« Ce que nous ne transmettons pas aujourd'hui dans nos classes, nous risquons très fortement d'avoir à le payer demain, malheureusement, à l'hôpital », a déclaré la députée lundi lors d'une conférence de presse en ligne. « C'est un sujet de santé publique, un sujet aussi de culture et de souveraineté agricole, mais aussi un sujet de finances publiques », a-t-elle ajouté.
Le texte pourrait être débattu lundi soir à l'Assemblée nationale. Si les débats prennent du retard, il reviendrait en mars ou avril. Il prévoit, à titre expérimental pour trois ans et sur la base du volontariat des académies, trois séances minimum par an d'éducation à l'alimentation, de la petite section de maternelle au CM2. Des parcours sont également prévus au collège et dans les lycées professionnels.
En outre, « cette proposition crée un fonds d'action » pour « accompagner financièrement les communes les plus modestes dans l'organisation d'activités pédagogiques, d'interventions extérieures ou encore de visites scolaires » sur ce thème, a précisé la députée.
Ce fonds « pourrait être abondé à la fois par l'État à moyens constants », via des lignes budgétaires redéployées du ministère de l'Agriculture, mais aussi en proposant « que des entreprises privées dans un cadre de neutralité totale et encadrée par un opérateur public, puissent éventuellement contribuer ».
Selon un Sondage OpinionWay pour l'Assemblée nationale, publié lundi également, 87 % des Français disent être favorables à la création d'un enseignement scolaire pour apprendre aux enfants à bien manger : saisonnalité des fruits et légumes, équilibre, préparation des repas, ...
Les 15-25 ans sont par exemple 41 % à ne jamais acheter d'endives, et 32 % à ne jamais acheter de choux, selon l'étude. « On aurait pu citer le chou-fleur, qui (est) accessoirement en très forte production dans notre pays, pour ne pas dire surproduction, ce qui pose aussi un problème de débouchés », a indiqué Olivia Grégoire.
La députée a déploré que « l'obésité aujourd'hui progresse beaucoup plus vite que nos politiques de prévention, (...) près d'un adulte sur deux est en surpoids et 1 sur 5 en France est obèse. L'obésité, elle a doublé chez les adultes en 30 ans et elle a été multipliée par 4 chez les 18-24 ans en 30 ans ».