[Présidentielle] Primaire écologiste Découvrez les principales mesures agricoles des candidats verts

Terre-net Média

Dans une semaine, les écologistes commencent le processus de désignation de leur candidat pour l’élection présidentielle de 2022, avec le premier tour de leur primaire. Cinq candidats s’opposent et proposent des mesures différentes, avec parfois un programme assez détaillé pour le secteur agricole. Retrouvez dans cet article leurs propositions pour l’agriculture.

Le premier tour de la primaire des écologistes aura lieur du 16 au 19 septembre.Le premier tour de la primaire des écologistes aura lieu du 16 au 19 septembre. (©Terre-net Média)

Ouverte à tous, la primaire des écologistes aura lieu en deux tours, du 16 au 19 septembre puis du 25 au 28 septembre, exclusivement en ligne. Cinq candidats s’affrontent : le député européen Yannick Jadot, vainqueur de la primaire en 2017, le maire de Grenoble Éric Piolle, Delphine Batho, députée et ancienne ministre de l’écologie sous François Hollande, Sandrine Rousseau, qui a été vice-présidente de la région Nord-Pas-de-Calais, et Jean-Marc Governatori, conseiller municipal de Nice, co-président de Cap Ecologie avec Corinne Lepage.

Traditionnellement, l’électorat écologiste ne se recrute pas dans les rangs des agriculteurs… Et cet état de fait ne semble pas avoir évolué depuis la dernière élection, puisque d’après un sondage publié sur Terre-net entre le 24 et le 31 août 2021, 87 % des répondants n’expriment aucune préférence entre les différents candidats, estimant que tous opposent trop systématiquement agriculture et environnement (NB : les résultats de ce sondage sont indicatifs, l'échantillon n'a pas été redressé).

Une position que regrette d’ailleurs Yannick Jadot lui-même, puisqu’il s’est déclaré « profondément blessé que les difficultés des agriculteurs aient été liées aux combats des écologistes » lors d’un déplacement chez un agriculteur biologique du marais poitevin, mi-août.

Il n’est cependant pas trop tard pour faire votre choix et l'exprimer par un vote. Pour vous aider à y voir plus clair entre les différents projets, voici un résumé des principales orientations agricoles annoncées par les candidats à la primaire. Pour un aperçu rapide, cliquez directement ci-dessous.

 

Eric Piolle veut créer 120 000 emplois en agriculture

L’agriculture figure en première place des « neuf objectifs pour la transition énergétique », première partie du programme du maire de Grenoble, intitulé « Plan pour une transition écologique génératrice d’emploi et de justice sociale ». Il propose ainsi de créer 120 000 emplois nets dans le secteur agricole, en partie grâce à la création de 25 000 fermes communales et agroécologiques. Ces dernières, gérées par les collectivités, permettront d’approvisionner la restauration publique et de développer des circuits courts.

Une proposition qui n’a pas manqué de susciter des réactions…

Eric Piolle propose également de diminuer la taille des élevages en interdisant la construction et l’extension de tout bâtiment d’élevage ne respectant pas la densité maximale et l’accès au plein air des animaux, dès 2023. Il prévoit aussi une grande loi foncière, la réorientation des soutiens publics à l’agriculture vers l’agroécologie et les conversions au bio, une dynamique qui doit permettre d’atteindre 25 % des exploitations agricoles converties à l’agriculture biologique en 2030.

D’autres mesures prévoient de taxer de façon plus importante les engrais azotés, et de revoir le système d’assurance, à travers une augmentation des primes et un abondement structurel de l’État. Le candidat rappelle par ailleurs son opposition aux traités de libre-échange du type Mercosur, et souhaite que la réglementation sur les NBT soit similaire à cette concernant les OGM.

Sandrine Rousseau veut donner « plus de droits à la nature et au vivant »

Dans son programme, Sandrine Rousseau avance plusieurs mesures pour « donner plus de droits à la nature et au vivant ». La candidate souhaite instaurer un droit à la nature, et reprendre l’ensemble des propositions de la Convention citoyenne pour le climat.

