Chicago hebdo Le blé pris entre la vague de froid et les faibles ventes

AFP

La vague de froid qui a frappé le centre des Etats-Unis a fait bondir cette semaine le cours du blé américain, avant qu'il ne soit freiné par des exportations décevantes. Le soja a, lui, profité des inquiétudes sur la récolte argentine.

A Chicago, le cours du blé a atteint cette semaine son plus haut niveau depuis octobre 2017.A Chicago, le cours du blé a atteint cette semaine son plus haut niveau depuis octobre 2017. (©Braeburn) 

« Les principaux Etats producteurs de blé d'hiver, l'Oklahoma, le Nebraska, le Colorado, le Montana ou le Kansas, ont fortement revu à la baisse mardi leur appréciation de la qualité des récoltes en cours », a indiqué Bill Nelson de Doane Advisory Services. « Et il semblerait que cette évolution ne prenne pas en compte les températures glaciales qui se sont abattues cette semaine sur les Etats-Unis », a-t-il ajouté.

Les Etats du Kansas, de l'Oklahoma et du Colorado sont particulièrement concernés par le gel, qui pourrait endommager les plantes actuellement sous terre. « Il est encore trop tôt pour en conclure quoique ce soit », ont toutefois souligné les experts de Commerzbank. « Rappelons-nous par exemple de la sécheresse qui a frappé le blé de printemps en début d'été l'an dernier: on pensait alors que cela allait affecter considérablement les rendements, ce qui n'a pas du tout été le cas », ont-ils ajouté.

Le blé est quand même monté mercredi à Chicago jusqu'à 4,36 dollars le boisseau, son plus haut niveau depuis octobre. Mais les chiffres sur les exportations entre le 22 et le 28 décembre, diffusés vendredi matin, se sont affichés bien en dessous des attentes, « ce qui met de nouveau en avant la sévère concurrence à laquelle font face les Etats-Unis sur le marché mondial, en particulier de la part de la Russie et de l'Ukraine », a souligné M. Nelson.

Le boisseau (environ 25 kg) de blé pour mars, le contrat le plus échangé, évoluait vendredi en cours de séance à 4,2925 dollars, contre 4,2700 dollars la semaine dernière.

Ventes décevantes de maïs

Les ventes nettes de maïs à l'étranger lors de la semaine s'achevant le 28 décembre se sont aussi montrées très décevantes, à seulement 101.200 tonnes, soit 91% de moins que la moyenne des quatre semaines précédentes. « Le ministère de l'Agriculture (USDA) va publier vendredi (12 janvier) son rapport mensuel sur l'offre et la demande de produits agricoles dans le monde et les investisseurs se préparent à ce qu'il révise fortement à la baisse ses prévisions sur les exportations de soja et de maïs », a indiqué M. Nelson. Aussi le maïs, qui avait grimpé en début de semaine dans le sillage des prix du blé, s'est tassé.

Le boisseau pour livraison en mars, le contrat le plus actif, évoluait vendredi en cours de séance à 3,5075 dollars, comme à la clôture vendredi dernier. Le soja américain de son côté profite des interrogations sur la récolte en Argentine, le troisième producteur mondial de l'oléagineux, mais le premier exportateur de tourteaux et d'huile de soja. « On s'inquiétait déjà en novembre et début décembre d'un temps trop sec et trop chaud dans certaines zones du pays », a rappelé M. Nelson.

« Ces craintes ont été apaisées par l'arrivée de pluies un peu avant la période de Noël mais maintenant que cette vague de précipitations est passée, on se rend compte que certaines zones sont encore trop sèches », a-t-il ajouté.

Les ventes de soja à l'étranger ont aussi baissé lors de la semaine s'achevant le 28 décembre, mais dans une ampleur bien moindre que pour le maïs ou le blé américains. Le boisseau de soja pour mars, contrat le plus actif, s'échangeait vendredi à 9,7200 dollars contre 9,6175 dollars il y a une semaine.

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