Ouvrage Actif'Agri Comment favoriser l'emploi en agriculture, en proie à de profonds changements ?

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Efficience économique des fermes, mondialisation et volatilité des marchés agricoles, protection de l'environnement, nouvelles technologies, organisation du travail et du foncier, statuts juridiques des exploitations... aujourd'hui, le métier d'agriculteur n'est plus le même qu'hier. Pour comprendre les mutations importantes qui s'opèrent et les facteurs qui les encouragent, le centre d'études et de prospective du ministère de l'agriculture a mobilisé pendant plus d'un an une quarantaine d'experts. Leurs réflexions et analyses ont été compilées dans l'ouvrage Actif'Agri-Transformation des emplois et des activités en agriculture, qui sort dans quelques jours et vise à dynamiser le secteur.

agriculteur avec un telephone portable dans un champLe métier d'agriculteur a beaucoup changé ces dernières années. (©Googluz, Fotolia) 

Il y a encore quelques décennies, un paysan produisait du blé, du maïs, du lait, de la viande. Il ne cherchait pas autant à optimiser les performances technico-économiques de sa ferme et ne se préoccupait que très peu de l'environnement. Il n'était pas en effet soumis comme actuellement à des marchés agricoles mondialisés et volatiles, et à des contraintes environnementales toujours plus strictes. Il n'était pas non plus équipé de robots pour traire les vaches, de systèmes d'autoguidage sur ses tracteurs, de smartphones regorgeant d'alertes et d'applis en tout genre. Ces dernières années, le métier d'agriculteur a donc considérablement évolué. Il est passé d'une mission de production clairement identifiée à une agrégation complexe d'activités diverses, en lien plus ou moins direct avec l'agriculture.

885 000 actifs permanents en agriculture en 2015, dont :
- 560 000 exploitants ou co-exploitants
- 245 000 travailleurs saisonniers et employés d'ETA et de Cuma (en équivalents temps plein) 

Pour mieux cerner ces modifications profondes et les éléments qui les favorisent, le centre d'études et de prospective (CEP) du ministère de l'agriculture a missionné sur le sujet pendant un peu plus d'un an (de septembre 2017 à décembre 2018) une quarantaine d'experts internes et externes, des chercheurs essentiellement. Ce travail, basé sur des analyses économiques, sociologiques et statistiques croisées, a fait l'objet d'un livre disponible en librairie à partir de fin avril : Actif'Agri-Transformation des emplois et des activités en agriculture. Via des données quantitatives, des réflexions plus qualitatives et de nombreuses infographies, il explique qui sont aujourd'hui les travailleurs de l'agriculture, ce qu'ils font au quotidien ou plus ponctuellement, dans quels lieux et conditions, afin de voir comment ce secteur est en train de se réinventer. 

couverture ouvrage actif agriL'ouvrage Actif'Agri propose les analyses et réflexions croisées d'une quarantaine de chercheurs. (©Ministère de l'agriculture) 

De nouveaux métiers et profils

Ainsi selon l'ouvrage, être agriculteur en 2019, c'est notamment :

  • un choix délibéré plus qu'une destinée à laquelle on se conforme par tradition, pour préserver le patrimoine ou poursuivre l'œuvre familiale ;
  • un projet à la fois professionnel et de vie ;
  • des parcours (milieu d'origine, études, professions exercées avant de s'installer) et activités diversifiés (production, transformation, commercialisation, communication, accueil...), illustrant la pluralité de modèles agricoles possibles, avec à l'inverse de plus en plus de sortie précoce du métier ;
  • s'appuyer sur une main-d'œuvre extérieure plus que familiale, avec moins de travail en couple ou avec ses enfants, mais en recourant davantage au salariat et aux prestations externes, voire déléguant une ou plusieurs activités. Ainsi, les travailleurs de l'agriculture ont des statuts et une visibilité très divers (chef d'exploitation, salarié, saisonnier, prestataire...) ;
  • se soucier de l'organisation et de la planification du travail, pour une meilleure flexibilité et se dégager du temps libre ;
  • une plus grande mobilité professionnelle ;
  • avoir de multiples compétences (techniques, économiques, de gestion, de management, de communication, liées à l'utilisation de nouvelles technologies, etc.) dont certaines peuvent être très pointues ;
  • être capable de se remettre en question, de modifier ses pratiques et d'innover (en développant l'agro-écologie ou les circuits courts par exemple)  pour s'adapter au contexte changeant et relever les multiples défis qui émergent. 

Principale conséquence de ces observations : le métier de chef d'exploitation se rapproche de plus en plus de celui de directeur de petites entreprises dans d'autres secteurs économiques. Par ailleurs, ces changements entraînent des modifications importantes au niveau des conditions de travail. Face à ces constats, le livre insiste sur le rôle des politiques publiques − agricoles, fiscales, sociales mais également dans les domaines de la recherche et de la formation − et sur les évolutions à leur apporter pour encourager l'emploi en agriculture. Celles-ci devraient, entre autres, intégrer davantage la diversité des situations et statuts professionnels observés chez les travailleurs agricoles, ainsi que les problématiques d'organisation du travail et de formation.

Dans une vidéo publiée sur Youtube, Vanina Forget, cheffe du bureau de l'évaluation et de l'analyse économique du ministère de l'agriculture, présente les principales conclusions de l'étude Actif'Agri-Transformation des emplois et des activités en agriculture :

Quelques commentaires publiés sur Facebook à propos de l'ouvrage :

post facebook ouvrage actif agri ministere agriculture (©Page Facebook de Patricia Andriot) 


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