Face à la jaunisse de la betterave, « les mesures de prophylaxie doivent être appliquées partout et par tous pour être efficaces », rappelle l'Institut technique de la betterave (ITB).
Cela démarre dès l'enlèvement des betteraves, il est recommandé « d'épandre les cordons de déterrage puis de les enfouir. Pour des enlèvements tardifs, il est également possible de rassembler les andains de déterrage et de bâcher le tas de terre. Pourquoi est-ce nécessaire ? Si la parcelle de betterave était contaminée par la jaunisse, les repousses sur les tas de terre deviennent des réservoirs viraux capables d’attirer les pucerons au printemps. Une fois infectés, les pucerons vont migrer sur une parcelle de betterave ».
« La destruction de ces repousses permet, dans le même temps, de gérer d’autres bioagresseurs (inoculum de cercosporiose, populations de teignes qui peuvent passer l’hiver sous forme de chrysalides sur des betteraves). »
Détruire les repousses de betteraves et les couverts
L'institut conseille également de détruire les couverts d’interculture contenant des crucifères, de la phacélie ou de la féverole avant fin février. Les crucifères (moutarde, radis) sont des hôtes du puceron vert Myzus persicae, comme la phacélie. Cette dernière constitue aussi un réservoir des virus BYV et BtMV. Quant à la féverole, elle est l'hôte principal d’Aphis fabae et un réservoir de BtMV).
Pour ceux qui n'ont pas épandus à l'automne, attention aux cordons de déterrage avant les semis de betteraves. « En présence de repousses, il est indispensable de les éliminer (retournement mécanique, bâchage, destruction chimique avec du glyphosate dans le respect de la réglementation). Les silos de betteraves fourragères doivent être surveillés de la même manière. » Il convient également de « surveiller les repousses dans la culture qui suit la betterave, les situations de TCS sont particulièrement à risque ».
La préparation de sol avant le semis est un autre point d'attention fondamental : « les parcelles qui présentent une implantation lente des betteraves et des plantules peu vigoureuses attirent les pucerons ». « En 2025, les semis précoces se sont montrés plutôt indemnes de jaunisse comparés aux parcelles semées trois semaines plus tard. Ce qui met en avant l’importance de semer le plus tôt possible pour éviter les dates usuelles d’arrivée des pucerons » a aussi souligné Ghislain Malatesta, directeur du département expérimentation de l’ITB, lors d'une visite d'essais sur la ferme pilote d’expérimentation de Tilloy-lès-Mofflaines (Pas-de-Calais).