ZNT Une décision qui inquiète agriculteurs et associations écologistes

Delphine Jeanne avec AFP Terre-net Média

Après les annonces du gouvernement au sujet des distances minimales d'épandage de pesticides à proximité des habitations, les réactions ne se sont pas faites attendre, du côté des agriculteurs, inquiet de ces nouvelles contraintes, ou des associations écologistes, qui considèrent que la décision ne va pas assez loin.

Les distances minimales à respecter entre les habitations et l'épandage de pesticides ont finalement été annoncées par un communiqué du ministère de l'Agriculture le 20 décembre en fin d'après-midi : cinq mètres pour les cultures dites basses comme les légumes et céréales et dix mètres pour les cultures hautes, fruitiers ou vignes. Une distance portée à 20 mètres pour les produits « les plus dangereux », qui ne représentent toutefois qu'environ 0,3% des substances actives utilisées (le glyphosate n'en fait d'ailleurs pas partie). 

Une "avancée" importante, pour le Gouvernement

« Nous sommes déterminés à renforcer la protection de la santé des populations riveraines de zones de traitement (...), ainsi que celle des exploitants agricoles. Le gouvernement entend aussi faciliter le dialogue entre agriculteurs, riverains et élus locaux », a insisté la ministre de l'Environnement Elisabeth Borne dans un communiqué.

Le ministre de l'agriculture Didier Guillaume estime de son côté que le gouvernement s'appuie sur « l'état des connaissances scientifiques actuellement disponibles ». Dans son communiqué, Didier Guillaume souligne les « avancées » que représente le simple fait d'avoir des limitations, présentes dans « très peu de pays en Europe » (Slovénie, Italie ou quelques Lander allemands).

Les ONG et la Conf' très critiques

L'ONG Générations futures, très impliquée sur ce dossier, a rapidement annoncé « étudier toutes les possibilités de recours », et dénoncé « des mesurettes qui n'apaiseront en rien les situations locales ».

Dans le même état d'esprit, la Fondation Nicolas Hulot a critiqué des décisions qui « ne répondent pas aux enjeux de santé publique et de protection de l'environnement », alors que France Nature Environnement dénonçait un « cadeau de Noël empoisonné ».

L'association Agir pour l'environnement fustige de son côté « la surdité du gouvernement sur l'urgence sanitaire et environnementale », alors que la Confédération paysanne dénonce des décisions pour « dédouaner le gouvernement de sa responsabilité à protéger la population» et réclame « une vraie politique publique de sortie des pesticides ».

Déception de la FNSEA et de JA qui définiront leur stratégie "à la rentrée"

Dans un communiqué diffusé juste après les annonces, la FNSEA et JA ont fait part de leur "profonde incompréhension". Pour Eric Thirouin, secrétaire général adjoint FNSEA, «ce n'est pas une victoire». Et de pointer une « incompréhension totale de la mesure de distances incompressibles de 20 mètres, ce qui est le double de ce qui était prévu ». Les membres du syndicat « vont se réunir à la rentrée pour définir une stratégie », a-t-il ajouté.



Le syndicat des industries phytosanitaires UIPP n'a de son côté pas souhaité réagir.


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