Cette brigade, « dès la première année, devra réaliser a minima 3 000 contrôles sur l'ensemble du territoire », a-t-elle dit à la plateforme cargo d'Air France de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle.
« Vous voyez bien les actions des agriculteurs qui ouvrent des camions sur la route. Il faut organiser tout cela », a-t-elle dit, évoquant une action « rapide et puissante », « une force de contrôle qui rassure » les producteurs, remontés contre la concurrence de denrées produites parfois avec des pesticides ou des antibiotiques interdits dans l'UE.
La ministre avait annoncé son intention de lancer cette brigade dès décembre, au lancement des conférences de la souveraineté alimentaire, et a depuis réitéré cette promesse dans le cadre des différentes annonces pour calmer les manifestations d'agriculteurs, qui ont parfois effectué eux-mêmes des contrôles sauvages à la sortie de ports ou sur des routes.
Un contrôle s'ajoutant à ceux en ports et aéroports
Ces agents, dont elle n'a pas détaillé la provenance ni le financement, contrôleront « les camions ou les magasins où se distribuent les produits importés », s'ajoutant à ce qui se fait déjà en ports et aéroports.
Moins d’une semaine après l'arrêté que j'ai pris interdisant 5 substances dans les fruits et légumes importés de pays tiers, j’annonce aujourd'hui depuis Roissy la création d’une brigade française spécialisée de plus de 100 agents.
— Annie Genevard (@AnnieGenevard) January 15, 2026
Il faut maintenant aller vite. Près de 3 000… pic.twitter.com/VUiWsflegX
« C'est fondamental pour nos agriculteurs qui ne supportent pas qu'on puisse accepter sur notre territoire national des denrées produites à des conditions différentes des nôtres. C'est une concurrence insupportable à leurs yeux », a-t-elle déclaré, devant des palettes d'aubergines et de concombres amers venus du Kenya ou d'Afrique du sud.
« Un signal fort que je veux donner aux agriculteurs »
Les agriculteurs expriment depuis des mois leur colère, liée notamment à l'accord de libre-échange entre l'UE et quatre pays du Mercosur, qui doit faciliter l'arrivée de produits aux normes de production souvent moins exigeantes que les normes européennes.
« C'est un signal que je veux donner à nos producteurs, à l'ensemble des consommateurs français, mais aussi à l'Union européenne qui doit intensifier les contrôles des denrées importées » de pays tiers, a dit la ministre jeudi devant des palettes d'aubergines et de concombres amers venus du Kenya ou d'Afrique du sud.
Parmi leurs nombreux griefs, les agriculteurs dénoncent l'accord de libre-échange entre l'UE et quatre pays du Mercosur, qui doit faciliter l'arrivée de produits aux normes de production souvent moins exigeantes que dans l'UE.
Les produits du Mercosur dans le viseur ?
Les produits de cette région seront-ils visés par ces futures inspections ? « Tout (fera) l'objet de contrôles », a-t-elle répondu. « Évidemment, dans le contexte actuel, on aura sans doute un regard particulier sur les produits originaires du Mercosur parce qu'il faut donner un signal à nos producteurs dans les secteurs très sensibles que sont la viande, le sucre, l'éthanol, le miel ».
En France, dans les ports et aéroports, outre des contrôles documentaires « systématiques », des échantillons sont prélevés et analysés en laboratoires d'Etat, expliquent les Douanes.
Pour les végétaux, quelque 400 pesticides interdits sont recherchés, via des tests pouvant prendre jusqu'à 30 heures, a expliqué Frédéric Saltron, responsable du service commun des Laboratoires (Douanes et Répression des fraudes).
La France est allée plus loin la semaine dernière en interdisant totalement les importations de produits traités avec cinq de ces substances considérées comme dangereuses pour la santé, même lorsqu'elles ne sont présentes que sous la forme de résidus.
Tests et documents
La régularité des tests dépend de la sensibilité du produit et du pays d'origine, en fonction d'une liste dressée par l'UE, qui selon les cas impose un taux de test de 10 à 50 %, indiquent les Douanes. Par exemple la Commission européenne impose de tester 10 % des haricots verts du Kenya, qui à Roissy font l'objet de plusieurs centaines de prélèvements par an, explique Jean-François Depin, de la direction régionale des Douanes.
En moyenne, cela fait « un taux de contrôle qui avoisine les 15-20 % au global », souligne-t-il. Quant au taux de non conformité des denrées aux normes européennes, un rapport parlementaire français soulignait en décembre qu'il est « impossible d'avoir un chiffre exact ». Mais il relevait que « les filières les plus touchées » sont les céréales (blé, maïs, orge), la viande bovine, la volaille, l'apiculture.
Au niveau européen, la Cour des comptes européenne a déploré mercredi dans un rapport les contrôles « inexistants » ou « sporadiques » sur la présence de pesticides dans les importations d'huile d'olive extra-européenne, dans les États visités (Belgique, Espagne, Grèce, Italie).
Ce rapport « confirme la préoccupation de l'agriculture européenne quant au manque de contrôles », a réagi le Copa-Cogeca, alliance des principaux syndicats agricoles d'Europe. Pour tenter de les rassurer, la Commission européenne a promis en décembre d'accroître de 50 % le nombre de contrôles à l'étranger sur deux ans.