Hervé Fouassier, betteravier « Localiser l'engrais permet de réduire de 20 % l'apport d'azote »

Terre-net Média

A Ouzouer-sur-Bellegarde, dans le Loiret, Hervé Fouassier vient de semer ses betteraves en réalisant une application localisée d’engrais. Cette technique représente pour lui une économie de 30 €/ha et évite un passage supplémentaire dans les parcelles, sans modifier le rendement.

Semis de betteravesUn enfouisseur d'engrais à l'arrière des éléments semeurs dépose l'azote à 15 cm du rang. (©Hervé Fouassier)

A Ouzouer-sur-Bellegarde dans le Loiret, Hervé Fouassier cultive 50 ha de betteraves, dont 40 % sont irrigués, sur ses 200 ha de SAU. Le reste est emblavé en orge de printemps, blé tendre et blé dur. Ses sols, très riches en argile – entre 55 et 75 % – lui offrent peu de choix de têtes d’assolement. « La betterave est un candidat idéal car elle fabrique plus de sucre en sols argileux », rappelle Hervé. Grâce au soutien de l’Institut technique de la betterave (ITB) et de sa coopérative Cristal Union, située à 12 km de la ferme, l’agriculteur a quadruplé sa surface de betteraves en 15 ans. Il pratique depuis deux ans le non labour sur 100 % de ses cultures, ce qui lui permet de mieux organiser son temps de travail à l’automne sans affecter son rendement.

4 000 euros d’investissement

Hervé a profité de ces derniers jours de beau temps pour semer ses betteraves. L’agriculteur pratique l’application localisée d’engrais au semis sur cette culture depuis 2008. C’est grâce à une subvention de Contrat de pays, délivrée par le Conseil départemental, qu’il s'est lancé sur la technique avec son voisin agriculteur. « Nous possédions un semoir à disques ouvreurs en commun ; nous avons investi 4 000 € dans une pompe à engrais et un régulateur », explique Hervé. La pompe prélève l'engrais depuis une cuve placée à l’avant du tracteur et le ramène à l’arrière, au niveau du semoir. L’agriculteur règle la quantité épandue depuis sa console. Le produit est enfoui à 15 cm de la ligne de semis et à 2-3 cm de profondeur.

Pour adapter la technique aux sols très argileux du secteur, les deux exploitants ont créé leur propre système d’enfouissement d’engrais, qu’ils ont fixé derrière les éléments semeurs. Des coutres très fins permettent, en creusant un sillon dans le sol, de positionner l’engrais tout en déplaçant le moins de mottes possible sur le rang. « Dans le matériel du commerce, le système d’enfouissement est placé devant les éléments semeurs, mais en sols très argileux, la terre soulevée par le coutre risque de coller aux roues du semoir », explique Hervé.

Semis de betteravesL'apport localisé d'engrais au semis accélère la couverture du sol au printemps. (©Hervé Fouassier)

Une répartition d'engrais précise

Résultat : l’application localisée permet de réduire de 20 % la quantité d’azote apportée, soit une économie de 30 €/ha pour Hervé, sans que cela ne modifie le rendement. « En deux ans, l’investissement en matériel a été rentabilisé. La technique nous permet d’éviter un passage supplémentaire au printemps, ce qui est très important en sols argileux. Elle est aussi plus simple que l’apport d’engrais solide, qu’il fallait réaliser assez tôt avant le semis pour éviter les brûlures à la germination. Localiser l’engrais permet aussi d’éviter les problèmes de répartition et accélère la couverture du sol au printemps », indique le betteravier-céréalier. Sur les cinq dernières années, il a réalisé un rendement moyen compris entre 90 et 100 tonnes par hectare.

Cette année, Hervé et son voisin ont semé à eux deux 75 ha de betteraves sur 4,5 jours avec leur semoir à six rangs. Pour les années à venir, ils réfléchissent à s’équiper d’une machine à 12 rangs et peut-être aussi à élargir le regroupement d’exploitations.


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