Agro-écologie Dans la Drôme et l’Ardèche, les pionniers des Giee reçoivent Germinal Peiro

Terre-net Média

Après avoir accueilli Stéphane Le Foll en novembre dernier, les agriculteurs des Gie Dad et Agribiotech, modèles bien concrets de ce que seront les groupements d’intérêt économique et environnemental, ont reçu Germinal Peiro, le rapporteur du projet de loi d’avenir pour l’agriculture à l’Assemblée nationale.

Germinal Peiro (à droite), avec une dizaine d'agriculteurs membres du Gie Développement de l'Agriculture durable et du Gie Agribiotech.Germinal Peiro (à droite), avec des agriculteurs membres du Gie Développement de l'Agriculture durable et du Gie Agribiotech. (©Terre-net Média)

Après le ministre de l’Agriculture venu en Ardèche en novembre 2013, c’est Germinal Peiro, qui a rencontré les membres du Gie Dad (Développement de l’Agriculture durable), lors d’un déplacement organisé le 5 février 2014 par l’Afja, l’association française des journalistes agricoles. Pour le député de Dordogne et rapporteur du projet de loi d’avenir pour l’agriculture, il s’agissait de mieux se rendre compte de ce que seront les fameux groupements d’intérêts économiques et environnementaux, les outils phares du projet de loi présenté par Stéphane Le Foll.

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que le Gie Dad multiplie les visites ministérielles ou parlementaires. Fort de ses 52 exploitations membres, réparties sur 7 communes de l’Ardèche verte, le groupement constitue le parfait exemple de la démarche collective pour améliorer la double performance économique et environnementale des exploitations.

A l’origine du groupement, la crise du lait de 2009, accentuée par la hausse du coût des intrants, mais aussi la stigmatisation grandissante des systèmes de production conventionnels incite des polyculteurs-éleveurs ardéchois à envisager des méthodes moins gourmandes en intrants. En parallèle, Nicolas Ribes, un ancien éleveur du secteur, reconverti dans le conseil aux agriculteurs, parvient à fédérer les membres de 52 exploitations autour d’une réflexion commune sur le changement de leurs pratiques.

Les exploitations, qui représentent l’ensemble des productions agricoles du territoire – polyculture-élevage, viticulture, arboriculture – et valorisent 1.850 ha, soit 75 % de la Sau des 7 communes, ont entrepris plusieurs chantiers. Pour être plus autonomes dans l’alimentation de leurs troupeaux, les éleveurs ont réintroduit de la luzerne dans leurs assolements et, surtout, ils ont totalement mutualisé les coûts de distribution du fourrage en investissant, via la Cuma de Curraize dont ils étaient déjà membres, dans une mélangeuse distributrice automotrice.

8 stations phytos pour 52 exploitations

Pour les cultures, les agriculteurs entendaient réduire fortement le recours aux produits phytosanitaires. En répondant à un appel à projets de l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, le Gie leur a permis de financer en partie l’acquisition de herses étrilles, bineuses, houes rotatives, de buses anti-dérives et de matériels de semis sous couverts. Réparties sur l’ensemble du territoire couvert par les 52 exploitations, 8 stations collectives de retraitement des effluents phytosanitaires ont été également construites.

Les agriculteurs se sont aussi lancés dans une nouvelle étape : retraiter leurs effluents d’élevage grâce à la méthanisation, et ainsi valoriser l’énergie produite pour limiter les coûts de séchage de la luzerne stockée en grange. A partir du printemps prochain, une première unité, sur les trois prévues par le Gie sur trois exploitations différentes, devrait produire 1.520 MWh par an et ainsi permettre le retraitement des effluents de quatre exploitations.

Le Rtk pour se passer du désherbage chimique

A quelques dizaines de kilomètres, dans la vallée du Rhône, six agriculteurs drômois étaient, quant à eux, confrontés à une problématique bien spécifique : la pollution de l’eau dans la zone entourant le captage prioritaire de Saint-Rambert d’Albon. Leur regroupement au sein du Gie Agribiotech leur a permis d’entreprendre une réflexion globale en termes de mutualisation du matériel, de lutte contre l’érosion ou de diminution de la consommation de produits phytos.

Parmi les six exploitations, quatre sont déjà converties à la production biologique. Leur priorité a été de mutualiser les charges de matérielles au sein du Gie, en investissant dans du matériel de substitution au désherbage chimique. Pour à la fois améliorer leurs pratiques et réduire les risques sur les cultures, les agriculteurs investissent 400.000 euros en matériels, dont la moitié consacrée à un système d’autoguidage Rtk avec correction de la dérive sur les parcelles en pente.

Accompagnant aussi le Gie Agribiotech, Nicolas Ribes veut aller plus loin : mettre en relation les deux Gie, ainsi que deux autres structures du même secteur géographique – le Gie de la Varèze et la Cuma de Curraize – pour mieux valoriser, entre autres, la complémentarité entre productions végétales et animales. Le développement de la production de légumineuses sur les exploitations céréalières permettra d’optimiser davantage les rotations et les apports d’azote. Les exploitations d’élevage, quant à elles, entendent limiter un peu plus encore les importations de tourteaux, et réduire le coût énergétique de l’alimentation.


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