L'actu d'Arvalis Témoignages d'agriculteurs : la herse étrille, un outil polyvalent

Terre-net Média

La herse étrille est un outil qui peut jouer un rôle contre l’enherbement des parcelles à condition d’intervenir à des stades jeunes. Témoignages de plusieurs agriculteurs, engagés ou non en agriculture biologique.

L

a herse étrille est un outil incontournable en désherbage mécanique. Polyvalent, cet outil peut s’adapter à de nombreuses situations. Il est simple dans sa conception : les dents, en vibrant, déracinent les jeunes adventices présentes. 

Son efficacité repose sur plusieurs réglages : l’inclinaison des dents, la profondeur de travail et la vitesse d’avancement (qui peut varier de 2 à 12 km/h). Plus les dents sont verticales, plus l’agressivité est forte. La profondeur de travail, qui se règle avec les roues de terrage et le troisième point, est également déterminante : un travail trop profond peut entraîner des relevées d’adventices.

Intervenir sur des adventices jeunes

L’efficacité de la herse étrille repose d’abord sur la qualité de préparation du sol : la terre doit être relativement fine pour faciliter le travail des dents. Il faut également veiller à intervenir le plus tôt possible, sur des mauvaises herbes encore peu développées. « Avec un débit de chantier élevé et une faible puissance de traction, le coût d’un passage de herse étrille reste modéré », explique Jean-Michel Bonnin, agriculteur dans le Maine-et-Loire. Cet outil est complémentaire à d’autres méthodes de désherbage, mécanique ou chimique. Bruno Chevalier, agriculteur vendéen, ajoute qu'« avec l’expérience, on s’est aperçu que les passages de herse étrille ont amélioré la propreté finale des parcelles ».

Mais ce matériel montre ses limites dans certains types de sol : il n’est pas adapté aux sols battants, trop humides ou trop secs. Par ailleurs, les résidus en surface et les mottes peuvent provoquer des bourrages. Enfin, la herse étrille est peu efficace sur adventices développées et vivaces.

Des fenêtres climatiques variables selon les régions

La herse étrille, comme la houe rotative, est efficace sur des adventices très jeunes (stade filament blanc à deux feuilles) ; il est donc important d’intervenir tôt. Avec ces outils, des passages précoces dès l’automne sont possibles, soit avant la levée de la céréale, soit du stade trois feuilles à début tallage. Par contre, les interventions entre la levée et trois feuilles sont à proscrire car la culture est trop fragile. En parallèle, l’opération, à réaliser sur un sol suffisamment ressuyé, doit être suivie de deux à quatre jours séchants afin que les adventices arrachées ne redémarrent pas. Cette combinaison stades des céréales x jours sans pluie avant et après l'opération, en moyenne pluriannuelle, permet de calculer un nombre de « jours disponibles » pour intervenir.

Dans la majorité des régions françaises, des fenêtres météo existent pour des passages à l’automne (figure 1). À titre d’exemple, en écartant les quatre pires années observées sur une séquence de 20 ans, la Picardie dispose d’une fenêtre d’au moins quatre jours pour intervenir en prélevée. Si le passage en prélevée n’a pas pu être réalisé, un passage peut être effectué en post-levée, du stade trois feuilles au début tallage. À cette période, les jours disponibles sont légèrement plus nombreux dans l’ouest et le sud de la France, plus rares dans le nord, le centre et l’est.

Figure 1 : Nombre de jours disponibles, 4 années sur 5, pour le désherbage mécanique d’un blé à l’automne (analyse climatique fréquentielle sur 20 ans). Outils appropriés : herse étrille ou houe rotativeFigure 1 : Nombre de jours disponibles, quatre années sur cinq, pour le désherbage mécanique d’un blé à l’automne (analyse climatique fréquentielle sur 20 ans). Outils appropriés : herse étrille ou houe rotative (©Arvalis)


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