Pommes de terre Les emblavements 2021 devraient baisser d'au moins 15 % selon le NEPG

Terre-net Média

En raison d'une récolte 2020 en hausse et d'une demande incertaine, le NEPG considère que les emblavements de pommes de terre devraient être réduits d'au moins 15 % au printemps prochain pour les cinq principaux pays producteurs du nord-ouest européen.

Champ de pommes de terreSelon le NEPG, les surfaces de pommes de terre 2021 devraient être réduites d'au moins 15 % par rapport à cette campagne. (©Terre-net Média)

Le NEPG (groupe des producteurs de pommes de terre du nord-ouest européen) estime la récolte de pommes de terre à 27,9 Mt cette saison, « si toutes les pommes de terre encore au champ sont effectivement récoltées. La récolte est plus tardive que d'habitude avec tous les risques que cela implique tant en quantité qu'en qualité, et il y a encore des milliers d'hectares à récolter dans les zones humides et difficiles de l'ouest de la Belgique et en Grande-Bretagne », indique le groupe dans un communiqué. 

Des emblavements réduits au printemps prochain

La récolte 2020 pourrait alors être en hausse de 4,5 % par rapport à l'an passé, « soit un million de tonnes de pommes de terre de plus dans les cinq principaux pays producteurs de pommes de terre ». Le NEPG considère que les producteurs du nord-ouest de l'Europe devraient réduire d'au moins 15 % les emblavements de pommes de terre au printemps prochain.

« En raison du Covid-19, la demande mondiale de produits transformés à base de pommes de terre a diminué et la demande réelle de matière première des usines est d'environ 85 % par rapport à la saison précédente avant la pandémie. Le faible niveau actuel des prix payés aux producteurs pour la transformation sur le marché libre confirme cet état de fait. Les transformateurs de pommes de terre européens et nord-américains disposent de stocks importants de produits finis dans leurs entrepôts frigorifiques et semblent avoir besoin de moins de matière première pour une assez longue période ». Selon le NEPG, il faut s'attendre à ce qu'ils réduisent « le volume de leurs contrats avec les producteurs l'année prochaine et ils n'ont guère d'intérêt pour les pommes de terre libres ».

« Énorme contraste » entre l'offre et la demande 

Le groupement rappelle que les producteurs du NEPG ont augmenté leurs surfaces de pommes de terre de consommation de 7,7 % au cours des cinq dernières années (14 % en France et 10 % en Allemagne notamment). Cette hausse représente « un énorme contraste par rapport à la croissance plus lente de la demande de matière première par les usines, et à la réduction depuis la situation du Covid-19 ». De plus,  aucun changement n'est à prévoir pour les prochains mois « avec un deuxième confinement à venir dans plusieurs pays. [...] Le résultat des discussions à propos du Brexit pourrait également influencer le marché ».

Le stockage de longue durée : « un vrai défi pour cette première année sans CIPC »
« Le NEPG s'attend à ce que moins de producteurs optent pour le stockage extrêmement long » et conseille fortement de « recalculer le prix de revient avant de signer tout contrat de livraison tardive ». Le stockage de longue durée constitue, en effet, « un vrai défi pour cette première année sans CIPC. La disponibilité de certains antigerminatifs est inférieure aux besoins des producteurs, et leur utilisation est plus coûteuse et techniquement plus difficile (hangars adaptés, équipements de "gazage", etc.) qu'avec le CIPC. »

Pommes de terre de consommationProduction, surfaces et rendements en pommes de terre de consommation pour les cinq pays principaux pays producteurs du nord-ouest européen. (©NEPG)


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