Témoignages dans le Nord HVE : « La continuité d'une démarche engagée depuis plusieurs années »

Terre-net Média

Très représentée dans le monde viticole (81 % des exploitations certifiées en juillet 2020), la certification "haute valeur environnementale" (HVE) se développe dans l'ensemble des exploitations de la filière végétale, notamment en grandes cultures. De nombreuses coopératives agricoles accompagnent leurs adhérents en ce sens, dont Unéal qui rassemble plus de 6 000 agriculteurs dans les Hauts-de-France. Retrouvez son témoignage et celui de deux de ses adhérents, prêts à passer l'audit du niveau 3.

ChampUne vingtaine d'adhérents Unéal ont sollicité leur coopérative pour les accompagner dans leur démarche de certification environnementale. (©Pixabay)

« Initiée il y a 10 ans, la certification haute valeur environnementale (HVE) est plus que jamais d'actualité. Désormais soutenue par la loi Égalim et par le volet agriculture et alimentation du plan France Relance, elle permet, à travers son cahier des charges très strict de répondre aux attentes sociétales en termes de productions plus durables », indique la coopérative Unéal. Pour son directeur services, agronomie et innovation, Guillaume Boyer, « c'est une réelle opportunité pour valoriser les pratiques et les productions responsables de nos adhérents ». 

« Réponse aux cahiers des charges actuels et futurs »

C'est dans cette optique que la coopérative du nord de la France a initié, en mars dernier, une démarche de sensibilisation auprès de ses adhérents. 100 étaient réunis pour cette première réunion et cela s'accentue avec une série de 17 réunions d’information programmées sur l’ensemble du territoire des Hauts-de-France depuis décembre 2020. Outre le fait de mettre en avant les bonnes pratiques agricoles, « cette certification permet aussi aux agriculteurs de  répondre à certains cahiers des charges actuels et futurs, ajoute Sébastien Cambier, référent réglementation et enjeux agro-environnementaux du pôle agronomie et services d'Unéal. Quelques acheteurs en pommes de terre demandent, par exemple, aujourd'hui aux exploitations le niveau 2 de la certification ».

C'est d'ailleurs de cette manière que Martine Potdevin a entendu parler de la HVE. Installée avec son mari et ses deux enfants à Cuincy dans le Nord, elle produit ail blanc,  ail fumé, blé, pois, maïs et betteraves. Un client en ail lui a posé la question si l'exploitation était certifiée et l'agricultrice s'est alors intéressée au sujet. Elle fait partie de la vingtaine d'agriculteurs qui ont sollicité la coopérative pour être accompagnés. « Unéal propose une formation Vivéa de groupe pour valider le premier niveau. Et ensuite, un diagnostic individuel (environ une demi-journée) est réalisé pour proposer un plan d'action afin d'atteindre les niveaux 2 et 3 », précise Sébastien Cambier. Les niveaux de certification environnementale se décomposent ainsi : 

  • « niveau 1 : respect des exigences environnementales de la conditionnalité et réalisation par l’agriculteur d’une évaluation de l’exploitation au regard du référentiel du niveau 2 ou des indicateurs du niveau 3  »
  • « niveau 2 : respect d’un référentiel comportant 16 exigences, efficientes pour l’environnement »
  • « niveau 3 : qualifié de "haute valeur environnementale", est fondé sur des indicateurs de résultats relatifs à la biodiversité, la stratégie phytosanitaire, la gestion de la fertilisation et de l’irrigation », rappelle le ministère de l'agriculture ».

Trois exploitations déjà certifiables

Après plusieurs diagnostics réalisés, trois exploitations adhérentes d'Unéal sur la vingtaine engagées s'avèrent d'ores et déjà certifiables et parmi elles, l'exploitation de Martine Potdevin dont l'audit pour le niveau 3 est prévu le 19 janvier prochain. Si l'agricultrice a été « surprise » de cette nouvelle, « la certification HVE représente la continuité de la démarche d'agriculture raisonnée engagée sur l'exploitation depuis de nombreuses années, témoigne-t-elle. Nous avons adhéré au réseau Farre (Forum des agriculteurs responsables respectueux de l'environnement) en 1993. L'exploitation est également certifiée  GlobalGap ». Parmi les leviers mis en place : « le recours au désherbage mécanique (binage, herse étrille...), aux analyses de sol, l'utilisation d'engrais naturels, de mycorhizateurs, etc. En ail, nous n'utilisons pas l'irrigation pour que les récoltes se conservent mieux et nous ne revenons pas avant 25 ans sur une même parcelle pour éviter la pourriture blanche », ajoute Martine Potdevin. 

Avec du blé, de l'orge d'hiver, de l'orge de printemps, du colza et du plant de pommes de terre (échange parcelle avec un voisin) dans son assolement, l'exploitation de Frédéric Gransart est également certifiable HVE. Pour lui aussi, cela représente la poursuite des efforts mis en place. L'agriculteur du Nord travaille à la réduction de l'utilisation des produits phytosanitaires depuis environ 6 ans. Il utilise notamment « des outils d'aide à la décision pour la protection fongicide et la fertilisation des cultures, et limite au maximum les passages d'insecticides ». Il s'est d'ailleurs engagé dans le réseau Biodiversité de BASF il y a quatre ans, avec lequel il réalise différents relevés d'insectes. Frédéric Gransart sème également des bandes de mélanges fleuries et réintroduit des haies sur son exploitation. S'il a préféré arrêter les betteraves pour « préserver ses sols », l'agriculteur note l'importance « d'implanter une culture intermédiaire entre deux céréales (ex : sarrasin, phacélie...) pour diminuer la pression maladies ». 

« Reconnaissance de ce que l'on fait sur son exploitation »

« L'objectif n'est pas de nettoyer plus propre, que propre. Mais simplement de produire le mieux possible », ajoute Martine Potdevin. Et ce label HVE représente une « reconnaissance de ce que l'on fait sur notre exploitation ». L'agricultrice met en garde : « ces démarches sont chronophages du côté de l'administratif aussi et demandent beaucoup de rigueur ». Mais selon elle, « ce suivi précis de chaque parcelle ne représente pas une perte de temps. C'est un plus également face à nos clients », indique Martine Potdevin qui commercialise l'ail fumé directement auprès de la grande distribution notamment.  

À défaut d'apporter une valorisation supplémentaire en grandes cultures pour le moment, « le label HVE est, en effet, un atout de plus pour la communication positive de l'agriculture auprès des clients et des consommateurs, ajoute Sébastien Cambier. À ce jour, nous n'avons pas de débouchés qui valorisent la HVE, mais ce sujet est en réflexion au sein de la coopérative ».  

Et vous ? Que pensez-vous de la certification "Haute valeur environnementale" ? Etes-vous engagé, souhaitez-vous le faire ou non ? N'hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous.

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