Elle souhaite, dans la même logique, renforcer le statut juridique des animaux et le bien-être animal. « Nous étendrons notre justice à la question animale afin de construire un statut juridique des animaux, avec une possibilité de se constituer en justice en défense des animaux », indique son programme.

Sandrine Rousseau propose également de créer un « crime d’écocide » qui irait au-delà du « délit d’écocide » de la loi Climat et résilience. La candidate vise également le « zéro artificialisation nette » dans chaque projet d’aménagement du territoire, et entend interdire l’usage des OGM, des pesticides de synthèses, tout en limitant l’utilisation des engrais. « Par ailleurs, nous durcirons la réglementation pour réduire les émissions de polluants dans les sols, l’air et l’eau », prévoit son programme. Enfin, elle compte « mettre en place une fiscalité carbone juste », et arriver à une production d’énergie « 100 % renouvelable » d’ici à 2050.

Yannick Jadot propose des contrats de transition pour accélérer les conversions bio

Le député européen Yannick Jadot consacre également une part significative de son projet à l’agriculture, dans une partie intitulée « engager la grande transition vers une alimentation et une agriculture respectueuse de la santé, préserver et reconquérir la biodiversité, lutter contre la souffrance des animaux ».

Concrètement, 30 % des fonds de la Pac seraient destinés à soutenir des contrats de transition agricole et alimentaire, contrats permettant l’approvisionnement de la restauration collective publique en 100 % bio d’ici 2030. La TVA serait par ailleurs réduite à 0 % pour les produits bio de proximité.

Parallèlement, le candidat prévoit un soutien massif à l’installation, l’arrêt des importations de soja d’ici 10 ans, et zéro artificialisation nette des sols.

Enfin, il souhaite sortir de l’élevage « intensif » en interdisant l’élevage en cage et les élevages d’animaux à fourrure. Des campagnes de promotion de la consommation de légumineuses et pour la réduction de la consommation de produits carnés seront également déployées.

Delphine Batho, pour « l’écologie intégrale »

Le programme de l’ancienne ministre de l’écologie, présidente de Génération Ecologie, se concentre essentiellement sur la philosophie et les grandes idées qui guident sa vision politique. On trouve ainsi peu de mesures concrètes dans les textes présents sur le site de son parti, qui défend l'écologie intégrale. Dans la lignée de ses combats précédents, Delphine Batho entend donc interdire rapidement un certain nombre de produits phytosanitaires.

La candidate incite en tout cas à «  franchir le Rubicon de la décroissance », qui constitue pour elle un « autre chemin pour l’humanité et la planète ». « La décroissance, c’est le drapeau qui rassemble la lycéenne révoltée, le paysan indépendant, la femme libre, le citoyen engagé, des millions de Françaises et de Français qui peuvent nous donner le droit d’agir pour le changement », précise-t-elle dans sa vidéo de campagne.

Jean-Marc Governatori : 30 propositions pour une agriculture durable

Dans le projet du conseiller municipal de Nice, Jean-Marc Governatori, figure un Pacte pour l'agriculture, avec 30 propositions qui ambitionnent notamment de « simplifier la loi pour permettre aux petits paysans de commercialiser en circuit court leurs semences librement reproductibles ».

Il s'agit également d'accélérer la conversion au bio (conversion « de toutes les terres en dans un délai de 20 ans », mais aussi d'encourager « la multiplication des jardins partagés et la promotion de la permaculture comme de la biodynamie ». 

Son programme comporte également des mesures pour lisser le revenu des agriculteurs et augmenter le montant des retraites agricoles, développer une politique foncière ambitieuse et l'agriculture en périphérie des villes, l'arrêt des monocultures, ainsi que la promotion des modèles alimentaires végétarien et végétalien

Outsider de cette primaire, il appelle par ailleurs à « sortir l’écologie de la gauche », estimant que « la France est un pays de droite, et s'afficher à gauche, c'est être condamné à finir troisième »…

Si vous souhaitez davantage d'informations concernant la primaire des écologistes et, pourquoi pas, vous inscrire (avant le 12 septembre) pour voter, vous pouvez consulter le site internet dédié.  


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