Moisson Colzas et blés germés, trois agriculteurs témoignent

Terre-net Média

Arnaud, Thierry et Hubert n'ont jamais vu ça de toute leur carrière d'agriculteur ! La moisson 2014 restera dans les mémoires. Au 17 juillet, après les vagues successives de pluies et de coups de chaleur, les colzas et les blés de certaines parcelles germent sur pied.

Blés, colzas germés, « du jamais vu en France ! ». Voilà l'un des échos qui résonne dans la campagne française cette semaine. Les faits sont bien réels, mais encore difficilement mesurables à l'échelle du pays. Trois agriculteurs Arnaud, Hubert et Thierry, concernés par le phénomène, témoignent.

Arnaud Rondeau, céréalier dans l’Yonne : « 5 à 10 % des colzas »

La rédaction de Terre-net a pris contact avec Arnaud Rondeau sur Twitter.La rédaction de Terre-net a pris contact avec Arnaud Rondeau sur Twitter. (©Twitter)

« Nous avons fini les colzas mardi soir. Depuis 15 ans que je suis agriculteur, je n’avais encore jamais vu ça ! Du colza germé ! » s’étonne Arnaud Rondeau dans l’Yonne. « Sur les 30 ha que nous avons battus mardi, c’était bien germé. Même si c'est difficile à estimer, je pense qu'entre 5 et 10 % des grains sont concernés. C’est impressionnant à voir dans la benne. Toutes les variétés sont touchées et tous les types de sol aussi. Après les 90 mm d’eau que nous avons pris entre le 4 et 13 juillet, il n’y a rien d’étonnant. Les colzas étaient mûrs, il a fait chaud le jour et humide la nuit. Côté rendements, cela reste supérieur à ma moyenne. En fonction des terres et des précédents, ils se situent entre 37 et 38 q/ha, quand d’habitude nous tournons entre 32 et 35. »

« En blé, ajoute Arnaud Rondeau, j’ai pu apercevoir quelques grains germés par ci par là. Je viens de terminer la première parcelle : variété Hysun, humidité : 13,30 %, PS 79.3, protéines 10 et 2 % de graines germées. Je pense que le problème de germination se présente sur les parcelles dont les semis ont été réalisés avant le 15 octobre. Car dans notre secteur, ces blés sont mûrs depuis une dizaine de jours. Mais je n'ai pas pu les récolter avant la pluie. Je commence seulement. »

Hubert Daveau, céréalier dans le Loiret : « 20 % des blés sont germés »

Hubert Daveau agriulteur dans le LoiretHubert Daveau, agriculteur dans le Loiret a semé ses blés au 10 octobre 2013. (©Terre-net Média)Colza germéDu colza germé
(©Van Boxsom)

« A l’œil nu, dans certaines parcelles, je dirai que 20 % des blés sont germés. C’est difficile à dire mais c’est l’impression que cela donne » explique Hubert Daveau. « Il y a des grains qui ont des germes mesurant moins d’un centimètre. Certains blés étaient limite mûrs et la pluie est passée. Alors avec l’humidité, voilà le résultat. Certaines variétés semblent être plus touchées. »

« En colza, c’est la même chose. C’est aussi la première fois que je vois ça ! Mais à l’œil nu, il est vraiment difficile de chiffrer le pourcentage de graines touchées. Dommage car les rendements sont vraiment bons cette année à 45 q/ha, contre 38 q/ha en moyenne quinquennale ».

Thierry Rondeau, céréalier à Griselles (45) : « 5 à 6 grains par épi de blé »

Terre de types sable à silex, séchant pour Thierry RondeauTerres de type sable à silex, séchantes pour Thierry Rondeau. (©Terre-net Média)

Céréalier dans le Loiret, Thierry Rondeau a hâte de commencer à battre les blés ce week-end. Après son tour de plaines de mardi, il craint qu'entre 5 et 10 % des grains soient germés. « Mercredi, on finit les colzas et j’espère que l’on attaquera les blés dans la foulée. Surtout que ce week-end, 50 à 60 mm d’eau sont prévus » s’inquiète cet agriculteur. « Dans les parcelles où j’ai implanté du Garcia et de l’Arlequin, il y a déjà cinq à six grains germés par épi. J’espère que la semaine prochaine la moisson sera terminée ».

La moisson n’avait pourtant pas mal commencé pour Thierry Rondeau : « J’ai fait facilement 7 ou 8 quintaux de plus en colza, soit une moyenne de 35 quintaux contre 28 q/ha habituellement. La récolte est propre. En orge, les rendements sont plus hétérogènes avec 70 quintaux en moyenne (PS : 64 %, protéines : 9.5 % et 92 en calibrage). Mais j’ai une parcelle à 46 q/ha par exemple à cause d’un problème de pucerons à l’automne ».


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