L'actu de Terres Inovia Colza : anticiper et réagir contre les larves d'altises

Terre-net Média

Les premières larves de grosses altises sont déjà signalées. La période de surveillance démarre donc dès maintenant. Terres Inovia recommande, avant toute intervention, d'observer vos colzas, soit directement au champ, soit avec la méthode Berlèse.

L es premières larves de grosses altises  ont été signalées dans les BSV, notamment dans le Centre et l'Ouest. Comme pour le charançon, la nuisibilité des larves de grosses altises est moindre sur des colzas développés et poussants à l’automne.

Larve d'altiseLarve de grosse altise (©Terres Inovia)

Elle ne s’exprime que si le cœur des colzas est touché, ce qui est rare pour des colzas bien développés à l’automne et qui repartent « vite » au printemps, même avec les seuils atteints. Cependant, si la reprise au printemps tarde, même des colzas bien développés en entrée d’hiver peuvent souffrir d’une attaque larvaire. L’intervention peut avoir lieu à partir du seuil indicatif de trois larves par pieds ou 70 % de plantes porteuses de larves. Le risque est d’autant plus important que les colzas sont petits et peu poussants.

La période de surveillance commence donc dès à présent même si rien ne presse pour la prise de décision, mieux vaut temporiser encore au moins une bonne semaine et surtout s'assurer que le traitement soit bien justifié. L'observation des larves d'altises sera également à renouveler au courant de l'hiver soit pour vérifier l'efficacité d'un traitement appliqué, soit pour confirmer une première observation négative.

Période de surveillance vis-à-vis des larves : du stade B6 (six feuilles) jusqu’au décollement de la tige (C2)

Au début de leur vie, les larves sont relativement mobiles et s’introduisent par la face supérieure des pétioles des feuilles. Au gré des conditions, elles poursuivent leur développement pendant l’hiver en minant et se réfugiant dans les pétioles des feuilles.

Attention, les colzas n'ayant pas subi de dégâts de morsures significatifs ne seront pas pour autant épargnés de la présence de larves. L'expérience des années précédentes montre qu'il convient de surveiller tous les colzas sans faire de distinction quant à l'état de croissance (gros / petit colza) et quant aux dommages provoqués ou non par les altises adultes. Les parcelles n'ayant pas nécessité d'insecticide fin septembre a mi-octobre sont à surveiller au même titre que les autres.

Observez avant d'intervenir ! Deux méthodes existent

À partir de maintenant :

Observation des larves de grosses altises au champ

Principe au champ : prélever une vingtaine de plantes dans plusieurs endroits de la parcelle. Rechercher d’abord si présence d’orifices ou galeries sur les pétioles. Si c’est le cas, couper longitudinalement les pétioles et observer de préférence avec une bonne loupe si des larves y sont logées.

Seuil d'intervention : si 70 % de plantes sont porteuses de larves.

    

    

    

Méthode Berlèse

Principe de la méthode Berlèse : pour plus de simplicité, cette méthode peut être utilisée de façon assez rapide et permet sans effort de détecter et dénombrer toutes les larves et repérer les stades larvaires (L1 pour les plus jeunes larves, puis L2 et L3 au fur et à mesure de leur croissance).

Seuil d'intervention : si 2-3 larves en moyenne par plante.

     

   

    

Retrouvez une vidéo de Terres Inovia sur la méthode Berlese

Intervenir à l'automne lorsque le seuil d'intervention est atteint

Pour être efficace, l’intervention chimique doit être positionnée à l'automne, après avoir « fait le plein », sur les stades larvaires sensibles (L1 et L2), c'est-à-dire lorsque les larves sont encore mobiles. Les applications « en pompier » de sortie hiver sont rarement justifiées car le produit n’atteint pas les larves plus âgées qui séjournent dans les pétioles depuis longtemps.

Attention : les traitements déjà réalisés sur les adultes sont inefficaces pour contrôler les infestations larvaires. La meilleure stratégie vise à intervenir directement sur les larves.

Complément : un traitement d'entrée hiver (fin octobre - début novembre) visant par exemple le charançon du bourgeon terminal est généralement efficace sur larve d'altise.  

Afin de limiter le développement rapide des résistances, adopter les bonnes pratiques agronomiques et de choix de produits. Retrouvez la note de Terres Inovia : « Conseil stratégique de protection du colza à l’automne 2018 contre les insectes »

Avec quoi intervenir si nécessaire ?

De préférence une association de substances actives pyréthrinoïde + chlorpyriphos (Daskor 440 / Patton M) pour limiter les phénomènes de résistance aux pyréthrinoïdes ou Boravi WG. Les pyréthrinoïdes conservent une efficacité sur larves d’altise (en moyenne 50 % d’efficacité avec une variabilité de 25 à 75 % selon les mécanismes de résistances en jeu). Les chlorpyriphos seuls ne sont pas suffisants pour maîtriser les attaques larvaires.
Dans tous les cas, appliquez si possible, en conditions favorables à l'activité des larves et à leur déplacement (T° moy > 7 °C).

Les produits utilisés depuis le début de campagne contre altises adultes, pucerons, charançons du bourgeon terminal peuvent limiter le choix des produits possibles pour la lutte contre les larves d’altise.

Retrouvez la liste de Terres Inovia concernant les produits homologués.

Bien distinguer le type de larves

Mise en garde : d'autres larves (ou asticots) que celle de la grosse altise peuvent être observées avec ces méthodes. Pour faire un bon diagnostic, il ne faut pas confondre les différentes larves.

Une observation attentive à la loupe des larves permet de facilement identifier les deux principales larves visibles actuellement. Les larves de grosses altises ont 3 paires de pattes et les 2 extrémités colorées. Les diptères sont des asticots sans pattes.

Distinguer le type de larves Distinguer le type de larves (©Terres Inovia)

À gauche, larve de grosse altise au stade L1 et à droite, larve de diptère À gauche, larve de grosse altise au stade L1 et à droite, larve de diptère (©Terres Inovia) Astuce : n’oubliez pas de couper les racines des pieds de colzas pour faire vos tests Berlèse, vous limiterez ainsi la présence des larves autres que celles de la grosse altise, comme celle de la mouche du chou par exemple.


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