[Analyse] Marché du blé tendre Dans un contexte de crise, « il faut saisir la moindre opportunité de rebond »

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A cause, notamment, de la concurrence exacerbée de la Russie et d’une parité euro-dollar défavorable, les blés français sont trop chers de 10 €/t pour bien se vendre à l’export. « Nous ne voyons aucun signe de redressement des prix », analyse Sébastien Poncelet, consultant chez Agritel. Dans ce contexte, il estime qu’il faut davantage suivre l’évolution des marchés « pour saisir la moindre opportunité de rebond ».

[Vidéo] Sébastien Poncelet (Agritel) : « Dans un contexte de crise, il faut saisir la moindre opportunité »

La conjoncture sur le marché du blé tendre n’est franchement pas favorable aux céréaliers français. Après une piètre récolte 2016 qui a engendré des volumes exportés très bas, la moisson 2017 a été globalement bonne. Mais à l’Est, elle a été exceptionnelle – et même historique – en Russie !

Conséquence pour cette campagne de commercialisation 2017-2018 : « Les Russes sont très présents et très compétitifs sur nos marchés d’export vers pays tiers », commente Sébastien Poncelet, analyste chez Agritel. Cette domination des grains russes sur les marchés complique les exportations de blés français, pas assez compétitifs sur le marché international. Et pourtant, la France doit expédier 10 Mt de blé hors de ses frontières.

Pour l’expert, il n’y a que deux options : « Soit le prix du blé français baisse par rapport aux blés russes, soit le blé russe remonte ». Le blé français est trop cher d’environ 5 $/t par rapport aux blés russes. « Il faudrait vendre les blés français environ 5 $/t de moins que les grains russes. »

Autre facteur défavorable pour les céréaliers français : la parité euro-dollar. « L’euro continue de baisser face au dollar, ce qui n’est pas du tout favorable pour les producteurs français et européens. »

Évoquant « une situation de crise et de morosité », Sébastien Poncelet conseille de suivre plus que jamais l’évolution des marchés. « Il ne faut pas se laisser aller au repli sur soi et au défaitisme. Au contraire, des opportunités de courte durée et de courte intensité ont le mérite d’exister. Il faut avancer dans sa commercialisation en restant à l’affût des moindres mouvements positifs du marché. »


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