[Reportage] Tcs Stéphane Billotte : « Un mélange de 6 variétés de blé implanté en semis direct »

Terre-net Média

Installé en Bourgogne à la limite de l’Yonne et de la Côte-d’Or, Stéphane Billotte est un défenseur passionné de l’agriculture de conservation. Son objectif : lutter contre l’érosion et rétablir la fertilité des sols. Terre-net l’a suivi le temps d’un chantier de semis de blé avec son semoir Amazone Condor de 12 m.

semoir Condor Amazone 12 mStéphane Billotte est le propriétaire du premier Condor vendu en France. (©Terre-net Média)

Terre-net est parti à la rencontre de Stéphane Billotte à Asnières-en-Montagne (21), pour assister à l'implantation d'une parcelle de 15 ha en blé en semis direct derrière un colza. Le rendez-vous était posé pour le dernier jour de septembre, « un peu en retard par rapport à mes habitudes » explique l'exploitant, « mais les conditions pédo-climatiques ont causé des retards ». Il se retrouve ainsi à semer en même temps que les agriculteurs du secteur travaillant en conventionnel. Ces derniers ayant anticipé leurs semis, de crainte de se retrouver dans la situation de l’an dernier, avec un automne particulièrement pluvieux, qui avait bloqué les chantiers jusque tard dans la saison.

Exploitation de Stéphane Billotte

Type de sol : 60 % argilo-calcaires superficiels (20 % très superficiels) et 40 % de limons battants.

Pluviométrie : 750 mm

Particularités : Tcs, aucun labour depuis 1996 (certaines parcelles non labourées depuis 1988), 230 €/ha de charge opérationnelle sur la ferme (tout compris).

Stéphane BilloteStéphane Billotte (©Terre-net Média)

Stéphane Billotte est installé sur l'exploitation familiale depuis 1996 en Gaec avec sa mère. Passionné d'agronomie, il travaille en techniques culturales simplifiées (Tcs) pour des raisons économiques, et plus récemment en semis direct pour des raisons environnementales. « Le dernier coup de charrue sur l'exploitation a été réalisé en 1996, mais à l'époque il ne restait déjà que 10 % de la Sau qui étaient travaillés avec labour ». 

Dans l'esprit de l'agriculture biologique, il est à la recherche d'une agriculture durable, mais ne s'interdit pas de traiter si besoin.

Un mélange de 6 variétés de semences de ferme

Dans la même logique, toutes les semences utilisées par Stéphane Billotte sont multipliées sur l’exploitation. Durant ce chantier, il a opté pour un mélange de six variétés : Altigo, Arezzo, Saturnus, Orvantis, Compil et Rochefort. 

Sa clé de répartition : deux points forts pour un point faible. Par exemple, une variété à faible PS est compensée par deux variétés à fort PS. « L’intérêt d’un tel mélange est son adaptabilité aux conditions rencontrées durant la campagne, et au fil des campagnes. De plus, une étude de l’Inra a démontré qu’utiliser un mélange de variétés permet de se passer de fongicides » explique Stéphane Billotte, « ce que je vérifie sur mon exploitation certaines années ». 

« Ne faisant pas partie des méthodes conseillées, les organismes stockeurs étaient initialement sceptiques la qualité et la commercialisation des mélanges de blé, mais les mentalités évoluent devant les résultats obtenus, notamment le taux protéique ».

Rtk et semoir de 12 m

Pour plus de détails sur le semoir, cliquez sur : Semoir Amazone Condor.

Ce mélange est implanté à l'aide d'un semoir Amazone Condor de 12 mètres de large. Seul un passage de déchaumeur à disques Lemken Heliodor a été réalisé auparavant pour « desserrer les repousses de colza ». Dans la parcelle, le tracteur est autoguidé via un Rtk Trimble. « Le maintien des colzas a un double intérêt : ils permettent d'une part de préserver la structure du sol et d'autre part, si des limaces arrivent dans cette parcelle, elles préféreront les colzas aux pousses de blé. »

Les graines sont déposées à une profondeur de 2 cm avec une densité de 350 graines/m², accompagnées de 30 à 40 kg d'engrais organo-minéral. Aujourd'hui Stéphane Billotte a quasiment cessé d'utiliser des engrais de fond : 15 tonnes au total sur l'exploitation, contre 75 tonnes auparavant). Un chiffre qui s'explique en outre par le fort écartement du semoir (25 cm) et du fait que « les teneurs moyennes en N,P,K sont en hausse grâce au faible travail du sol ». Les engrais utilisés sont principalement d'origine organique, les engrais minéraux pouvant avoir un caractère acidifiant du fait de la proximité avec la graine.

Pour conclure, précisons que l'assolement traditionnel "colza-blé-orge" est raisonné ici sur cinq ans avec une diversification des cultures : féverole, luzerne semencière, pois, sarrasin, vesce et trèfle. « Le coût de production augmente si on ne diversifie pas l'assolement. L'intégration de légumineuses permet de réduire ces coûts et d'augmenter la marge brute à l'échelle de la rotation (5 ans) ».

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