; Le blé français est trop sollicité à l’export en début de campagne

Exportations de blé La campagne de commercialisation du blé français s’annonce « très tendue »

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Avec un rythme d’export vers les pays tiers qui pulvérise tous les records en ce début de campagne, le blé français est trop sollicité, selon Agritel, et un rationnement par les prix devra se faire pour ralentir la cadence.

Corde, tensionSelon Agritel, le rythme record des exports de blé français ne pourra pas tenir. (©AdobeStock)

« Le blé français est trop sollicité à l’export en début de campagne », juge Agritel. De fait, la récolte 2022 est plutôt décevante, selon le cabinet de conseil. Il l’estime à 33,63 Mt, soit 1,3 Mt de moins que la moyenne quinquennale et « la septième pire récolte du XXIe siècle ».

Mais « c’est surtout du côté de la demande que les sollicitations sont trop fortes à ce jour », explique Nathan Cordier, chef analyste chez Agritel. Les exports de blé français en direction des autres pays de l’UE sont attendus à 7 Mt.

Un chiffre qui « reste élevé » au vu de la chute de la demande de l’industrie de l’alimentation animale toutes céréales confondues, mais qui s’explique par une récolte européenne de maïs annoncée catastrophique. « Il y a une grosse demande aux Pays-Bas, en Belgique, en Espagne. Les blés peu protéinés du sud de la France vont trouver des parts de marchés », précise Nathan Cordier.

La demande en blés français est particulièrement forte depuis les pays tiers. Les blés originaires de la Mer noire étaient peu présents sur le marché au début de la campagne de commercialisation, si bien que « la France a pris le lead et a multiplié les ventes vers le Maroc et l’Algérie, mais aussi l’Afrique subsaharienne et, plus inhabituel, le Yémen et le Pakistan ». La Chine a contractualisé entre 600 000 et 700 000 t de blé fourrager, l’Égypte s’est engagée sur plus de 900 000 t.

Pour Agritel, l’Algérie va redevenir en 2022/23 le premier importateur hors-UE de blé français, avec environ 3 Mt. À 2,5 Mt, « la demande marocaine est attendue à un niveau record du fait de la très faible récolte du pays », et celle de l’Afrique subsaharienne atteindrait 2,3 Mt.

En deux mois, la France a déjà exporté un quart de son potentiel

Avec plus de 2,5 Mt de blé chargés en tout sur les seuls mois de juillet et août, la France a déjà exporté 25 % de son potentiel vers les pays tiers, estimé à 10,2 Mt. C’est un début de campagne record : en moyenne, les chargements de blé français tournent autour de 14 % fin août.

Et pour Agritel, ce rythme sans précédent ne pourra pas tenir, il faudra un rationnement et il se fera par les prix : « pour que le marché français puisse s’équilibrer, la demande export devra ralentir soit par une hausse des prix comme au printemps dernier, soit par la montée en puissance des blés de la Mer noire. Quoi qu’il arrive, le blé français devra rester plus cher que celui vendu sur le marché mondial ».

Entre cette demande vive à l’export, une demande « plutôt moyenne » (10,1 Mt) pour l’alimentation humaine et « plutôt faible » (4,3 Mt) pour l’alimentation animale, les stocks sont attendus à 2,2 Mt à la fin de la campagne de commercialisation. Un niveau très bas qui se rapproche des campagnes 2003/04 et 2011/12 et porte le ratio stocks/utilisation à 7 %, largement sous la moyenne quinquennale.

« On se dirige vers une nette tension du bilan français », conclut Nathan Cordier. Une situation dans laquelle « il est compliqué de pousser l’exportation des blés français vers les pays tiers, et qui nécessite de ralentir la cadence », insiste-t-il.

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