Exportations de céréales en Chine La France en position d’outsider

Terre-net Média

La qualité des blés français ne répond pas au cahier des charges des Chinois. Ils en importent pourtant puisque le pays cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement.

Le blé ukrainien n'a pas la préférence de la Chine.Le blé ukrainien n'a pas non plus la préférence de la Chine. (©Droits réservés)

L’augmentation de 50 % de la production de blé en Chine au cours des dix dernières années ne suffit pas pour rendre le pays autosuffisant. Malgré une production de 120 millions de tonnes (Mt) en 2013, l’empire du Milieu a importé 5,5 Mt l’an passé et prévoit d’en acheter 7 Mt cette année, selon Li Zao Tu de France export Céréales. Il participait à la matinée d’information et d’échanges organisée par France Export Céréales, mardi 1er avril.

A ce jour, les principaux fournisseurs de la Chine sont les Etats-Unis, le Canada et l’Australie car ces pays sont en mesure de lui livrer du blé de qualité pour répondre à la demande de l’industrie de la biscuiterie, de la fabrication de nouilles ou encore pour la fabrication de pains. La France n’a représenté que 3 % des achats chinois en raison de la faible teneur en protéines (11,2 % en 2013) et en gluten humide du blé produit. La Chine porte sa préférence pour des blés de qualité au moins aussi bonne que celle des céréales produites sur son sol (taux moyen de 13,8 % en protéines et de 30 % en gluten).

Diversifier les approvisionnements

Le blé importé de France s’inscrit avant tout dans la volonté de diversifier ses approvisionnements. Au total, les ventes françaises ont porté sur 190.000 tonnes l’an passé.

Mais la diminution de la surface agricole de 800.000 hectares par an, l’érosion des sols (60.000 ha/an) et la croissance de la consommation de produits alimentaires des Chinois de plus en plus urbanisés conduisent à importer toujours plus de blé chaque année. Avec un taux d’autosuffisance envisagé à 85 % en 2020, la République populaire pourrait acheter au moins 20 Mt d’ici la fin de la décennie. Pour un niveau d’autosuffisance de 80 %, les volumes de blé importés dépasseraient allègrement les 30 Mt. Soit l’équivalent de la production de blé française ! Ou encore un cinquième du commerce mondial actuel de blé.

L’Ukraine et la Russie pourraient être en première ligne pour approvisionner la Chine en raison de la qualité des grains produits. Mais leur production de céréales est trop irrégulière pour que le gouvernement de Pékin ne compte que sur ces deux pays pour satisfaire ses besoins. Par ailleurs, le coût du fret pour acheminer les céréales et les problèmes de logistique en période hivernale ne rendent pas toujours cette céréale livrée compétitive.

Le blé français a toutes ses chances

Orges de brasserie

La France fait partie des quatre grands exportateurs d’orge de brasserie vers la Chine avec l’Australie, le Canada et l’Argentine. Selon les années, les ventes ont porté jusqu’à 500.000 tonnes.

Comme l’an passé, la République populaire envisage d’acheter, en 2014, 2,3 Mt auprès de pays tiers. 

En revanche, la France a des atouts pour devenir un partenaire commercial important dans les toutes prochaines années. « Mais il appartient pour cela aux céréaliers de produire plus en quantité et en qualité pour répondre aux besoins de ces nouveaux clients exigeants », défend Li Zao Tu de France Export Céréales.

La question de l’autosuffisance alimentaire de la Chine se pose pour l’ensemble des céréales. En 2020, la République populaire aurait besoin d’importer environ 26 % de sa consommation en maïs. Or comme celle-ci croît de 5 % par an (elle était de 218 Mt en 2013), il n’est pas difficile d’imaginer que les achats porteront sur plus de 70 Mt à l’horizon de 2020.

Le soja ne fait pas exception. Déjà premier importateur mondial (63 Mt), la Chine pourrait importer l’équivalent de 80 % de sa consommation attendue en forte hausse d’ici 2020.

Au total, si les achats de céréales et de soja auprès de pays tiers portaient déjà sur 80 Mt l’an passé, il n’est pas exclu qu’ils dépassent allègrement les 200 Mt à la fin de la décennie.

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