Commercialisation du blé Arnaud Petit (79): « Nous avons vendu cette année à prix ferme, vu le contexte »

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Arnaud Petit, agriculteur dans les Deux-Sèvres en polyculture-élevage, nous explique sa stratégie de commercialisation en cette année très particulière en termes de prix.

Champ de blé, Arnaud Petit Arnaud Petit a commercialisé 30 % de sa récolte de blé avant récolte et 35 % post-récolte. (©AdobeStock - Arnaud Petit) La rédaction : Pouvez-vous nous présenter votre exploitation ?

Arnaud Petit : Je travaille avec mon père et mon frère, qui sont associés au Gaec Les platanes, à Vançais, dans les Deux-Sèvres à la limite de la Vienne. Je suis pour l’instant technicien dans une coopérative agricole et je m’installe avec eux au 1er janvier prochain. C’est une exploitation de 300 hectares, en polyculture-élevage : nous élevons des Blondes d’Aquitaine et des Limousines, avec environ 150 vêlages.

Pour l’assolement, nous cultivons essentiellement du blé tendre, et un peu de blé de force en contrat, avec un prix minimum satisfaisant à 195 €/t. L’objectif est de garantir une marge en blé. Pour le reste, nous produisons de l’orge, du triticale, du pois de printemps, du tournesol, du sorgho et du maïs fourrage.

Pour la commercialisation, nous travaillons avec une coopérative à taille humaine, et un petit négoce.

La rédaction : Quelle a été votre stratégie pour vendre votre récolte de blé 2021, en cette année marquée par la flambée des prix ?

Arnaud Petit : Nous avons produit cette année 352 tonnes de blé, dont 30 % vendus avant la récolte à 170 €/t puis 180 €/t.

Nous avons ensuite vendu 35 % post-récolte, à 230 €/t, prix ferme au vu du contexte à la récolte et sans options, car nous n’avons pas l’habitude de travailler avec cet outil pour le moment. Je reçois tous les jours les indications de prix par mail via la coopérative, et un léger repli des cours m’avait décidé à vendre à ce moment-là. Il y avait aussi l’inquiétude de savoir si les prix allaient se maintenir tout au long de la campagne, ou juste le temps que les stocks se fassent avec la récolte européenne.

Il reste donc 35 % à vendre. Si je vendais aujourd’hui (l’interview a eu lieu le 15 novembre 2021, NDLR), mon objectif serait atteint en termes de prix. Ce qui pourrait me pousser à la vente, ce serait un avertissement des gens avec lesquels je travaille, des conseillers du négoce et de la coop’, ou venant de mes sources d’information et outils d’aide à la décision.

Comment envisagez-vous la commercialisation de la récolte 2022 ?

Nous avons engagé 50 tonnes à 195 €/t, et je regarde forcément pour en placer d’autres. Vendredi (12 novembre, NDLR), je pouvais en placer encore à 237 €/t. Mais tant que le contexte est à la hausse pour les prix de la récolte n, je me permets d’attendre un petit peu pour la récolte n+1.

Je garderai la même stratégie si le contexte reste à la hausse : profiter des prix. Si les tendances sont plus dans la moyenne ou incertaines, je pense que je repartirai sur une stratégie standard avec au moins une partie acompte, pour apporter de la trésorerie et pour sécuriser un prix minimum. »

Et vous, quelle est votre stratégie de commercialisation pour vendre votre récolte 2021 ? Et pour la prochaine récolte ?
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