Explosions au Liban Craintes pour la sécurité alimentaire du pays

AFP

Après les explosions mortelles mardi dans le port de Beyrouth, qui ont aussi éventré les silos de céréales, l'Agence des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) craint « à brève échéance, un problème de disponibilité de farine ».

« J'ai reçu un très court message du responsable de la FAO à Beyrouth : en effet, on craint qu'une grande quantité des réserves de blé sur le port ait été affectée ou détruite par l'explosion. Les stocks sont gravement endommagés », a déclaré le responsable des urgences de la FAO, joint par l'AFP depuis Paris mercredi matin. « Et on craint d'avoir à assez brève échéance un problème de disponibilité de farine pour le pays », a-t-il ajouté.

Une autre source onusienne a confirmé à l'AFP dans l'après-midi que le silo national libanais avait été « complètement détruit » dans l'explosion, et que les réserves de grains qu'il contenait étaient désormais « inutilisables » pour la consommation.

Néanmoins, les silos nationaux ne contenaient que quelque 15 000 tonnes de blé pour une capacité de 120 000 tonnes, a souligné un média spécialisé des émirats.

Le ministre de l'économie Raoul Nehmeh a affirmé que le Liban « disposait de réserves suffisantes pour un peu moins d'un mois » et qu'il n'y avait « pas de craintes immédiates de pénurie », a tempéré la source onusienne. Selon lui, « trois bateaux chargés de 28 000 tonnes de blé sont actuellement à l'approche du Liban ». « Ce que nous devons faire, c'est trouver d'autres moyens de stockage, silos ou entrepôts plus petits ».

Le Liban, qui ne produit que 10 % à 15 % de sa consommation annuelle de blé, dépend énormément des importations, dont plus de la moitié proviennent d'Ukraine et de Russie, a-t-il ajouté. « Il y avait un problème de sécurité alimentaire au Liban avant l'explosion, dû à la crise économique, à la disparition de la classe moyenne, les prix ont augmenté en flèche alors que le pouvoir d'achat s'effondrait, mais il n'y a pas de problème de disponibilité », a-t-il précisé.

Les prix des produits alimentaires de base avait déjà grimpé en flèche, la hausse atteignant les 109 % entre septembre et mai, selon le Programme Alimentaire mondial (PAM), autre agence de l'ONU.

La FAO prévoit de lancer un projet pilote de distribution de bons d'achat à des agriculteurs afin de leur permettre d'avoir accès à des semences et intrants pour la prochaine campagne agricole.


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net


Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous