Produits phytosanitaires Générations futures a lancé une enquête citoyenne

AFP

L'ONG Générations futures veut mieux mesurer l'exposition des riverains de zones cultivées aux pesticides et a demandé une nouvelle fois jeudi de renforcer les distances minimales à respecter entre zones d'épandage de produits phytosanitaires et habitations.

Générations futures, qui se bat contre l'usage de pesticides chimiques de synthèse, a lancé « une enquête citoyenne » sur l'exposition aux pesticides des riverains de zones cultivées, a indiqué François Veillerette, porte-parole de Générations Futures, à l'AFP.

Une soixantaine de foyers y ont pris part à l'été et à l'automne. L'ONG et un laboratoire ont choisi une liste de 30 pesticides parmi les plus utilisés en France pour des usages agricoles. Ils ont envoyé aux participants un kit de prélèvement pour chercher des traces de pesticides sur les vitres de leurs habitations.

Ces personnes ont également rempli un questionnaire indiquant notamment la date et le lieu du prélèvement, la distance et l'orientation par rapport à la parcelle agricole la plus proche, le type de culture, la présence d'une haie ou non.

L'ONG a engagé cette démarche car elle recevait des demandes de personnes souhaitant connaître leur exposition possible à des pesticides, a expliqué François Veillerette. « Nous avons cherché une méthode facile », a-t-il précisé. « Il peut y avoir une imprécision sur la distance, ça fait partie des limites, mais l'idée est d'avoir des ordres de grandeur », reconnaît François Veillerette. 

« Sur les 30 pesticides recherchés, 15 ont été détectés au moins une fois. Il s'agit de 9 fongicides, 5 herbicides et 1 insecticide », indique Générations futures dans un communiqué. « La distance aux cultures influence ce pourcentage d'occurrence » poursuit l'ONG, ainsi que le nombre de pesticides retrouvés dans chaque échantillon. « Il est plus fréquent de détecter des pesticides à proximité des vignes (94,4 %) par rapport aux grandes cultures (73,1 %) », indique Générations futures.

La campagne reprendra à partir du mois d'avril, dans le but d'avoir « le plus d'échantillons possibles », a ajouté François Veillerette.

Ces résultats « plaident pour la mise en place de zones sans traitements réellement significatives, bien plus larges que les 5 à 10 m prévus actuellement », fait valoir Générations futures, qui préconise une distance de 100 mètres. L'ONG demande « au gouvernement (...) de prendre en compte cette situation afin de renforcer significativement les distances trop faibles actuellement en place ».

Le gouvernement, après un avis du Conseil d'Etat, doit renforcer d'ici fin décembre la réglementation encadrant l'épandage des pesticides. Les distances minimales actuelles entre zones d'épandage et habitations sont de cinq mètres pour les cultures dites basses comme les légumes et céréales, et dix mètres pour les cultures hautes, fruitiers ou vignes, avec des dérogations ramenant ces distances à trois mètres pour les cultures hautes et cinq pour les basses.


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