Viticulteurs Le gouvernement planche sur des aides pour compenser les droits de douanes US

AFP

Le gouvernement devrait prochainement accorder des aides aux viticulteurs pour compenser l'application de taxes américaines sur le vin français, dont une nouvelle salve doit s'appliquer à partir du 12 janvier, a-t-on appris jeudi auprès de Bercy.

Le ministre de l'économie s'est dit « favorable et ouvert à des compensations et à des mesures d'aides », réclamées avec force par les viticulteurs, a indiqué Bercy à l'AFP, à l'issue d'une réunion entre les représentants de la filière viticole et quatre ministres : Bruno Le Maire (économie), Julien Denormandie (agriculture), Franck Riester (commerce) et Alain Griset (PME).

« Nous avons exprimé la colère de la filière viticole face à une situation injuste qui dure depuis plus d'un an et nous félicitons de l'écoute attentive que nous ont accordé les ministres » ont déclaré à l'AFP deux représentants du secteur, Jérome Despey et César Giron, à l'issue de la réunion.

Les deux responsables estiment l'impact de l'ensemble des taxes américaines sur les vins français à 1 milliard d'euros de perte de chiffre d'affaires. Chiffre comparable aux 1,2 milliard d'euros de vins et spiritueux exportés vers les États-Unis en 2019. « C'est comme si on rayait de la carte la production viticole de toute l'Occitanie ou de toutes les Côtes de Provence » a souligné M. Giron.

Le 31 décembre, Washington avait décidé d'augmenter de 25 %, à compter du 12 janvier, les droits de douanes sur les vins non pétillants, moûts de raisin et cognacs, et de 15 % sur des pièces aéronautiques, tous en provenance d'Allemagne et de France.

Ces taxes s'ajouteront à celles imposées depuis 2019 sur des importations européennes comme le vin, le fromage ou les avions d'Airbus, dans le cadre du bras de fer commercial qui oppose l'UE et les États-Unis sur les aides publiques à l'aéronautique.

Pour soutenir les viticulteurs, Bercy envisage notamment de « faire bénéficier les viticulteurs de l'indemnisation à hauteur de 20 % du chiffre d'affaires mensuel, jusqu'à 200 000 euros », mise en place fin 2020 pour les entreprises affectées par la crise sanitaire.

Il travaille aussi avec les banques et Bruxelles à reporter d'un an le début du remboursement des Prêts garantis par l'État (PGE) accordés aux entreprises pénalisées par la pandémie.

Autre chantier à l'étude : renforcer le soutien à l'export et à la compétitivité de la filière française, a indiqué le ministère.

Mais Paris souhaiterait aussi que Bruxelles mette la main au portefeuille dans ce dossier. Les quatre ministres vont écrire à la Commission européenne pour « exiger un travail européen sur des mesures de compensations », indique-t-on à Bercy, où on juge « inacceptable » que Bruxelles ne prévoie rien pour les secteurs touchés par ricochets dans ce bras de fer commercial.

Ces propositions surviennent le jour où devaient entrer en vigueur des droits de douane supplémentaires sur des produits français, en représailles à la taxe sur le numérique mise en place par la France. Washington n'a pas encore confirmé leur entrée en vigueur, mais a menacé l'Inde, l'Italie et la Turquie de représailles à la mise en place de leurs propres taxes sur le numérique.

« Il y a nécessité de trouver une solution rapide pour garder la compétitivité de nos entreprises et de nos produits sur le marché » a déclaré Jerome Despey, président du conseil viticole de FranceAgriMer : « Nous ne pouvons plus attendre ». « Il y a aujourd'hui beaucoup de vins bloqués dans des ports français, dans des containers expédiés après les fêtes de Noël vers les États-Unis qui sont revenus au port car les importateurs américains ne veulent pas payer les taxes de dédouanement » a précisé M. Giron, président de la Fédération des exportateurs FEVS.


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