L'actu de Terres Inovia Colza associé : Comment ? Quels avantages ?

Terre-net Média

L'association du colza avec des légumineuses permet de maintenir voire d'augmenter les rendements du colza, tout en réduisant les besoins en fertilisation azotée et en désherbage, selon Terres Inovia. Mais comment procéder ? L'institut technique vous donne quelques conseils sur cette technique.

Colza associéLa conduite du colza associé avec des légumineuses dispose de nombreux atouts. Pour garantir sa réussite, il faut toutefois suivre certains principes. (©Terre-net Média)

Associer le colza avec une légumineuse présente plusieurs intérêts comme l'augmentation de la production de biomasse et d’azote grâce à l’association de légumineuses gélives (en photo, colza et lentille) au colza d’hiver. Il permet également un meilleur contrôle des adventices, une réduction des dégâts d’insectes d’automne (charançon du bourgeon terminal et grosse altise) et une amélioration de l’efficience d’utilisation de l’azote.

Le rendement de la culture est équivalent voire supérieur avec des doses d'azote réduites, comparé à une conduite classique. De plus, la technique du colza associé constitue un levier agro-écologique qui contribue aux restitutions de carbone et d'azote à l'échelle du système de culture.

Conditions de réussite d'un colza associé

Cette association colza-légumineuse est adaptée aux situations à faible disponibilité en azote, dans l’ouest et le centre de la France en particulier. L'intérêt est plus limité lorsque la disponibilité en azote au semis est forte (apports de fertilisants organiques, précédents protéagineux, reliquats post-récolte élevés...).

Terres Inovia conseille de proscrire les parcelles à risque élevé en adventices dicotylédones précoces (par exemple : géraniums) si aucun autre levier adapté n’est mobilisé. En effet, les programmes désherbage à appliquer dans ces situations occasionnent des phytotoxicités sur les légumineuses associées et réduisent leur intérêt.

La première fois, essayer sur une surface limitée de la sole de colza afin de tester l’adaptation aux conditions.

Implantation d'un colza associé

La bonne levée du colza conditionne la réussite de l'association. Avancer le semis du colza de 4-5 jours par rapport aux dates normales, en particulier en sol argileux, permet de laisser le temps aux deux cultures de se développer et d'augmenter la sensibilité du couvert au gel.

Le couvert choisi doit couvrir le sol et contribuer à l'apport d'azote sans concurrencer le colza. Il est conseillé de sélectionner des espèces légumineuses précoces et gélives afin d'éviter autant que possible le recours aux herbicides lors de leur destruction. Parmi les espèces possibles : lentilles, gesse, vesces communes (moins sensibles au gel) et pourpre, fenugrec, féverole, trèfle d’Alexandrie (variété mono-coupe). Le pois fourrager présente un intérêt lié à sa croissance et à sa précocité, mais il peut s'avérer concurrentiel du colza et donc nécessiter une destruction hivernale précoce. En cas de risque Aphanomycès, lié à la présence de protéagineux dans la rotation (pois, lentilles), les pois, lentilles, gesses et les variétés sensibles de vesces sont à éviter. Privilégier plutôt les féveroles, le fenugrec et le trèfle.

Il est préférable de mélanger plusieurs couverts complémentaires, de façon à :

  • assurer au moins une association au colza, quelles que soient les conditions de levée de l’année,
  • faire varier les tailles des graines et éviter ainsi une stratification dans les caisses du semoir,
  • jouer sur la complémentarité des bénéfices des couverts : enracinement complémentaire au colza pour améliorer son exploration du sol, bonne capacité de stockage d’azote à l’automne puis de libération de celui-ci au printemps, couverture du sol pour concurrencer les mauvaises herbes et rechercher une hauteur de végétation suffisamment importante pour perturber les insectes.

Conduite culturale

La dose d’azote minéral au printemps peut être réduite de 30 unités si le couvert a levé, indépendamment de son niveau de croissance. Le désherbage anti-dicotylédones doit être adapté de façon à ne pas détruire le couvert, tout en gérant l’enherbement de la parcelle, et en fonction des situations.

L'application d’un antigraminées doit être raisonnée indépendamment de la présence ou non d’un couvert. En l’absence de gel, le couvert doit souvent être détruit en phase hivernale ou en phase de réchauffement. Certaines légumineuses se dégradent durant l’hiver même en l’absence de gelées significatives (gesse, fenugrec, trèfle d’Alexandrie, lentille), d’autres ont besoin de séquences gélives plus longues et plus prononcées (vesce, féverole).

La présence de vesce dans le colza, à la récolte, est fortement pénalisante pour le rendement et la qualité de cette récolte. Sur ces espèces, en l’absence de gel, une destruction chimique est conseillée durant l’hiver avec un produit de type Callisto, ou en phase de réchauffement après le 15 février avec un produit de type Lontrel, appliqué à dose réduite.

À lire : la vidéo ci-dessous de Terres Inovia sur le colza associé à des légumineuses ou avec une association pérenne. Pour plus d'informations, retrouvez le guide technique du colza associé.

Cliquez sur l'image pour lancer la vidéo.
 


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous