Marchés L’orge, une céréale sous forte tension

Terre-net Média

Après le blé dur, un certain nombre de facteurs conjoncturels ont favorisé une remontée des cours de l’orge. Ils ont franchi ces dernières semaines le seuil de 210 €. FranceAgriMer livre son analyse.

Orge en AustralieLa production australienne d'orge est en baisse de 22% par rapport à la campagne précédente. (©Terre-net Média)

« Les cours de l’orge, en particulier de l’orge brassicole, témoignent d’une certaine tension sur le marché mondial. Avec 7,4 Mt prévues, la production australienne serait en baisse de 22 % par rapport à celle de la campagne précédente, particulièrement abondante il est vrai. À ce niveau, le volume récolté serait semblable à celui de 2012/13, mais parmi les plus faibles de ces sept dernières années. A cela s’ajoute que les pluies, qui ont perturbé la récolte, suscitent des inquiétudes quant à la qualité des orges de brasserie.

De surcroît, les récoltes sont plutôt médiocres en Amérique. Au Canada, le volume récolté est estimé à à peine plus de 7 Mt, son plus faible niveau depuis plus de trente ans. Aux États-Unis, à 3,9 Mt, la production serait nettement inférieure à la fois aux deux campagnes précédentes et à la moyenne quinquennale (4,3 Mt). En effet, l’orge y est délaissée aux profits des autres cultures.

En Argentine, à 3,1 Mt, la production est en retrait par rapport aux trois campagnes précédentes et la qualité a été dégradée par les pluies.

Du côté de la demande, au contraire, c’est un beau dynamisme qui s’affiche depuis le début de la campagne, avec notamment une forte demande chinoise. En effet, après s’être élevées à 4 Mt la campagne précédente, les importations chinoises d’orge pour cette campagne pourraient atteindre 3,7 Mt selon le Cic. Il s’agit d’orge destinée à des usages brassicoles (la Chine est en effet devenue le premier producteur mondial de bière), mais également, de manière plus nouvelle, d’orge fourragère. Il y a là une manière de diversifier les importations, à la fois au regard de la céréale et de l’origine (on se souvient des difficultés à l’importation du maïs Mir 162 américain au cours de la précédente campagne). En outre, l’orge européenne présente actuellement des prix qui la rendent attractive sur le marché mondial. »

Blé dur/blé tendre : le grand écart

« L’envolée des cours du blé dur et, dans une moindre mesure, la baisse des prix du blé tendre depuis le début de la campagne ont fortement creusé l’écart de prix entre les deux espèces : celui-ci a atteint des niveaux compris entre 187 et 264 €/t pour les cotations Fob La Pallice en octobre-novembre, au profit du blé dur, à comparer à un écart de l’ordre de 50 €/t seulement sur même période en 2013. Cette évolution a incité les agriculteurs à semer davantage de blé dur cette année. Ainsi, au niveau national, les surfaces sont estimées en augmentation de 8,6 % par rapport à l’année dernière (+ 24.734 ha).

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D'après FranceAgriMer.

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