Sécurité sociale et PLFSS 2018
Les jeunes agriculteurs s’inquiètent d’un « détricotage » de la MSA

« A l'heure de l'examen du Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018, le gouvernement semble, à coup d'annonces comme la suppression du RSI, vouloir unifier la protection sociale pour tous les indépendants, au détriment des agriculteurs et du régime spécial agricole. Les paysans, en particulier les jeunes, ont besoin de mesures sociales justes et adaptées à la profession », commente Jeunes agriculteurs dans un communiqué. 

Et le syndicat de dénoncer les hausses de cotisations en vue pour les agriculteurs : « A la lecture du texte voté à l'Assemblée nationale le 31 octobre, les exploitants agricoles non-salariés pourraient bien être les seuls indépendants à voir leurs cotisations sociales augmenter au global dès 2018, sans contrepartie. D'abord, les cotisations maladie (Amexa) en hausse selon un barème progressif, allant jusqu'à 6,5 % - donc au-delà du taux actuel de 3,04 % - augmenteront pour tous les agriculteurs gagnant au moins 75 % du Smic ! A cela s'ajoute la retraite complémentaire obligatoire (RCO), en hausse de 0,5 point. Et aussi la CSG, augmentée de 1,7 point, soi-disant compensée par une baisse de la cotisation famille de 2,15 points. Mais au regard de toutes les hausses de cotisations, le compte n'y est plus ! »

 « Le double discours du Gouvernement »

« De plus, le système d'exonérations partielles de cotisations pour les jeunes agriculteurs dans les cinq premières années d'installation est mis en danger par la réforme de l'Accre, l’aide au chômeur créant ou reprenant une entreprise, qui ne pourrait plus être cumulée avec le dispositif agricole, ce qui était pourtant le cas jusqu'à présent. »

Selon Jérémy Decerle, le président de Jeunes agriculteurs, « ces mesures sont le reflet d'un double discours sur l'agriculture : d'un côté, on annonce vouloir aider les agriculteurs à mieux vivre de leur métier, de l'autre, on augmente les cotisations et on supprime le seul avantage social dédié aux jeunes agriculteurs ». Le syndicat estime ainsi qu’il s’agit-là d’un « signal d'une volonté de remise en cause de la MSA ».

En décembre 2014, le baromètre agricole Terre-net BVA avait interrogé les agriculteurs sur leur préférence en matière de sécurité sociale. 42 % des sondés avaient exprimer préférer être affiliés au régime général de sécurité sociale plutôt qu’à la MSA. Cependant, dans ce même sondage, un quart des producteurs s’étaient montrés indécis.

 

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