Marché du blé tendre A la reconquête de nos marchés traditionnels à l’export

Terre-net Média

Avec une moisson 2017 dans la moyenne en termes de rendements et de volumes collectés, la France doit retrouver son rang sur les marchés d’exportation de blé tendre. La bonne qualité des blés français, notamment en protéines, par rapport à ses concurrents européens et internationaux facilitera la tâche des opérateurs.

Le disponible de blé tendre à l'export s'élève à 18,4 Mt pour la campagne de commercialisation 2017-2018, selon Agritel.Le disponible de blé tendre à l'export s'élève à 18,4 Mt pour la campagne de commercialisation 2017-2018, selon Agritel. (©Terre-net Média)

Si le cabinet de gestion du risque de prix Agritel partage les inquiétudes des céréaliers de l’AGPB quant aux perspectives de revenus pour l’année 2017, la campagne de commercialisation 2017-2018 qui vient de démarrer, devrait éloigner le souvenir encore frais d’une campagne 2016-2017 marquée par un recul inédit des exportations françaises de blé, faute de disponibilités.

Avec une collecte prévisionnelle estimée à 33,7 Mt, la disponibilité des blés français pour le marché s’élève à près de 37 Mt en 2017, dont 50 % seront disponibles à l’export, soit environ 18,4 Mt, selon Agritel. De quoi oublier quelque peu une campagne de commercialisation 2016-2017 moribonde, avec à peine 12 Mt de blé tendre exportées.

Même si, en termes de rendements, la moisson 2017 est tout juste dans la moyenne (71,5 q/ha contre 74 q/ha de moyenne olympique sur cinq ans), la qualité est au rendez-vous. « 72 % des blés tendres ont un taux de protéines supérieur à 12 %. » « C’est une nette amélioration par rapport au 11,1 % de la moyenne 2013-2015 », commente-t-on chez Agritel. 73 % des blés collectés ont un poids spécifique supérieur à 76 kg/hl. Et 83 % des blés ont un indice de chute de Hagberg supérieur ou égal à 140 secondes.

Taux de protéines des blés français en 2017 et évolutionTaux de protéines des blés français en 2017 et évolution. (©Agritel) 

Poids spécifiques et temps de chute de Hagberg des blés 2017.Poids spécifiques et temps de chute de Hagberg des blés 2017. (©Agritel)

Alors qu’un manque de protéines des blés est constaté globalement sur la scène internationale, la très bonne qualité des blés français constituera un avantage commercial à l’exportation, pour reconquérir des marchés traditionnels que la France n’avait pu honorer l’an dernier, faute de disponibilités.

Maghreb, Afrique de l'Ouest, Union européenne...

Ceci dit, la France va revenir sur des marchés exports en évolution. « Les exportations vers les pays tiers sont croissantes mais les exportations vers nos voisins européens sont en baisse, à cause notamment de la concurrence accrue des pays européens de l’Est », explique Agritel. Et pourtant, le cabinet estime le potentiel d’export de blé français dans l’UE à 8,2 Mt, contre 7,3 Mt en moyenne sur la période 2012-2015.

Répartition des exportations françaises de blé tendre.Répartition des exportations françaises de blé tendre. (©Agritel)

Le potentiel de débouchés est aussi important dans la vingtaine de pays d’Afrique sub-saharienne. Autour de 2,4 Mt pourraient être exportées vers ces pays. « Du fait de la récolte de qualité, le blé français retrouvera de l’intérêt auprès des meuniers d’Afrique de l’Ouest. Globalement, vers le continent africain, « la France pourrait reprendre des parts de marché aux Allemands, pénalisés par une qualité dégradée cette année ».

Potentiel d'export des blés français (en noir les exportations moyennes 2012-2015, en vert, le potentiel 2017)Potentiel d'export des blés français (en noir les exportations moyennes 2012-2015, en vert, le potentiel 2017) (©Agritel)

Vers le Maghreb, il sera difficile de retrouver les niveaux d’embarquement à destination du Maroc. « Le Maroc a fait une très bonne récolte. Le marché local sera probablement protégé jusqu’à la fin de l’année. Sur ce débouché, il faudra être particulièrement compétitif par rapport à nos concurrents pour retrouver des volumes. »

Vers l’Algérie, la campagne de commercialisation des blés français a d’ores et déjà très bien démarré. « Sur juillet et août, nous faisons 100 % de parts de marché. C’est un très bon début de campagne. Mais nous aurons de la concurrence avec les blés argentins en deuxième partie de campagne. »

« On va faire de beaux volumes à l’export », résume Alexandre Boy, analyste chez Agritel. Mais à quel prix ? Car la parité euro-dollar ne joue clairement pas en faveur de la France – et de l’Europe – sur le commerce des grains. « La parité monétaire fait perdre 20 €/t aux agriculteurs français… »


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