Cultures de printemps « 50 % du résultat se joue au semis » : quatre agriculteurs témoignent

Terre-net Média

Le semis impacte souvent la récolte et les interventions intermédiaires à réaliser. D’où l’importance de travailler sur cette partie de l’itinéraire cultural. La rédaction de Terre-net a suivi, en mai et juin 2015, des agriculteurs testant des méthodes d’implantation non-conventionnelles : semis en quinconce, strip-till, sursemis, association d’espèces... Bilan après la récolte.

témoigngeSemis en quinconce, strip-till, sursemis, association d’espèces... Bilan après la récolte. (©Terre-net Média)

Améliorer l’implantation

Le semis conditionne non seulement les rendements mais la qualité de la récolte. C’est également un chantier à optimiser en termes d’investissement. D’où la nécessité de prendre en compte les bénéfices des nouvelles techniques de semis, du travail simplifié ou encore de l’association d’espèces.

De meilleurs rendements sans changer son itinéraire cultural, c’est possible. Albert Charlot, dans la Sarthe, teste depuis trois campagnes le semis en quinconce du maïs avec le Monosem Twin-Row. Sur un sol sableux, avec un dispositif d’irrigation par pivot, il a atteint 120 q/ha en 2013, 140 q/ha en 2014 et plus de 152 q/ha en 2015. Le principe est simple. Il s’agit de laisser un maximum de place autour des plants semés pour réduire la concurrence.

Cherchant toujours à progresser, il a essayé l’an dernier trois densités de semis : 85 000, 95 000 et 102 000 pieds/ha et a obtenu respectivement 150, 151 et 152 q/ha. Certes la quantité supplémentaire de semences et l’achat d’un semoir adapté augmentent le coût d’implantation, mais les performances techniques sont là ! Le semis en quinconce a donc de beaux jours devant lui sur l’exploitation d’Albert qui, pour rien au monde, ne souhaite revenir en arrière.

A lire : Albert Charlot, exploitant dans la Sarthe, teste depuis trois campagnes le semis en quinconce du maïs avec le Monosem Twin-Row.

Parc matériel et vitesse de travail au top

Polyvalence, autonomie, sécurité. En associant son Pronto 6 AS de Horsch à un semoir monograine du même fabriquant, Patrice Doussard, exploitant dans le Maine-et-Loire, a fait le choix d’un outil polyvalent qui accroît son débit de chantier. Ainsi, préparation de sol et semis sont réalisés en un seul passage.

La polyvalence, c’est aussi la possibilité d’atteler, à la remorque SW 3500 du Pronto 6 AS, deux barres de semis interchangeables : la rampe Turbodisc pour les semis de blé en automne et la rampe Maestro 8 rangs pour ceux de maïs au printemps. Grâce à une trémie centrale de 3 500 l et des trémies de 70 l par élément, il dispose ainsi de plus d’autonomie.

Côté sécurité, il n’y a pas photo : quand on sème avec un outil semi-porté à 10 km/h en moyenne, avec des pics à plus de 15 km/h, la fenêtre de travail, ainsi réduite, permet d’intervenir quand la météo est propice. « Le semis, c’est 50 % du résultat », insiste Patrice. En 2015, les conditions climatiques n’étaient pas bonnes. 100 mm de pluie sont tombés entre huit jours après le semis et à la levée. Toutefois, la régularité du semis était visible jusqu’aux chaumes à l’automne. « Pourtant, j’ai semé à plus de 10 km/h ! », s’étonne encore l’agriculteur. Dans les terres filtrantes, malgré un climat sec, il observe des rendements proches de 110 q/ha en maïs non irrigué.

A lire : Dans le Maine-et-Loire, Patrice Doussard, agriculteur, a fait le choix d’un outil polyvalent qui augmente son débit de chantier.

Limiter l’investissement

Implanter des cultures différentes avec un seul et même semoir, c’est le défi que s’est lancé Frédéric Mugot dans l’Aube. Après la sortie en 2013 du cueilleur à maïs de Fantini, récoltant avec des interrangs de 50 cm, l’exploitant a décidé de réintégrer du maïs grain dans sa rotation. En effet, betterave et tournesol sont déjà semés à 50 cm. En changeant les habitudes d’implantation de cette culture, il peut donc limiter les investissements.

Par la suite, il a acheté un semoir semi-porté Amazone EDX 6000 12 rangs, doté d’un inter-rang de 50 cm et de la fertilisation localisée. Résultats : une vitesse de semis presque doublée et une économie d’azote de 15 %. « L’an passé, j’ai apporté 80 u/ha au lieu de 100 à 120 et les rendements n’ont pas baissé. » Même si 2015 ne peut pas être prise comme année de référence à cause du déficit hydrique estival, Frédéric continuera sur les mêmes bases en 2016. Les essais d’Arvalis le confirment : « Un interrang d’une cinquantaine de centimètres ne modifie pas significativement les rendements en maïs grain. »

A lire : Cultivateur dans l’Aube, Frédéric Mugot s’est lancé le défi suivant : implanter des cultures différentes avec un seul et même semoir.

Optimiser les espèces associées

Un interrang de lupin tous les 75 cm et, à 9 cm de chaque côté, deux rangs de blé, voilà la solution que Yoann Goubaud a adoptée depuis trois ans pour s’assurer un rendement de 30 q/ha en lupin. Pour cette culture qui se sème en septembre, ce producteur du Maine-et-Loire utilise un semoir fait maison. La densité choisie : 75 gr/m² en céréale et 30 gr/m² en lupin. Selon Yoann, les avantages sont nombreux : le lupin sur pivot descend dans le sol et la céréale s’étale pour protéger le rang des adventices sans qu’il y ait concurrence entre les deux espèces.

De plus, en hiver, la céréale protège bien la structure du sol en surface : celui-ci se dégrade moins sur le rang que dans l’interrang. « Le binage mécanique diminue les quantités de produits phytosanitaires apportées. Un seul désherbage post semis est nécessaire. » « L’interrang, plus important, laisse passer la lumière, d’où moins de traitements fongicides.

Les pieds de lupin sont également plus grands, donc plus faciles à moissonner jusqu’au premier étage de gousses. » En 2015 par contre, Yoann a été déçu par sa récolte, les lupins ayant été victimes d’une attaque de sitones. Sûr de son itinéraire, il a ressemé de la même façon en septembre dernier.

A lire : Pour Yoann Goubaud, producteur dans le Maine-et-Loire, les bénéfices du lupin sont nombreux, notamment sur la structure du sol.

Et si, vous aussi, vous essayiez des techniques non conventionnelles d’implantation ?


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