Confédération paysanne Pac, foncier et installation : les priorités de la nouvelle équipe nationale

Terre-net Média

Suite à leur congrès annuel qui se tenait en avril dernier, les membres du comité national de la Confédération paysanne ont renouvelé, mercredi 15 mai, leur secrétariat national. Précédemment en charge de l’élevage et du suivi des Etats généraux, le Jurassien Nicolas Girod devient porte-parole. Parmi ses priorités, la Confédération paysanne compte se focaliser, dans les prochains mois, sur la réforme de la Pac, le foncier, et la question du renouvellement des générations.

De gauche à droite, Véronique Marchesseau (Morbihan), Nicolas Girod (Jura) et Jean-François Périgné (Charente-Maritime) ont été élu respectivement secrétaire générale, porte-parole et trésorier de la Confédération paysanne.De gauche à droite, Véronique Marchesseau (Morbihan), Nicolas Girod (Jura) et Jean-François Périgné (Charente-Maritime) ont été élus respectivement secrétaire générale, porte-parole et trésorier de la Confédération paysanne. (©Terre-net Média)

Les membres du comité national de la Confédération paysanne étaient réunis les 15 et 16 mai au siège national du syndicat pour désigner les nouveaux membres de leur secrétariat national et valider les orientations et priorités syndicales pour le nouveau mandat de deux ans.

Déjà membre du secrétariat national ces deux dernières années, l’éleveur laitier du Jura Nicolas Girod remplace ainsi Laurent Pinatel au poste de porte-parole de la Confédération paysanne. Il sera entouré, entre autres, de Véronique Marchesseau, à la tête d’un troupeau de vaches allaitantes dans le Morbihan et élue secrétaire générale, et de Jean-François Périgné, mytiliculteur sur l’Ile d’Oléron, élu trésorier. Damien Houdebine, paysan-boulanger et éleveur ovin dans la Sarthe, et Denis Perreau, céréalier et éleveur en Côte-d’Or, complètent ce nouveau secrétariat national.

« Défendre une autre direction pour l’agriculture européenne »

« Nous sortons regonflés par les élections des chambres d’agriculture, par la légitimité de notre projet, et par le dynamisme de notre dernier congrès autour de trois valeurs : le partage, notre détermination et notre conviction », a expliqué Nicolas Girod lors d’une conférence de presse jeudi 16 mai. « Le tout pour défendre une autre direction à l’évolution de l’agriculture française et européenne, pour qu’elle soit plus favorable à l’installation et aux attentes sociétales et environnementales. »

Parmi les dossiers prioritaires du troisième syndicat agricole pour les deux prochaines années : « la réforme de la Pac, la protection du foncier agricole et le renouvellement des générations », avec en toile de fond les combats historiques du syndicat autour de « l’urgence sociale, environnementale et climatique ».

A brève échéance, le syndicat compte défendre une « autre approche de la Pac », notamment en collaborant avec la plateforme « pour une autre Pac ». Avec les autres syndicats, la Confédération paysanne a participé aux premières réunions de concertation organisées par la DGPE (Direction générale de la performance des exploitations) en vue de définir le plan stratégique français demandé par Bruxelles. « Il nous semble important, dans la prochaine Pac, de conforter un pilier de la régulation et de la maîtrise des volumes, explique Nicolas Girod. Depuis la dérégulation laitière, le plus gros bénéficiaire de la Pac, c’est Lactalis, avec les aides au stockage de poudre. Il y a quelque chose qui ne va pas. »

« Redonner du poids au schéma des structures et aux Safer »

Pour cette réforme de la Pac, la Confédération paysanne veut défendre une « réorientation des aides à la surface vers les actifs ». « Nous demandons un plafonnement des aides à 45 000 € par actif, avec une dégressivité des soutiens à partir de 25 000 € par actif. »

Pour favoriser les petites exploitations employeuses de main-d’œuvre, le syndicat veut aller plus loin dans la majoration des premiers hectares, et défend une aide spécifique de 5 000 € par actif pour les petites exploitations de moins de 10 ha.

Le syndicat attend aussi beaucoup du projet de loi foncière, que le Gouvernement a promis lors de son congrès. « Cette loi foncière doit protéger le foncier de l’artificialisation. L’objectif de ne plus consommer d’hectare agricole est très ambitieux. Mais le schéma "éviter, réduire et compenser" doit être respecté », explique Véronique Marchesseau. « Il faut redonner du poids au schéma des structures pour favoriser l’installation plutôt que l’agrandissement. Et redonner du poids aux Safer pour limiter le transfert de terres via des montages sociétaires. »

Après des réunions de concertation, le projet de loi devrait être présenté par le Gouvernement à l’automne 2019 pour être débattu au Parlement au printemps 2020.

Enfin, le syndicat compte défendre des solutions de portage du foncier pour, justement, permettre à des nouveaux arrivants de s’installer en agriculture, plutôt que de voir des terres non exploitées ou transférées à des exploitations en recherche d’agrandissement.

« Avec le départ en retraite de très nombreux agriculteurs ces prochaines années, il y a urgence à mettre en place des politiques cohérentes pour que ces ces terres libérées ne partent pas à l’agrandissement », résume la secrétaire générale.


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