; La Conf' demande un plan à 1,2 Mrd€ pour faire face à la sécheresse

Sécheresse La Confédération paysanne demande un fonds d’urgence

Terre-net Média

En amont d’une réunion qui doit se tenir le 3 octobre avec le ministre de l’agriculture, la Confédération paysanne demande des solutions de court terme pour soutenir les agriculteurs victimes de la sécheresse et leur permettre de survivre financièrement avant de pouvoir toucher des aides ou des avances éventuelles.

Pour la Confédération paysanne, l'accès à l'eau doit être réservé en priorité à l'abreuvement des animaux, au maraichage, ou encore à l'arboriculture.Pour la Confédération paysanne, l'accès à l'eau doit être réservé en priorité à l'abreuvement des animaux, au maraichage, ou encore à l'arboriculture. (©Terre-net Média) 

« Des éléments de court terme et de réponse d’urgence », c’est ce que Nicolas Girod, porte-parole national de la Confédération paysanne, attend du ministre de l’agriculture, en amont du Sommet de l’élevage qui doit se tenir la semaine prochaine à Cournon d’Auvergne, dans une région d’élevage qui a subi la sécheresse de plein fouet.

Pour le syndicat, les mesures actuellement prévues pour faire face aux conséquences de la sécheresse sont insuffisantes. Ainsi, « le dégrèvement de la TFNB est très faible », poursuit Nicolas Girod, et « les propriétaires ne le rebasculent pas toujours » aux fermiers. Quant aux avances des aides Pac, elles ne concernent pas les petites fermes, les exploitations qui ont fait le choix de cultures très diversifiées, ou le maraichage, qui ne touchent pas ou très peu d’aides.

Un fonds d’urgence chiffré à 1,2 milliard d’euros

L’activation du dispositif des calamités ne permettra, par ailleurs, que des indemnisations au printemps, et « d’ici là, il va falloir passer le cap », insiste le porte-parole de la Confédération paysanne. Car les difficultés de trésorerie sont réelles dans de nombreuses exploitations, comme en témoigne Aurélien Mourier. Eleveur de bovins et de chèvres en Ardèche, il n’a pu récolter cette année que 40 % de son fourrage, et les animaux n’ont pu pâturer que 80 jours au lieu de 180 habituellement. La production laitière a baissé de 20 % soit 15 000 euros de chiffre d’affaires en moins. Il a, en parallèle, acheté pour 7000 euros de fourrage et vendu trois vaches.

« Ceux qui ont décapitalisé ne vont pas forcément avoir un chiffre d’affaires en baisse, vont-ils être pris en compte dans le dispositif des calamités ? », demande d’ailleurs Nicolas Girod. Fin août, le ministre avait annoncé travailler à un fonds d’urgence pour soutenir les éleveurs, rappelle le porte-parole de la Confédération paysanne. « Depuis le 29 août, il ne s’est rien passé », remarque-t-il.

Pour le syndicat, il faudrait que ce fonds d’urgence, élargi à tous les agriculteurs, soit doté de 1,2 milliard d’euros pour répondre aux besoins. « Si on veut avoir une alimentation de qualité, une agriculture paysanne accessible au plus grand nombre, il faut d’abord sauver les paysannes et paysans qui pourraient se retrouver sur le carreau suite à la sécheresse », insiste-t-il.

En parallèle, la Confédération paysanne demande à mieux prioriser l'accès à l'eau. « Sur la totalité de la surface agricole utile, 93 % n’est pas irriguée. Sur les 7 % qui le sont, 48 % sont dédiés au maïs. L’eau doit être réservée en priorité au maraichage, à l’abreuvement des animaux, à l'arboriculture, à la transformation », explique ainsi Marie-Pierre Répécaud, secrétaire nationale du syndicat.


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