherchait à ajuster au mieux ses traitements phytosanitaires avec une station météo fixée sur son pulvérisateur », nous explique Edita Bezerg, co-fondatrice d’Alvie avec Nadir Ghrous et Morgan Roux. 

Hygo : « un assistant de pulvérisation »

En lien avec des agriculteurs testeurs, les équipes d'Alvie ont alors mis au point le modèle Hygo, qu'ils décrivent comme « un assistant de pulvérisation pour les produits de protection des plantes », un OAA : un outil d'aide à l'application » utilisable sur smartphone. Ce capteur météo à installer directement sur le pulvérisateur grâce à des aimants permet de « moduler les doses apportées pour chaque parcelle et chaque traitement ».

On essaye de prévoir le « moment magique » pour avoir une « efficacité maximale » et « minimiser les pertes physiques », précise Edita Bezerg. En moyenne, Hygo permet de « réduire les doses utilisées de 12-15 % et cela peut aller jusque 30 % aujourd'hui ». Pour cela, le modèle s'appuie sur « un capteur météo embarqué, qui utilise des données ultra-locales : température, hygrométrie (et prochainement, mesure du vent) et des données externes selon la géolocalisation (15 sources météo différentes compilées). Cela prend en compte également la substance active et le matériel de pulvérisateur utilisés (hauteur de rampe, type de buses...), ainsi que le type de sol », que l'agriculteur renseigne via son smartphone.

De nombreux essais ont été mis en place sur des micro-parcelles et des parcelles agriculteurs. Parmi les agriculteurs testeurs, Jérôme Gallois apprécie l'esprit de « co-construction » : il y a eu beaucoup d'échanges entre les utilisateurs et les équipes d'Alvie. « Tous nos retours ont été rapidement pris en compte », témoigne l'agriculteur. Aujourd'hui, « le modèle Hygo fonctionne pour tous les produits phytosanitaires et les équipes travaillent aussi sur le sujet du biocontrôle, notamment avec Certis. L'idée serait d'utiliser Hygo, là, comme un levier d'efficacité ».

Et un appui pour la traçabilité

Autre fonction mise d'Hygo mise en avant : la traçabilité, il permet « d'enregistrer et de consulter les conditions météorologiques directement sur smartphone. Il accompagne l'agriculteur et pré-remplit aussi les interventions parcellaires, ces données sont ensuite exportables dans le logiciel de gestion parcellaire ». « La plateforme a un lien avec les données Telepac, elle est en train de connecter notamment Smag et travaille aussi avec les logiciels d'Isagri et Mes parcelles. » Pour Edita Bezerg, cela peut constituer un véritable atout pour les exploitations engagées dans une démarche "haute valeur environnementale" (HVE) ou d'autres cahiers des charges spécifiques.

Pour assurer son développement, Alvie a réalisé une levée de fonds d'un million d'euros, principalement par des investisseurs à impact et de business angels du milieu de la tech et agricole. Une moitié environ devrait servir pour la R&D : « pour aller plus sur les connaissances agronomiques et ajouter plus de précision ». Aujourd'hui, Hygo est utilisé par 400 agriculteurs en France, via différents partenariats avec des coopératives. La start-up vise « 2 000 à 3 000 clients en 2022 dans l'Hexagone et elle convoite également les marchés des Pays-Bas, de l'Allemagne et de l'Espagne ». L'autre moitié de la levée de fonds sera donc dédiée au développement commercial.

Fondateurs d'AlvieLes fondateurs d'Alvie : Nadir Ghrous, chief producter officer, Edita Bezeg, chief executive officer et Morgan Roux , chief technical officer. (©Alvie)


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