Euronext Le blé recule, sous pression des estimations de récoltes russes

AFP

Les prix du blé étaient en recul, lundi à la mi-journée, sous pression des dernières estimations de récoltes russes.

Malgré la vague de gel qui a touché la France la semaine dernière, le blé ne devrait pas être la plus affectée des grandes cultures, parmi lesquelles betteraves et orges seront à suivre davantage, tout comme le colza. 

Concernant les orges, notamment, la proportion de cultures bonnes à très bonnes, au-dessus de 80, voire 90 % jusqu'à présent, devrait « chuter en fin de semaine, après prise en considération de la vague de froid de la semaine passée », a estimé le cabinet Agritel dans une note publiée lundi. Concernant les prix de l'ancienne récolte de blé, dont la campagne de commercialisation touche à sa fin, « on voit que la Tunisie achète du blé qui sera probablement bulgare, donc on n'est toujours pas aux prix pour avoir de la demande additionnelle. Mais est-ce qu'on a vraiment besoin de demande additionnelle ? », s'est interrogé Damien Vercambre, analyste au cabinet Inter-Courtage. Pour la prochaine récolte, attendue l'été prochain, « il y a les conditions dégradées en France, mais en même temps, il y a les deux analystes principaux en Russie, Sovecon et Ikar, qui remontent leurs estimations de production » pour les prochaines récoltes de blé russes, a souligné M. Vercambre.

« Les conditions de cultures d'hiver ne sont pas mauvaises, les semis de printemps sont très en retard, mais ça n'a pas l'air de les inquiéter outre-mesure, donc on est peut-être un peu plus sous pression d'une offre russe qui va monter », a ajouté M. Vercambre. La production russe était initialement estimée à des niveaux nettement inférieurs à celle de l'an dernier, quasi record (85,7 millions de tonnes), autour de 78 à 79 millions de tonnes (Mt). « Là, ils viennent de remonter au-dessus des 80 Mt, mais n'oublions pas les restrictions à l'exportation, donc il y aura peut-être un peu plus de blé à la fin de la campagne », a ajouté M. Vercambre, pour qui on pourrait finalement se retrouver avec « la même offre que l'année dernière ». Conclusion, la production française, après un cru 2020 décevant, va probablement rebondir cet été en volumes, et se retrouver aux prises avec une concurrence russe aussi féroce que l'année dernière.

Peu avant 13h00 (11h00) sur Euronext, la tonne de blé tendre reculait de deux euros sur l'échéance de mai à 210,75 euros, et de 75 centimes sur l'échéance de septembre à 198,75 euros, pour environ 8 400 lots échangés. La tonne de maïs, elle, était inchangée, tant sur juin à 217 euros, que sur août à 213 euros, pour environ 200 lots échangés.

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