Chicago hebdo Des inquiétudes sur l'offre dopent les cours du soja

Afp

Les cours du soja ont clôturé à leur plus haut niveau depuis juillet cette semaine à Chicago, dopés par des craintes sur la récolte brésilienne et l'étroitesse des stocks américains. Le blé s'est stabilisé et le maïs s'est légèrement apprécié.

Culture de soja Les cours du soja ont atteint jeudi en cours d'échanges à  Chicago un plus haut depuis juillet à 14,4550 dollars. (©Terre-net Média)

« De nouvelles baisses dans les prévisions de production de soja au Brésil pour la campagne en cours ont participé à la hausse des prix » de l'oléagineux, a relevé Bill Nelson de Doane Advisory Services, citant la révision à la baisse de 91,8 millions de tonnes à 86,1 millions de tonnes des attentes des analystes de Safras Mercado, une société brésilienne spécialisée en données agricoles. Ces anticipations étaient aussi partagées par les experts du spécialiste allemand du monde agricole Oil World, qui viennent de réviser à la baisse la production brésilienne de graines de soja à 84 millions de tonnes, un chiffre bien en-deçà là encore des 90 millions de tonnes prévues par l'Usda, le ministère américain de l'Agriculture, a ajouté Bill Nelson.

La culture de graines de soja brésilienne, dont la récolte n'est effectuée qu'à environ 30 %, a pâti en début d'année de conditions très sèches. Les moissons sont quant à elles ralenties par de très fortes pluies notamment dans l'Etat du Mato Grosso, l'une des plus importantes régions productrices de l'oléagineux.

Outre des difficultés dans l'acheminement des produits agricoles vers les ports et son exportation vers l'étranger, ces anticipations d'une récolte plus basse qu'attendu retardaient, selon les experts, le basculement traditionnel de la demande mondiale en soja des Etats-Unis vers l'Amérique latine.

Une situation inédite aux Etats-Unis

Au même moment, les Etats-Unis connaissaient une situation « inédite sur le front de l'offre », selon Bill Nelson, ayant déjà dépassé leurs objectifs de ventes et d'exportations, à six mois de la fin officielle de l'année agricole, le 31 août.

Les commandes de soja américain pour la campagne 2013/2014 s'élevaient en effet la semaine achevée le 20 janvier à 43,47 millions de tonnes, selon un rapport hebdomadaire de l'Usda sur les ventes à l'exportation paru jeudi. C'est supérieur de plus de deux millions de tonnes aux objectifs officiels de 41,1 millions de tonnes, selon ce document. La Chine, qui achète à elle seule environ 60 % des exportations de soja américain chaque année, a jusqu'à présent commandé et reçu quelque 24,85 millions de tonnes de soja américain cette année et doit en recevoir encore 3,25 millions, selon le rapport de l'Usda. « C'est une situation jamais vue à cette période de l'année », a commenté Bill Nelson. « Les Etats-Unis risquent de manquer de soja pour honorer leurs engagements » en l'absence d'annulation de commandes chinoises.

Dans ces conditions, les analystes continuaient à parier sur une hausse des prix du soja à Chicago. Ils ont atteint jeudi en cours d'échanges un plus haut depuis juillet à 14,4550 dollars.

La baisse du dollar soutient les cours

Le maïs s'est de son côté légèrement apprécié, « bien que les exportations ne soient pas à la hauteur des projections de l'Usda, a relevé Dewey Strickler de Ag Watch Market Advisors. Selon lui, les prix de la céréale profitaient de l'anticipation d'une baisse des superficies dédiées au maïs cette année par rapport à l'an dernier avant le début de la saison des semis.

Le blé, qui a reculé en début de semaine après l'annonce mardi de l'annulation d'une commande de blé égyptien, a repris du terrain, bénéficiant d'inquiétudes sur l'impact d'un climat exceptionnellement froid aux Etats-Unis depuis le début de l'année sur la qualité des cultures de blé rouge tendre d'hiver. Il a fini quasi stable vendredi.

En outre, les produits agricoles étaient soutenus par des craintes sur l'offre en blé et en maïs en provenance d'Ukraine, un producteur céréalier clef à l'échelle mondiale. Au bord du gouffre financier, l'Ukraine est en proie à une grave crise politique, en plein bras de fer avec la Russie.

La baisse du billet vert accentuait par ailleurs la tendance haussière du marché américain, rendant plus attractifs les achats d'actifs agricoles libellés en dollars. La devise américaine évoluait à son plus bas niveau de l'année face à l'euro qui évoluait au-dessus de 1,38 dollar.

Le boisseau de maïs (environ 25 kg) pour livraison en mai, désormais le plus échangé, a fini vendredi à 4,6350 dollars contre 4,5900 dollars en fin de semaine dernière (+ 1 %). Le boisseau de blé pour la même échéance a terminé vendredi à 6,0225 dollars contre 6,0525 dollars vendredi dernier (- 0,5 %). Le boisseau de soja également pour livraison en mai a clôturé à 14,1400 dollars vendredi contre 13,6025 dollars (+ 4 %), à son plus haut niveau en clôture depuis le 12 juillet.

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