L'actu d'Arvalis Traitements de semences : une protection toujours d'actualité

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Sur céréales à paille, les traitements de semences restent incontournables contre les maladies charbonneuses (carie du blé, charbon nu de l'orge) et très précieux face aux bioagresseurs contre lesquels d’autres méthodes de lutte sont inexistantes ou difficiles à mettre en œuvre.

Semences d'orge traitéesLes différents traitements de semences contenant de l’imidaclopride ne sont plus utilisables en France depuis le 1er septembre 2018. (©Arvalis-Institut du végétal) La gamme des traitements de semences de céréales à paille connaît des bouleversements cette année suite au retrait de l’imidaclopride. Mais elle offre toujours une protection contre diverses maladies et ravageurs du sol. Ces traitements, souvent incontournables dans les situations à risque, sont à utiliser à bon escient.

Le choix de ce type de protection s’appuie notamment sur la qualité sanitaire des semences, l'historique parcellaire et la date de semis. Ces critères déterminent les risques d’infections et/ou de nuisibilité des bioagresseurs.

Rester vigilant face à la carie et au charbon nu

La carie commune du blé reste présente sur le territoire en raison du fort pouvoir de propagation des spores. Un seul épi carié contient des millions de spores qui, disséminées lors du battage, viennent contaminer la récolte, les futures semences et le sol (ainsi que le matériel agricole). La lutte chimique contre la carie repose uniquement sur la protection fongicide des semences. Plusieurs traitements sont très efficaces face à une contamination des semences et du sol. Citons par exemple Vibrance Gold, Redigo, Rancona 15 ME ou bien encore la nouvelle spécialité Celest Power.

En agriculture biologique, face à la contamination des semences, deux spécialités sont autorisées : Copseed et Cerall. Copseed, à base de sulfate de cuivre tribasique, présente une efficacité plus régulière que Cerall. Celle-ci n’est cependant pas totale. Le vinaigre est une substance de base autorisée pour lutter contre la carie portée par les semences. Son efficacité est indéniable mais non totale, cette protection est inadaptée dans le cas d’un sol contaminé.

Sur orge, la présence de charbon nu est toujours signalée sur le territoire, bien que cette maladie ne se transmette que par la semence, et que des protections à très forte efficacité soient disponibles en traitement de semences. La contamination des semences n’est pas visible car c’est l’embryon qui est infecté. Qu’elle soit avérée (via une analyse sanitaire) ou suspectée (semences provenant d’un champ - ou situé à proximité d’un champ - ayant porté des épis charbonnés), le recours à un traitement très efficace est recommandé (Celest Orge Net, Raxil Star, Rancona 15 ME ou la nouvelle spécialité Redigo Pro). Ces protections sont fortement recommandées en filière de production de semences. Attention : certains traitements autorisés sur orge - comme Celest Net, Celest Gold Net ou Difend Extra - n’ont aucune efficacité sur ce pathogène !

Fusarioses : des traitements qui ont fait leurs preuves

La présence de différents champignons, Fusarium graminearum, Microdochium spp., sur et surtout dans les semences, peut entraîner des manques à la levée et des fontes de semis préjudiciables au peuplement et au rendement. Il est recommandé de trier soigneusement les semences (après avoir séparé les lots particulièrement contaminés) et d’appliquer en complément un traitement de semences adapté. Différentes spécialités fongicides combattent efficacement ces pathogènes : Celest Power, Redigo, Vibrance Gold, Vitavax 200 FS…

Dans le cas de conditions de levée difficiles, notamment sur blé dur suite à une contamination élevée par Microdochium, Vibrance Gold peut conduire à un gain accru de peuplement dans nos essais par rapport aux autres spécialités. La nouvelle spécialité Celest Power affiche de bonnes performances, en tendance supérieures à celles de Celest Net et très proches de celles de Vibrance Gold. La spécialité Rancona 15 ME affiche un bon contrôle des contaminations par Fusarium graminearum mais son efficacité s’avère inférieure vis-à-vis de Microdochium spp..

Efficacité des traitements de semences pour lutter contre la contamination des semences par les fusarioses sur blé tendre et sur blé dur (campagnes 2015 à 2018)Efficacité des traitements de semences pour lutter contre la contamination des semences par les fusarioses sur blé tendre et sur blé dur (campagnes 2015 à 2018) (©Arvalis-Institut du végétal)

Piétin échaudage : combiner les moyens de lutte

La lutte contre le champignon du sol responsable du piétin échaudage s’appuie sur différentes techniques agronomiques et un seul traitement de semences à base de silthiofam (Latitude). Ce dernier assure un contrôle partiel, avec une efficacité de l’ordre de 50 % en situation d’attaques moyennes, qui conduit à un gain de rendement proche de 10 q/ha dans les essais en blé sur blé. Ce traitement ne présente aucune efficacité contre les autres maladies, il est à associer à une protection fongicide des semences. Pour rappel, il ne peut pas être appliqué deux saisons consécutives sur la même parcelle.

Il est important de ne pas laisser s’installer le piétin échaudage en s’appuyant notamment sur la rotation des cultures avec des plantes non sensibles ou non amplificatrices, la destruction des graminées adventices et en évitant les semis trop précoces.

Deux pyréthrinoïdes contre les ravageurs du sol

Les substances actives insecticides, téfluthrine (Austral Plus Net, Attack) ou cyperméthrine (Langis / Signal) ne pénètrent pas dans la plante, leur action a lieu dans le sol. Elles permettent de contenir les attaques de taupins avec une efficacité moyenne de l’ordre de 50 % à l’automne. L’efficacité reste plus partielle vis-à-vis des attaques tardives au printemps.

Contre la mouche grise, présente essentiellement dans le Nord et le Centre, ces traitements présentent une efficacité comparable et partielle (50 %). Ils sont à accompagner de mesures agronomiques adaptées sur les parcelles à risque.

Contre le zabre des céréales, seuls les traitements de semences à base de téfluthrine sont autorisés. Ils apportent une protection significative, complémentaire aux mesures agronomiques préventives qui entravent l’installation du ravageur. 

Protection contre les viroses et leurs vecteurs sans imidaclopride

Les différents traitements de semences contenant de l’imidaclopride, Gaucho Duo FS ou Ferial Duo FS, Gaucho 350, Nuprid 600 FS ou Matrero, ne sont plus utilisables en France depuis le 1er septembre 2018.

En l’absence d’imidaclopride, et donc de protection insecticide efficace contre les pucerons vecteurs de la JNO et les cicadelles vectrices de la maladie des pieds chétifs, d’autres moyens et leviers sont alors à mettre en œuvre et à associer pour éviter les lourdes pertes de rendement et de la qualité des grains (PMG) dues à ces viroses. Il s’agit de réduire le risque d’exposition à ces maladies, de surveiller la présence des vecteurs pour intervenir à bon escient et de façon efficace tout en préservant la principale famille chimique disponible contre les vecteurs (pyréthrinoïdes). La décision d’intervention nécessite une surveillance assidue des parcelles pour un bon positionnement (action par contact, pas d’action préventive) et le renouvellement de l’application (persistance limitée et absence de protection sur les nouvelles feuilles, apparues après le traitement).

Pour protéger les cultures de ces infections virales, il est recommandé d’éviter les semis précoces qui exposent davantage les jeunes céréales à la colonisation par les ravageurs. Cependant, si les conditions climatiques de l’automne restent longtemps favorables à l’activité des insectes, des infestations peuvent survenir même sur des parcelles implantées plus tardivement. Si le suivi des recommandations régionales de date de semis permet de réduire la fréquence d’exposition aux insectes vecteurs de virus, et à d’autres bio-agresseurs (graminées automnales, piétin échaudage…), cela ne permet pas pour autant d’éviter la surveillance des parcelles !

Concernant l’orge, la lutte agronomique peut également s’appuyer sur le choix de variétés tolérantes à la JNO. L’offre variétale s’est récemment enrichie avec trois nouvelles inscriptions au catalogue français, en complément des variétés Amistar et Domino : Margaux (débouché brassicole en cours de validation technologique), Hexagon et KWS Borrelly, escourgeons fourragers précoces. D’autres variétés sont inscrites au catalogue européen avec le caractère de tolérance à la JNO (Rafaela, Hirondella). Cette tolérance génétique est efficace vis-à-vis de la JNO mais n’a aucun effet vis-à-vis de la maladie des pieds chétifs transmise par les cicadelles.


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