Cultures associées Colza sous couvert de légumineuses : les conditions d’un mariage heureux

Terre-net Média

Le colza associé à un couvert de légumineuses présente de nombreux avantages. Certaines situations valorisent cependant mieux la technique que d’autres. Le point avec Terres Inovia.

Colza associé à des légumineuses« La synergie entre le colza et le couvert permet de réduire les doses d’azote et d’herbicides, et de maîtriser les adventices, tout en maintenant les rendements », assure Terres Inovia. (©Terre-net Média)

Avant toute discussion sur le contexte d’exploitation, le recours au colza associé implique de satisfaire deux conditions pour envisager d’en tirer profit : choisir une légumineuse, gélive de surcroît. « Grâce à la synergie entre les deux cultures, il est possible globalement de réduire les doses d’azote et d’herbicides, assure Terres Inovia, et de maîtriser les adventices, tout en maintenant les rendements. »

L’institut prévient cependant que « pour garantir la réussite et la rentabilité du colza associé, il est nécessaire d’adapter la technique à sa situation, en respectant plusieurs principes et en modifiant certaines pratiques ». Quatre critères essentiels permettent d’évaluer cette adaptabilité pour tirer les bénéfices escomptés : les températures et la disponibilité en azote à l’automne, la pression des adventices et l’intensité des épisodes de gel hivernal.

Les bienfaits dépendent de la disponibilité en azote

L’association colza/légumineuse est particulièrement intéressante quand l’azote est peu disponible. « Les effets positifs de cette plante compagne sont ainsi mieux valorisés. Si bien qu’on observe parfois, pour la culture principale, des déplafonnements de rendement. » A contrario, ils sont variables et plus faibles en cas de forte disponibilité en azote au semis (sols profonds, apports de fertilisants organiques, précédents protéagineux, reliquats post-récolte élevés). La contribution des légumineuses est alors moindre et l’association rarement justifiée. « Sous réserve d’une implantation précoce et réussie, le colza, seul, est capable de concurrencer les adventices et d’atténuer les dégâts d’insectes à l’automne. Sa croissance automnale importante (aux dépens d’ailleurs des légumineuses) réduit les besoins en azote au printemps.

Par ailleurs, dans l’ouest, le centre et le sud, les températures douces en automne favorisent généralement le développement des légumineuses si elles lèvent avant le 1er septembre. Dans l’est et le nord, elles sont plus fraîches et peuvent limiter considérablement leur croissance et donc leur action bénéfique sur les adventices, les insectes et l’azote. » L’intérêt des colzas associés dépend alors de la possibilité ou non de semer tôt, avant le 20 août.

Attention aux levées d’adventices dicotylédones

Ensuite, mieux vaut proscrire les parcelles présentant un risque élevé de levée précoce d’adventices dicotylédones, comme les géraniums. À moins de semer en direct avec des disques et sans flux de terre, les programmes herbicides provoquent des phytotoxicités sur les légumineuses associées.

Enfin, la principale limite dans le sud et sur les bordures maritimes est l’absence de gel prononcé, opter pour des couverts sensibles étant primordial pour éviter de les détruire chimiquement. En résumé, « le colza associé est difficile à rentabiliser lorsque l’on cumule, dans le nord et l’est, forte disponibilité en azote et températures fraîches à l’automne. Dans le sud ou près de la mer, ce sont l’importante disponibilité en azote et le manque de gelée qui diminuent la rentabilité de la technique », prévient Terres Inovia.

Pour tout savoir sur la technique du colza associé, cliquez ici.

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