Dans les Deux-Sèvres
Des milliers d'opposants rassemblés contre les « méga-bassines »

En milieu d'après-midi, quelque 4 200 personnes, selon la préfecture, et 6 000 selon les organisateurs, ont commencé à manifester à l'occasion de cette mobilisation nationale à l'appel du collectif Bassines Non Merci, fer de lance de l'opposition aux projets, et de la Confédération paysanne.

Ce « Printemps maraîchin » prévu pour durer jusqu'à dimanche, également soutenu par la LPO, EELV, Attac, ou encore La France Insoumise, dénonce « l'accaparement de l'eau par l'agro-industrie », « exige l'arrêt des travaux » et « la mise en place d'un moratoire sur les projets de méga-bassines ».

« Eau bien commun » , « Rechargez les nappes phréatiques avant de stocker l'eau », pouvait-on lire sur les banderoles brandies dans une foule calme, composée de jeunes adultes et de retraités, de familles, de militants associatifs et syndicaux, ainsi que de personnes venues en bleu de travail ou encagoulées. Un très important dispositif de gendarmerie a été mis en place, les autorités craignant des débordements après des violences survenues lors de précédentes manifestations.

Une journaliste de l'AFP a ainsi constaté la mobilisation de deux hélicoptères survolant le rassemblement à basse altitude et de nombreux fourgons et escadrons de gendarmerie disposés dans les champs alentour. Plusieurs armes blanches, dont de gros couteaux et des mortiers d'artifice, ont été saisis lors de fouilles préventives dans la matinée, selon la préfecture.

Un contre-rassemblement « de défense » de 200 agriculteurs 

Les préfectures des Deux-Sèvres et de Charente-Maritime, notant « une évolution radicale » du mouvement, avaient prononcé des interdictions de manifester sur un périmètre d'une dizaine de kilomètres dans les communes avoisinantes et coupé la circulation sur plusieurs axes routiers majeurs.

Pour répondre aux « anti-bassines », environ 200 agriculteurs se sont réunis à Cramchaban (Charente-Maritime), quelques kilomètres plus loin, à l'appel de la Coordination rurale, pour un « rassemblement de défense » près d'une retenue d'eau dégradée lors d'une précédente manifestation en novembre.

« On est sur nos réserves pour les protéger au cas où les opposants viendraient les détruire, quand la manifestation sera finie, on partira », a expliqué à l'AFP Thierry Boucard, président départemental du syndicat agricole et usager de la structure endommagée.

Les « bassines », des cratères recouverts d'une membrane plastifiée, doivent être alimentées par les cours d'eau et nappes phréatiques en hiver pour servir l'été à des agriculteurs irrigants quand la ressource manque. Mais ces dernières années, l'opposition à ces projets s'est cristallisée dans les Deux-Sèvres, notamment à Mauzé-sur-le-Mignon où a été creusée la première des seize retenues prévues sur le bassin de la Sèvre niortaise, crucial pour l'alimentation du Marais poitevin.

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