Premiers bilans de la moisson 2013 « Résultats décevants » en Bourgogne

Terre-net Média

Alors que les averses, parfois fortes, mercredi 7 août ont contraint les moissonneuses à rester au hangar pendant deux ou trois jours dans de très nombreuses régions, Eric Ducornet, responsable terrain à la coopérative 110 Bourgogne, dresse un premier bilan. Dans des secteurs bourguignons qui ont subi de nombreux aléas climatiques, les résultats de la collecte sont évidemment décevants.

Moisson 2013Dans de nombreuses régions françaises, les incidents climatiques n'ont pas épargné les cultures. La moisson 2013 sera ainsi décevante en Bourgogne, tant en quantité qu'en qualité. (©Terre-net Média) 

En Bourgogne, près de 80 % de la collecte est d’ores-et-déjà effectuée. Ce que confirme Eric Ducornet, responsable terrain des secteurs de la Puisaye et de l’Auxerrois à la coopérative 110 Bourgogne. « Nos agriculteurs sont en train de terminer les blés et les colzas. Ici, la moisson 2013 a débuté entre le 10 et le 14 juillet selon les secteurs, soit 15 jours de retard par rapport à la normale »,  explique-t-il. Mais, comme dans de nombreuses régions françaises ayant été arrosées mercredi 7 août, les producteurs doivent attendre au moins deux jours avant de pouvoir poursuivre les chantiers.

Pour Eric Ducornet, c’est donc l’heure du premier bilan. Un bilan plutôt décevant, résultat d’une campagne 2012-2013 ponctuée d’aléas climatiques parfois ravageurs : froid hivernal, averses de grêle et inondations destructrices.

Moins de 60 qx/ha en orge

 « La qualité est très moyenne. Sur la variété de blé Apache par exemple, nous avons des taux de protéines compris entre 10,5 et 11,5 %. Plus globalement, la moyenne est inférieure à 11 %, alors qu’elle se situait entre 11 et 11,5 % l’an passé. »

Les PS, en revanche, sont satisfaisants et équivalents à 2012. « En moyenne, les PS varient de 76 à 79 », confirme Eric Ducornet.

Et les producteurs bourguignons ne pourront pas se consoler avec les rendements, qui sont « très en-deça de la moyenne et de l’attendu ! » « Difficile de faire des moyennes car certaines exploitations n’ont subi aucun incident climatique, alors que d’autres ont cumulé le froid hivernal, la grêle et les inondations. »

Dans la Puisaye et l’Auxerrois, sont enregistrés des rendements de 20 à 25 qx/ha en colza, contre 30 qx/ha en moyenne. Même déception en blé : Les rendements tournent autour de 65 qx/ha, au lieu 70 qx/ha en année normale. Et ce n’est pas mieux pour l’orge, dont les rendements moyens seront inférieurs à 60 qx/ha.

Mais ces chiffres cachent de très importantes disparités. Certains producteurs ont récolté du colza avec seulement 5 à 10 qx/ha !

Mieux en Seine-et-Marne

Plus au nord, en Seine-et-Marne, le premier bilan semble meilleur qu’en Bourgogne. Sébastien Dromigny, installé à Saint-Just-en-Brie, et administrateur de la coopérative Valfrance, devrait terminer sa moisson au 15 août, sauf nouvel épisode pluvieux.

« Personnellement, il me reste 35 % des blés à battre. C’est à peu près ce qu’il reste à faire dans le secteur couvert par la coopérative. »

Rassuré quant aux taux de protéines

 « Ce ne sera ni une année catastrophe, ni une année extraordinaire. A l’échelle de la coopérative, les rendements sont compris entre 80 et 85 qx/ha en blé, et entre 30 et 35 qx/ha en colza. Pour ma part, j’enregistre une moyenne de 80 qx/ha, contre 87 qx/ha en moyenne historique sur mon exploitation.

Pour le secteur de Valfrance, les inquiétudes concernant les taux de protéines s’écartent. « Les protéines sont correctes, ce qui est loin d’être le cas d’autres secteurs, notamment dans le Sud-Ouest de la France. » La coopérative enregistre un taux moyen de protéines proche de 11,5 %. « Nous serons au-dessus des 11 % exigés pour les marchés locaux de la meunerie et surtout pour l’export. »


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