Vous, président
La rémunération reste la première priorité des agriculteurs

Les propositions des agriculteurs en faveur de la rémunération. (©Terre-net Média)
Les propositions des agriculteurs en faveur de la rémunération. (©Terre-net Média)

Le compte n’y est pas en matière de rémunération des agriculteurs, en tout cas pas suffisamment, selon vous, pour que le prochain président de la République n’inscrive pas cette question dans les priorités urgentes de son quinquennat. Interrogés via notre article « Vous, président », un grand nombre d’entre vous citent en effet la rémunération comme le premier sujet à traiter par le futur chef de l’État.

Si d’autres thèmes se démarquent, comme les normes et la réglementation, ou les retraites, la problématique du revenu agricole reste en tête des préoccupations, malgré les différentes actions entreprises par Emmanuel Macron tout au long de son quinquennat. 

Deux lois en cinq ans

Dès 2017, le chef de l’État a pourtant, comme il l’avait promis, mis en place les États généraux de l’alimentation qui ont abouti à la loi Égalim votée en 2018. Afin de « redonner du pouvoir aux producteurs dans la chaîne de valeur », la loi a encadré les promotions, donné plus de pouvoir aux organisations de producteurs, et devait favoriser la construction des prix à partir d’indicateurs de coût de production définis par les interprofessions.

Constatant l’efficacité limitée de cette loi, le gouvernement a instauré de nouveaux dispositifs de régulation et de transparence pour obliger transformateurs et distributeurs à prendre en compte le coût de la matière première agricole, à travers la loi n° 2021-1357 du 18 octobre 2021 visant à protéger la rémunération des agriculteurs, dite Égalim 2 et promulguée en octobre 2021. Le gouvernement se veut particulièrement attentif à l’application de ce nouveau cadre législatif dans les négociations commerciales actuelles. Il est néanmoins trop tôt pour évaluer l’efficacité de la loi et constater des résultats dans les cours de ferme…

« Prix planchers, faire appliquer la loi, revenu minimum…»

Vous êtes donc plus de 360 répondants à ce jour à proposer vos solutions pour assurer un revenu digne aux agriculteurs. Plusieurs souhaitent, logiquement, faire appliquer les lois Égalim, par exemple « en instaurant un service public dédié spécifiquement à leur respect (contrôle, organisation mensuelle de revu de prix payé minimum) », ou en « imposant par la loi aux industriels de payer le lait à sa juste valeur ». 

 

D’autres ne comptent plus sur cette loi et proposent une rémunération pour les services environnementaux rendus (captation du carbone, entretien du paysage…), de « rendre le revenu agricole non imposable », ou même de revenir aux prix garantis. Le sujet de la rémunération semble en effet plus vaste que celui des relations commerciales (encadrées par les lois Égalim), thématique citée comme prioritaire pour seulement 10 % des répondants.

Certains proposent ainsi de « rétablir les offices afin de garantir les prix payés aux agriculteurs », ou encore « des prix fixés par l'État lui-même, prenant en compte la moyenne de coût de production par région ». Ce qui pourrait, pour d’autres, prendre la forme d’une « loi du revenu agricole et de la souveraineté alimentaire », permettant « d’interdire la vente à perte des produits agricoles et mettre en œuvre de façon obligatoire la régulation de la surproduction de toutes denrées agricoles via les interprofessions ».

Enfin, la question d’un revenu minimum, qui permettrait également de favoriser les installations, est un autre thème désigné comme faisant partie des priorités à mettre à l’agenda présidentiel, tout comme les retraites, en dépit des avancées obtenues sur le sujet ces dernières années.

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