Moisson en berne Les céréaliers demandent un « plan d'urgence »

AFP

Les producteurs de blé demandent jeudi au gouvernement un « plan d'urgence » pour soulager leurs trésoreries, confrontées à une moisson inférieure d'au moins 20 % à celle de l'an dernier. (Article mis à jour le 07/08 à 9h30)

« Avec une production évaluée en deçà des 30 millions de tonnes pour le blé tendre, les céréaliers français vont vivre une campagne particulièrement tendue, peut-être l'une des pires depuis 30 ans », affirme le syndicat des producteurs de blé (AGPB) dans un communiqué.

Les cultures de blé ont été pénalisées par les pluies automnales dans le grand Ouest, qui ont rendu impossibles les semis dans de nombreux bassins de production, entraînant un fort recul des surfaces. Le manque d'eau au printemps a achevé de réduire les rendements.

« Venant après six années extrêmement difficiles qui ont déjà fortement pesé sur les revenus, ce contexte va accroître les difficultés des exploitations et mettre en péril un nombre significatif d'entre elles », poursuit l'AGPB.

Au lendemain d'une rencontre avec le ministre de l'agriculture Julien Denormandie dans le Cher, l'AGPB demande « l'adoption sans attendre d'un plan de mesures exceptionnelles avec notamment la mise en place de cellules de crise dans les départements les plus impactés, le déblocage du fonds d'allègement des charges, l'exonération de la taxe sur le foncier non bâti » ou encore une avance des aides européennes de la politique agricole commune (Pac).

Devant Julien Denormandie, « les agriculteurs ont pu expliquer les conditions dramatiques de la récolte, pire qu'en 2016. Au niveau de l'AGPB, on constate une baisse moyenne de 20 % de la production. Ça nous fait des revenus proches de zéro cette année », a rapporté à l'AFP le président de l'AGPB, Éric Thirouin.

Dans une note de conjoncture publiée mercredi, Agreste, le service statistiques du ministère de l'agriculture, estimait pour sa part que « la production de blé tendre atteindrait 29,7 millions de tonnes » cette année, en baisse de 24,9 % sur un an et de 15,9 % par rapport à la moyenne 2015-2019.

Jeudi soir, FranceAgriMer, et les deux instituts techniques Arvalis et Terres Innovia ont indiqué que la moyenne des rendements s'établirait à 68,3 quintaux à l'hectare, soit un recul de 4 % par rapport à la moyenne quinquennale. Ils ont publié d'autres statistiques, confirmant la mauvaise récolte 2020, sauf pour les orges de printemps.

Ainsi la production d'orges d'hiver est estimée à 7,7 millions de tonnes, en baisse de 22 % par rapport à la moyenne quinquennale. Celle d'orges de printemps est attendue à 4,3 millions de tonnes, une hausse de 37 % sur la période 2015-19, imputable à une augmentation de 52 % des surfaces ensemencées.

La production de blé dur, utilisé dans la fabrication des pâtes, est annoncée à 1,3 millions de tonnes, en recul de 28 % par rapport à la période 2015-2019.


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