Projections de la FAO et de l'OCDE À quoi pourraient ressembler les marchés mondiaux du maïs d’ici à 2030 ?

Terre-net Média

Entre hausse de la production et de la consommation, comment pourraient évoluer les prix mondiaux du maïs grain dans la décennie qui vient ? Dans leur rapport annuel dédié aux Perspectives agricoles, la FAO et l’OCDE détaillent leurs projections.

Deux épis de bléLa FAO et l'OCDE misent sur une hausse de la production de maïs dans le monde à l'horizon 2030. (©Pixabay)

Comme chaque année, la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) et l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) ont collaboré pour établir des projections et évaluer l’évolution des marchés des produits agricoles, halieutiques et aquacoles et des biocarburants dans les dix ans à venir.

Côté production, elles prévoient une hausse importante des rendements de maïs d’ici à 2030 : environ 10 % par rapport à la période 2018-2020. Cela grâce à l’amélioration de la technologie et des pratiques agricoles, notamment dans les pays en voie de développement. La superficie mondiale de maïs devrait, elle aussi, augmenter.

Pour lire le rapport de la FAO et l'OCDE, c'est ici !

Résultat : une production de maïs en hausse, emmenée d’abord par la Chine, où la demande d’aliments pour animaux augmenterait de 3 % par an en dix ans après des mesures mises en place par le gouvernement en 2016 pour stopper l’accumulation des stocks.

Une importante hausse de production est prévue aussi aux États-Unis, mais un peu ralentie par rapport à la décennie 2010-2020 car la demande intérieure risque de perdre en dynamisme et les superficies de maïs d’être concurrencées par le soja pour les surfaces agricoles.

La production de maïs va aussi probablement augmenter au Brésil, surtout en seconde récolte après le soja, et en Ukraine, grâce à la fertilité des sols et l’intégration croissante du maïs dans la rotation des cultures.

Forte hausse de la consommation pour l’alimentation animale

Parmi toutes les céréales, c’est le maïs qui devrait connaître la plus forte hausse de la consommation pour l’alimentation animale, grâce notamment à l’essor de la volaille dans les pays en développement. La demande d’aliments pour animaux passerait de 116 à 787 millions de tonnes, avec en tête les États-Unis, la Chine et l’Asie du Sud-est.

L’utilisation du maïs pour l’alimentation humaine devrait surtout augmenter en Afrique subsaharienne, où la croissance de population est forte et le maïs blanc un aliment de base important.

N’oublions pas la consommation de maïs pour la production de biocarburants, qui a plus que doublé entre 2007 et 2020. Sur 2021-2030, la FAO et l’OCDE estiment qu’elle diminuera de 0,5 % par an. L’utilisation d’éthanol fabriqué à partir du maïs devrait augmenter au Brésil, mais baisser aux États-Unis sous l’effet du recul de l’utilisation de l’essence.

Remettre de l'essenceLa consommation de maïs pour la production de biocarburants pourrait diminuer de 0,5 % par an entre 2021 et 2030 (©Pixabay) Les exportations de maïs devraient progresser, pour atteindre 207 millions de tonnes à l’horizon 2030. Elles seront probablement trustées par l’habituel peloton de tête. D’abord les États-Unis, puis le Brésil, suivies par l’Ukraine, qui supplanterait l’Argentine en tant que 3e exportateur mondial de maïs.

L’Afrique du Sud continuera a priori à approvisionner sa région, mais avec une faible marge de progression car elle produit des variétés OGM qui font l’objet de restrictions dans les pays voisins.

Les cinq premiers pays importateurs de maïs devraient maintenir leur part d’environ 40 % sur la période 2021-2030. L’Égypte doublerait la Corée du Sud en tant que 5e importateur mondial, derrière l’Union européenne, le Japon, le Mexique et le Vietnam.

Vers un prix international du maïs à 163 $/t en 2023 ?

La FAO et l’OCDE jugent que le prix international du maïs, c’est-à-dire le prix à l’exportation du maïs jaune de catégorie 2 aux ports des États-Unis, va renouer avec sa tendance à long terme et baisser par rapport aux niveaux de 2020-2021. Il s’établirait d’ici à 2023 à 169 dollars la tonne.

Ensuite, la diminution des stocks et la forte demande mondiale d’aliments pour animaux devraient soutenir le prix du maïs, qui atteindrait près de 200 dollars la tonne en 2030 en valeur nominale, c’est-à-dire sans tenir compte des effets de l’inflation.

Mais attention : la FAO et l’OCDE rappellent que leur rapport dresse bien des projections à partir de scénarios jugés probables, mais absolument pas certains. De nombreux éléments pourraient les contredire en jouant sur l’offre, la demande, la volatilité des prix.

Par exemple, les phénomènes météo extrêmes risquent d’entraîner une plus grande volatilité des rendements, avec des conséquences sur les marchés mondiaux.

D’autres facteurs peu prévisibles peuvent intervenir : crise économique ou sanitaire, mouvements des taux de change, hausse des prix de l’énergie, ravageurs, maladies des plantes…

Sans oublier l’action des pouvoirs publics. L’importance croissante de la notion de durabilité dans la Politique agricole commune, la politique des États-Unis sur les biocarburants, les taxes à l’export en Russie pour éviter l’inflation des prix alimentaires domestiques pourraient influencer, aussi, le visage des marchés mondiaux du maïs à l’horizon 2030.

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