Environnement et économie Les bandes ligno-cellulosiques : une « solution gagnant-ganant »

Terre-net Média

Les bandes ligno-cellulosiques permettent de concilier protection de la ressource en eau et production de biomasse. En Seine-Maritime, le projet Innobioma s'est penché sur le miscanthus et le saule en taillis de très courte rotation, deux cultures pérennes avec une croissance rapide et une forte production.

Récolte de saules en TTCRLes bandes ligno-cellulosiques concilient protection de la ressource en eau et production durable de biomasse. (©Phitech) Sur le littoral de la Seine-Maritime, les enjeux liés à la protection de la ressource en eau et à la lutte contre l’érosion sont multiples, notamment pour la Pointe de Caux (zone de polyculture). Parmi les solutions envisageables : la mise en place de bandes enherbées s'avère efficace, mais leur valorisation n’est pas toujours possible. Face à ce contexte, la chambre d'agriculture (CA) de Seine-Maritime mobilise depuis 2011 des recherches « sur une culture capable d’apporter satisfaction d’un point de vue environnemental, sociétal et économique : les bandes ligno-cellulosiques (BLC) ».

Les bandes ligno-cellulosiques, quèsaco ?

« Cultures de plantes pérennes à croissance rapide et à forte production biologique, les BLC peuvent être exploitées pendant plus de 20 ans, avec une récolte tous les 1 à 3 ans », explique Bastien Langlois, conseiller biomasse énergie à la CA de Seine-Maritime. Parmi les espèces utilisées, on compte notamment le saule et le miscanthus. « Leur capacité d'infiltration est 15 fois supérieure aux cultures classiques, elles peuvent ainsi être considérées comme des aménagements d'hydraulique douce ».  D’après les tests réalisés, les BLC se montrent « aussi efficaces que l’herbe pour ralentir les écoulements et elles présentent également les mêmes capacités d’infiltration ».

De plus, la biomasse produite est valorisable dans diverses filières. L’idée était de trouver « une solution gagnant-gagnant, où l’agriculteur qui met en place une action en tire un bénéfice direct ».  Pour la valorisation, les membres du projet ont notamment travaillé à la construction d'une filière locale. En tout, 6 ha de saules et 11 ha de miscanthus ont été plantés sur la zone pilote de la Pointe de Caux entre 2015 et 2018.

Le projet Innobioma est piloté par la CA de Seine-Maritime, avec l’appui technique du Ceden (Cabinet d’études sur les déchets et l’énergie), de l’Areas (Association spécialisée dans la recherche de références sur la lutte contre l’érosion des sols) et de la CA de l’Eure. Parmi les autres partenaires du projet : le GIEE Terre eau énergie 76 et les différentes collectivités territoriales, en particulier les syndicats de bassin (vecteurs de communication sur le terrain).

« Déployer les BLC à plus grande échelle »

Les agriculteurs de la zone Innobioma ont été sollicités pour planter des BLC, avec l'appui des collectivités locales. 19 d'entre eux se sont engagés. Chacun a pu bénéficié d'un accompagnement par les membres du projet Innobioma. Les bandes ont fait ensuite l'objet d'un suivi régulier : plantation, matériel utilisé, lutte contres les adventices, etc. L'objectif : « lever les différentes impasses techniques au fil des campagnes ».

Après la mise en place de ces BLC, il a aussi fallu penser valorisation. En effet, « les possibilités d'utiliser des plaquettes de saule et de miscanthus sont diverses : paillage horticole, combustion en chaufferie, litière animale, bois raméal fragmenté... Mais cela ne garantit pas pour autant la vente via l'une de ces filières à un prix intéressant ». Les acteurs se sont donc mobilisés pour « trouver des débouchés durables et initier des partenariats. L’implantation d’un dispositif pérenne est un projet à long terme qui nécessite un temps de réflexion parfois important de la part des agriculteurs, qui souhaitent également être rassurés sur les aspects techniques et économiques ».

Ce premier retour d'expérience sur la Pointe de Caux doit permettre de « déployer les BLC à plus grande échelle ». Le département de la Seine-Maritime compte en tout aujourd'hui 29 ha de miscanthus et 24,5 ha de saules plantés en petites parcelles ou en bandes. Et ces surfaces tendent à augmenter, avec la plantation de 10 ha supplémentaires de miscanthus prévus pour l'année. D'autres départements voisins s'intéressent également aux bandes ligno-cellulosiques comme l'Eure, l'Orne ou le Calvados.

[Vidéo] Présentation des BLC par le projet Innobioma

Cliquez sur la flèche pour lire la vidéo


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous