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Un agriculteur bien réel d'« Agriculture et liberté » témoigne

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Traitement phytosanitaire
Denis Fumery, comme bon nombre d'agriculteurs, n'a pas d'alternative au glyphosate pour gérer les adventices. (©@GuyotVincent02 ) 
ercredi 17 octobre 2018, Jean-Jacques Bourdin et son équipe ont relayé sur RMC une enquête de Greenpeace et du quotidien britannique « The Independant » expliquant que des « groupes de faux agriculteurs ont été créés par un lobby de la société Monsanto » pour défendre le glyphosate.

Sur le fond, que ce soit Monsanto ou une autre entreprise, que ce soit sur le glyphosate ou tout autre sujet, la question essentielle n’est pas là. Le débat ici n’est pas d’être « pour » ou « contre » le glyphosate – le sujet est plus complexe qu’une simple question binaire. Ce groupe en question, « Agriculture et liberté » est-il un « faux groupe d’agriculteurs », ce qui sous-entendrait qu’il y ait une sorte d’usurpation d’identité collective d’une profession ?

Pour y répondre, finalement rien de plus simple ! La rédaction de Terre-net a adressé un mail, via le site web, à « Agriculture et liberté » et a demandé à être mis en relation avec un agriculteur du groupe. Deux heures plus tard, un agriculteur, un vrai, nous a rappelé.

Denis Fumery est producteur de grandes cultures dans le Val d'Oise.
Denis Fumery est producteur de grandes cultures
dans le Val d'Oise. (©@FUMERYD )

Cet agriculteur, c’est Denis Fumery. Agriculteur dans le Val-d’Oise, Denis Fumery s’attache depuis des années à communiquer et parler de la réalité de son métier. Il le confirme : « Il n’y a pas de faux agriculteurs ou d’« agriculteurs fantômes » dans ce collectif Agriculture et liberté !

« Je me suis rapproché de ce groupe lors du Salon de l’agriculture à Paris, en février dernier », explique-t-il. Je suis allé les voir car j’ai trouvé leur démarche intéressante. Je participe depuis longtemps à des groupes ou collectifs d’agriculteurs pour communiquer sur mon métier.

« Agriculture et liberté est un collectif informel composé entre autres, de vrais agriculteurs », explique le producteur qui se défend de défendre l’entreprise à l’origine du groupe. « Ça ne me fait pas très plaisir d’être traité d’agriculteur fantôme. »

Et l’agriculteur d’expliquer ses motivations : « Je ne défends pas Monsanto. Je défends mon usage raisonné du glyphosate. Ce n’est pas du tout pareil. » Rappelons que le glyphosate est tombé dans le domaine public depuis des années et que le produit est fabriqué par des dizaines d’industriels.

« Les pouvoirs publics nous retirent régulièrement des solutions pour exercer notre métier. Si je peux ne pas mettre du glyphosate, je n’en mets pas. J’en utilise très peu sur mon exploitation. Mais cela reste un produit indispensable pour la bonne gestion de mes cultures. Je n'ai pas d'autres alternatives viables. S'en passer coûtera beaucoup plus cher, et sera négatif pour notre empreinte carbone. »

« Je ne défends pas « Agriculture et liberté » coûte que coûte. Mais leur démarche est intéressante. Les fabricants faisant partie du collectif défendent leur chapelle. Nous agriculteurs, défendons la nôtre. » Avec le collectif, il a notamment signé une tribune, parue en avril 2018 sur le site des Échos, sur le glyphosate. « Arrêtons de jouer avec les peurs des Français », écrivait-il.

« Moi, mon quotidien, c’est de défendre le métier d’agriculteur à l’échelle locale. »

Outre sa participation à « Agriculture et liberté », Denis Fumery s’attache avant tout à défendre son métier dans sa globalité, et à communiquer sur la réalité du terrain, et ce, depuis bientôt 20 ans. Il est notamment président de l’association « Rencontre ville-campagne ». Cette dernière regroupe des agriculteurs d’Île-de-France (Essonne, Val-d’oise et Yvelines) qui vont expliquer ce qu’est le métier d’agriculteur aux élèves. « Je suis récemment intervenu dans des classes parisiennes, en présence de la rectrice d’académie. Moi, mon quotidien, c’est de défendre le métier d’agriculteur à l’échelle locale. »

D’autres agriculteurs font partie du groupe décrié par Greenpeace et « The Independant ». Vincent Guyot, très actif sur les réseaux sociaux pour expliquer son métier, a également réagi sur Twitter:

En réaction aux articles relayant l'enquête de Greenpeace, 80 agriculteurs du collectif « Agriculture et liberté », Denis Fumery en tête, ont publié sur le site une lettre pour expliquer que « non, nous ne sommes pas des fantômes ».

Au-delà de cette actualité autour du groupe « Agriculture et liberté », la même question de fond revient. Et c’est Alexandre Carré qui la rappelle : pourquoi devrait-on parler de « lobby » quand il s’agit d’une entreprise privée de l’agroalimentaire ou de l’agriculture, et non pas pour des initiatives écologistes qui peuvent, elles aussi, servir des intérêts privés, à l’instar de « Générations futures » ?

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