Moissons 2016 J.M. Meunier : « avec 65 q/ha sur mon blé biscuitier, je suis déçu »

Terre-net Média

Dans la Vienne, Jean-Michel Meunier a achevé la récolte de ses 26 hectares de blé biscuitier, avant d'attaquer ses colzas. Les premiers résultats sont décevants en terme de rendement, même si le PS et le taux de protéines sont satisfaisants.

Jea-Michel Meunier a récolter 26 ha de blé biscuitier près de PoitiersJean-Michel Meunier a récolté 26 ha de blé biscuitier près de Poitiers (©Terre-net Média)

« Sur colza, les premières gousses étaient encore vertes. J’ai préféré assurer mon blé biscuitier, qui ne tolère pas un PS au-delà de 74 », explique Jean-Michel Meunier, surveillant du coin de l’œil l’horizon qui s’assombrit. Et d’ajouter : « J'aimerais éviter qu’il pleuve avant d'avoir récolté celui-ci ! »

Jean-Michel est céréalier sur la commune de Pouillé, dans la Vienne. Son exploitation compte 220 hectares, dont 100 ha de blé, 60 ha de colza, 20 ha de tournesol, 14 ha de sorgho, 9 ha de pois, 5 ha de soja et quelques hectares de prairies. Il assure aussi le chantier des 110 ha de blé d’un voisin céréalier, avec qui il partage une partie du travail, le tout étant livré à la coopérative Terrena Poitou. Si le week-end dernier, l'agriculteur avait prévu de débuter son colza, il a finalement moissonné ses 26 ha de blé biscuitier. La variété qu’il cultive, Arkeos, est vendue sous la marque Lu Harmony.

Gel tardif, fusariose, excès d'eau...

Les premiers résultats pour la variété Arkeos de Jean-Michel montrent un taux de protéines de 10,4, ce qui est satisfaisant pour le cahier des charges ; mais son rendement, de 65 q/ha, est inférieur à ses attentes.  « Je suis déçu car tout le monde s’accordait à dire qu’une belle récolte se préparait. En blé, les potentiels étaient de 80 quintaux, ce qui est bien pour la région. De mon côté, j'ai fait 73 q/ha en moyenne sur les derniers cinq ans. »

« Mais la présence de fusariose, peut-être aussi le gel tardif à épiaison et l’excès d’eau de début juin ont affecté les rendements. Nous avons eu à cette époque 110 millimètres de pluie en trois jours, suivis d’une semaine à 80 % d’hygrométrie ! Nous ne sommes pas habitués à avoir des fins de cycle humides ici, et nous essayons de limiter les fongicides pour avoir des marges correctes. Pour ma part, j’ai réalisé deux apports, l’un au stade 1-2 nœuds, l’autre à dernière feuille étalée ; sauf sur une parcelle de 10 ha, que je n’ai pas encore récoltée, où j’ai traité au stade floraison », explique Jean-Michel.

Une épi de blé de variété ArkeosLes taches noires sur les épis de blé confirment la présence de maladies  (©Terre-net Média)

Des taux de protéines et des PS corrects

« Pour ce qui est des autres variétés de blé, les PS ont l’air corrects dans la région, autour de 78. Le taux de protéines était hier à 12, ce qui est bien aussi, mais cette teneur élevée est probablement en partie liée aux faibles rendements. » Jean-Michel lève la tête vers le ciel menaçant. « On va pouvoir passer comme ça aujourd’hui, mais demain... »  

Le céréalier, qui se prépare à récolter son colza, ne se fait pas d’illusions sur les résultats à venir. « Dans la région, les rendements du colza vont du simple au double : de 15 q/ha pour ceux qui ont eu des accidents ou une mauvaise protection fongicide, à 35 q/ha pour ceux qui s’en sortent le mieux, alors que le potentiel était de 40 q/ha. » Il saisit une silique chétive et piquetée de noir, l’ouvre : « la différence entre les gousses saines et malades se voit moins à maturité, mais la plupart ont des graines petites et fines, comme ici. Le point positif est qu’elles n’ont pas l’air égrenées pour l’instant ! » conclut-il.

Une parcelle de blé biscuitier de Jean-Michel Meunier en train d'être moissonnéeJean-Michel Meunier embauche un salarié qui l'aide pendant les moissons (©Terre-net Média)


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net


Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous