L'actu d'Arvalis Interculture : faire les bons choix en termes de couvert

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Pour choisir le bon couvert, il faut tenir compte de plusieurs facteurs : rotation des cultures sur la parcelle, type et date de semis, mode de destruction envisagé, mais également coût, fournitures d’azote, impact positif sur les pollinisateurs, réglementation et Pac. Voici quelques clés pour vous aider.

Choix des couvertsLa culture suivante constitue l'un des principaux facteurs de choix d'un couvert végétal.  (©Arvalis-Institut du végétal) De manière générale, il faut éviter de choisir un couvert de la même famille que la culture qui va suivre afin d’éviter l’accroissement des risques maladies ou parasitaires. Par exemple, en interculture courte, il est déconseillé de semer une avoine avant un blé ou, en interculture longue, un niger avant un tournesol. Il faut également tenir compte des cultures présentes dans la rotation afin d’éviter d’augmenter le risque à moyen terme : avant un maïs, dans une rotation où un pois est présent, mieux vaut ne pas choisir un couvert sensible à l’Aphanomyces (couvert de pois, lentille, luzerne et gesse par exemple) ; avant un maïs dans une rotation avec retour fréquent du colza, il faudra éviter d’implanter des crucifères (couvert de moutarde, radis…) qui peuvent augmenter le risque hernie sur le colza à venir.

Compte tenu de la fréquence de jaunisse nanisante de l’orge dans certaines régions, limiter la proportion de graminées dans les couverts et/ou détruire le couvert en hiver, dans une période défavorable au vol des pucerons. De même, le piétin échaudage est de plus en plus fréquent. C’est une des raisons qui doit inciter à privilégier le semis d’un couvert plutôt que de laisser les repousses de céréales à paille qui entretiennent le champignon.

Choix du couvert selon la culture suivanteChoix du couvert selon la culture suivante (©Arvalis-Institut du végétal)

Voici les significations des abréviations du tableau :

PE : effet possible sur le piétin échaudage en blé sur blé avec un couvert de crucifère (biofumigation) mais effet globalement faible et aléatoire.
N : effet d’un couvert sur la fertilisation de la culture suivante, potentiellement positif (ex : légumineuse) ou négatif (ex : ray-grass).
D : risque de mauvais contrôle du couvert dans la culture suivante, par repiquage (ex : ray-grass) ou montée à graine (ex : sarrasin).

B : effet d’amplification ou de réduction du nématode à kystes de la betterave (Heterodera schachtii). Certaines variétés de moutarde blanche et radis fourrager (plus rarement moutarde brune) piègent ce nématode. Le nématode du collet (Ditylenchus dipsacii) est lui multiplié par les couverts de céréales, pois et féveroles.

R : risque de multiplication de rhizoctone, brun ou violet, s’il est présent dans la parcelle.
t : effet potentiellement négatif du couvert sur la culture suivante et qui est amoindri ou annulé en le détruisant suffisamment tôt (novembre pour les céréales avant oléoprotéagineux, novembre à février pour les crucifères avant maïs).
S : risque sclérotinia s'il y a production de sclérotes.
V : risque Verticillium.

H : risque d'assèchement du sol derrière une culture dérobée récoltée tard au printemps, en particulier du ray-grass.

A : risque de multiplication d'Aphanomyces à raisonner dans la rotation (couverts de pois, lentille, gesse et certaines variétés de vesce).

: risque de multiplication d'orobanche rameuse avec des crucifères, du tournesol, du trèfle d'Alexandrie, de la vesce commune et du fénugrec. Au contraire, le lin et le trèfle incarnat provoqueraient une réduction du stock semencier de cette orobanche.

Les mélanges de plusieurs espèces de couvert sécurisent la réussite, notamment les associations avec légumineuses dans les sols avec faible fourniture d’azote. Dans le cas de mélanges avec légumineuses, espèces plus exigeantes et plus lentes à s’installer, il faudra veiller à la qualité du lit de semence et à semer assez tôt (au plus tard le 15 août). Hormis ces cas et quelques particularités (notamment liées à la gestion des repousses), il n’existe pas de "mauvais" couvert si la destruction de celui-ci a lieu au moins deux mois avant le semis de la culture qui suit (interculture longue) et si la date, le mode de semis et le mode de destruction sont adaptés au couvert.

Dans le cas de couverts détruits très tardivement, au semis du maïs par exemple, il faudra opter pour des espèces hivernantes et parfois une date de semis plus tardive afin d’éviter les risques de gel et les maladies.


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